
Maude Brossard Sabourin (photo EMM)
7 mai 2026Maude Brossard Sabourin brigue l’investiture du PQ dans Hochelaga-Maisonneuve
Seule en lice pour le moment, la directrice générale adjointe du Chantier de l’économie sociale, Maude Brossard Sabourin, risque fortement de devenir la prochaine candidate du Parti Québécois (PQ) dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve. Après que le parti ait écarté il y a quelques semaines la candidature de l’ex-maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM) et ex-député du Bloc Québécois (BQ) dans le même secteur, Réal Ménard, le champ semble libre pour la jeune professionnelle de 43 ans.
Résidente du quartier depuis près d’une vingtaine d’années, l’aspirante députée a « lancé la machine » cet hiver, et aurait déjà cogné à 75 % des portes des membres du parti vivant à Hochelaga-Maisonneuve afin de se présenter, a-t-elle déclaré lors d’une entrevue accordée à EST MÉDIA Montréal la semaine dernière. Elle a aussi plongé dans l’organisation des récentes élections partielles du Grand Montréal, question de prendre de l’expérience et de se faire connaître à l’interne du parti, ajoute la principale intéressée.
« Je connais le fonctionnement politique. De par mon travail depuis une quinzaine d’années au Chantier de l’économie sociale, je côtoie très souvent des élus et des militants de différents partis. Je travaille avec eux car l’organisme est notamment un lobby pour faire croître les modèles d’affaires de l’économie sociale au Québec. Par contre, s’impliquer activement au sein d’un parti, c’est relativement nouveau pour moi et c’est pourquoi j’ai décidé de m’impliquer à fond depuis un peu plus d’un an. Il fallait que je brise la glace avant de me lancer officiellement dans la course, et j’adore ça. Honnêtement, je me sens bien appuyée par les membres du parti jusqu’à maintenant et bien reçue par la population », affirme Maude Brossard Sabourin.
Économie sociale et féminisme au cœur du discours
La candidate, qui possède une maîtrise en développement des coopératives de l’Université de Sherbrooke, est une experte passionnée de l’économie sociale québécoise et ne cache pas son féminisme assumé. En ce sens, elle représente en quelque sorte la relève péquiste des ex-députées d’Hochelaga-Maisonneuve Carole Poirier et Louise Harel, réputées notamment pour leurs contributions à de nombreuses politiques sociales.
« Ce que je préfère dans mon travail, c’est de constater régulièrement à quel point c’est puissant, une communauté qui se prend en charge pour combler ses besoins, à quel point les projets d’économie sociale ont un impact majeur à plein de niveaux. Mais pour réaliser de tels projets, ça prend des politiques publiques qui appuient cette volonté. C’est pour ça maintenant que j’ai envie de me retrouver de l’autre côté de la table, c’est pour améliorer ces politiques, ces outils et ces programmes-là », avance Maude Brossard Sabourin.
La souveraineté est bien sûr un autre aspect important de son engagement politique, une prise de position que ses parents ont toujours assumée ouvertement. « Je vois aussi la souveraineté du Québec d’un point de vue féministe. C’est-à-dire qu’en tant que femmes, on ne doit pas avoir peur de joindre les lieux décisionnels, de prendre notre place dans la construction d’un nouveau pays, de contribuer à des politiques qui favorisent les femmes. C’est important que nous soyons à la table », dit-elle.
Les enjeux d’Hochelaga-Maisonneuve
Crise du logement, itinérance, financement à la mission pour les organismes, ces trois problématiques feront assurément parti de sa plateforme électorale locale si Maude Brossard Sabourin remporte l’investiture du PQ dans Hochelaga-Maisonneuve.
« Ce qui urge, c’est vraiment la crise du logement. Il faut agir pour créer plus de logements sans but lucratif car l’offre n’est absolument pas suffisante dans le quartier. D’ailleurs, il y a eu peu de constructions en ce sens ces dernières années dans le secteur. Ce qu’il faut, dans un premier temps, c’est de concerter les acteurs sur le territoire pour voir comment on peut agir, et pas seulement pour les constructions neuves, mais aussi pour la rénovation du patrimoine existant », soutient la candidate.
Mme Brossard Sabourin est également d’avis qu’il faut sérieusement se pencher sur la situation des locaux pour les organismes communautaires, également victimes de la hausse vertigineuse des loyers. « Ça fait partie de la crise du logement, les OBNL sont fortement touchés, et ça, c’est quand ils réussissent à trouver des locaux… », déclare-t-elle.
En ce qui concerne l’itinérance, la candidate rappelle que son chef, Paul St-Pierre Plamondon, a indiqué il y a quelques temps qu’il prendrait personnellement en charge ce délicat dossier s’il devient premier ministre cet automne. « Mais ça va certainement passer par l’action communautaire, il va falloir investir plus, et surtout avoir une bonne compréhension de ce qu’est l’action communautaire. Notamment, il faut répondre à la demande des organismes de financer à la mission, et moins aux projets. Il y a beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas en ce moment. Regarder ce qui se passe par exemple avec Le Boulot vers… ça n’a pas de bon sens », conclut Maude Brossard Sabourin.







