Le projet Mellem Grace Dart dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (Courtoisie Maître Carré)

MELLEM GRACE DART : CONVERSION D’UN ANCIEN HÔPITAL EN IMMEUBLE LOCATIF DANS MHM

Un projet immobilier de 299 unités locatives dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM) a accueilli ses premiers résidents au cours des dernières semaines. Le coût des travaux, échelonnés sur deux ans, s’élève à 100 M $.

Mené par le groupe en gestion immobilière Maître Carré, en collaboration avec la firme TGTA, le projet Mellem Grace Dart a été conçu par la firme d’architectes Provencher_Roy. 

Plutôt que de démolir l’ancien hôpital aussi appelé le Manoir Grace Dart sur la rue Sherbrooke Est, les partenaires ont plutôt opté pour sa restauration. Un nouvel immeuble résidentiel respectant l’architecture de style néo-géorgien du manoir a tout de même été construit à l’arrière du bâtiment patrimonial. Un tunnel relie actuellement les deux immeubles. 

C’est à la suite de la mise en vente de l’hôpital Grace Dart par le gouvernement du Québec en 2019 que Maître Carré a pu prendre possession des lieux et aller de l’avant avec son projet de restauration et de construction.  

Hugo Girard-Beauchamp, président-fondateur de Maître Carré (LinkedIn)

Selon Hugo Girard-Beauchamp, président-fondateur de Maître Carré, la particularité du projet Mellem Grace Dart est d’offrir une grande variété de logements. « Ce qui est intéressant avec le Manoir Grace Dart, c’est qu’on a l’ancien bâtiment, le bâtiment patrimonial, qui a une trentaine de logements, et dans la nouvelle section, il y a 270 logements. On retrouve vraiment de beaux logements de différentes grandeurs. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges. »

Le projet inclura éventuellement une cinquantaine de logements sociaux. Cette phase de l’aménagement sera gérée par la Ville de Montréal dans le cadre du Règlement pour une métropole mixte. « Il y a une section du site qu’on a revendue à la Ville de Montréal pour justement inclure du logement social. Ça devrait être construit dans les prochaines années », précise M. Girard-Beauchamp.

À l’été 2021, des résidents des rues voisines de ce secteur de Mercier-Ouest s’étaient opposés au projet immobilier en signant une pétition, principalement en raison de la hauteur du nouvel immeuble installé à l’arrière du bâtiment principal, qui compte six étages, soit le double de la hauteur habituelle des bâtiments du secteur, généralement de trois à quatre étages.

Préserver plutôt que démolir

En se portant acquéreur du terrain, Maître Carré a vite conclu qu’il valait mieux préserver le bâtiment patrimonial d’origine. « On a juste démoli l’arrière des chaufferies qui n’avait aucune valeur »,  explique M. Girard-Beauchamp. 

Catherine St-Marseille, associée, architecte de l’OAQ chez Provencher_Roy (LinkedIn)

Une telle opération de restauration entraîne toutefois son lot de défis. « Il y a un niveau de risque beaucoup plus élevé à rénover un vieux bâtiment que de construire sur un terrain à partir de zéro. Aller dans un bâtiment qui n’était même pas à vocation résidentielle à la base, le convertir avec tout ce que ça peut apporter comme surprise, c’est de l’innovation », souligne Catherine St-Marseille, associée, architecte de l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) chez Provencher_Roy. 

Tout en préservant l’enveloppe extérieure du bâtiment patrimonial, les équipes se sont affairées à dégarnir l’intérieur pour mieux l’adapter à sa nouvelle vocation résidentielle. C’est au cours de ces travaux que des surprises sont apparues. « Quand on a commencé à dégarnir l’intérieur, on s’est rendus compte que le bâtiment n’avait pas été construit d’un coup. Il y avait eu des agrandissements qui n’avaient pas été construits nécessairement de la même façon que le projet initial avec la même composition. C’était un peu du bricolage parfois. Même chose pour la structure. On a trouvé des choses en cours de route et on se disait  : « Ouf! Ça, ça tient un peu par la peur! » On a dû la renforcer », explique Mme St-Marseille.  

Harmonie architecturale 

Tout en voulant garder l’esthétique de type néo-géorgien du bâtiment patrimonial, les partenaires à l’origine du projet ont tout de même voulu intégrer une certaine modernité au nouvel immeuble. « On a amené une touche dans le design des lieux pour rappeler l’histoire, tout en l’associant à notre époque contemporaine. C’est ce qui fait que les lieux sont uniques », rapporte M. Girard-Beauchamp.  

Selon ce dernier, pour marier modernité et tradition, le choix des matériaux demeure primordial. « Quand vous regardez le projet, on a le côté moderne, mais il y a une touche qui vient saluer justement le côté patrimonial de par le côté monochrome de la brique. Donc, on a une brique modulaire rouge du côté patrimonial, puis on a été tenté d’aller chercher un peu le même clin d’œil, mais beaucoup plus moderne, pour le nouvel édifice. »  

Un atout pour le quartier 

M. Girard-Beauchamp se montre aussi très fier du fait que les installations du projet Mellem Grace Dart ne profiteront pas qu’aux seuls résidents des immeubles locatifs. « On a beaucoup d’aménagements paysagers qui ont été préservés. C’est un site qui va bénéficier à tout le quartier. Tous les gens du secteur vont pouvoir traverser à travers le site et le contempler lorsqu’ils vont aller au métro, à 125 mètres de là. C’est vraiment une belle réussite d’intégration dans le quartier », croit-il. 

Mme St-Marseille arrive au même constat : « Il va y avoir un café et une terrasse extérieure aussi qui vont encore plus encourager les gens à aller se promener sur le site, puis à pouvoir profiter de l’aménagement. »