La Maison Glaneuses a été inaugurée officiellement le 20 juin dernier (Emmanuel Delacour/EMM)

La Maison Glaneuses : un nouveau lieu de répit pour les familles vulnérables

Une maison d’accueil pour 20 familles vulnérables ouvre ses portes dans Hochelaga-Maisonneuve, leur fournissant du logement subventionné, des services psychosociaux et de l’accompagnement, afin d’améliorer leur sort.

La Maison Glaneuses est située au 3942, place Jeanne-D’Arc, et est un projet d’une hauteur de 15 M$ piloté par le Carrefour Familial Hochelaga, un organisme dont la mission est de venir en aide aux familles du quartier.

Le bâtiment comprend quatre logements 3 et demi, treize logements 4 et demi et trois logements 5 et demi pour des familles avec des enfants de 0 à 17 ans.

« L’idée de Maison Glaneuse, c’est d’accompagner des familles qui sont dans une grande instabilité. Donc on peut parler de familles en situation d’itinérance, ou de familles qui sont dans des logements vraiment insalubres ou trop chers, ou surpeuplés, disons une famille avec 3 enfants dans un 3 et demi », souligne Mathieu Morin, directeur général du Carrefour Familial Hochelaga.

L’objectif était de créer une ressource inclusive pour toutes les familles, ce qui n’existait pas vraiment dans le quartier. « On a des ressources pour des mères monoparentales, on a des ressources pour des pères monoparentals, mais il n’y a pas de ressources qui sont inclusives pour des papas, pour des mamans, pour des couples, qu’ils soient hétérosexuels, homosexuels, des couples reconstruits, peu importe », affirme ce dernier.

Les familles sont accompagnées sur une période de 3 à 5 ans, afin de leur permettre de retrouver un logement à long terme. L’idée est de leur offrir une stabilité vis-à-vis les services sociaux, comme la Direction de la protection de la jeunesse, afin que les parents puissent récupérer la garde de leurs enfants, par exemple.

« Ça peut être aussi un retour aux études ou trouver de l’emploi. Parfois, ils ont besoin de temps pour trouver des ressources pour leur enfant qui vit avec des défis, notamment des troubles du comportement », illustre le directeur général de l’organisme.

L’itinérance cachée des familles, un phénomène en hausse

L’établissement a connu une ouverture officielle le 20 juin dernier, mais la plupart des familles y avaient déjà élu domicile depuis le mois de mars. Ces familles ont été référencées au travers des multiples services du Carrefour Familial Hochelaga, qui dessert annuellement environ 400 d’entre elles.

« On ne voulait pas faire attendre les familles, parce qu’on a découvert dans nos entrevues que plus de la moitié d’entre elles vivent une situation d’itinérance cachée. Elles vont vivre chez un parent, un ami, mais elles n’ont pas de logement à elles. Et ces familles vivent ce contexte-là tout en ayant des enfants », insiste M. Morin.

« L’itinérance familiale, ce n’est pas un phénomène qui est très connu, parce que quand une famille tombe à la rue, les enfants sont placés à la DPJ, puis les parents se retrouvent dans des refuges. Donc, on ne voit pas ces enfants dans la rue, seulement des personnes seules. Pourtant, à cause de la crise du logement, on sait que le phénomène est à la hausse », poursuit-il.

Pour avoir accès à la Maison Glaneuses, les familles doivent correspondre à certains critères de l’Office municipal de l’habitation de Montréal pour obtenir un accès à du logement subventionné. Celles-ci doivent payer 25 % de leurs revenus mensuels comme loyer.

Le lot sur lequel se trouvait une ancienne congrégation religieuse qui a donné son nom à la bâtisse, puis un CLSC, a été racheté par le Carrefour Familial Hochelaga des mains de la Société Saint-Vincent de Paul en 2018. Le projet a été mis sur pause à cause d’une explosion des coûts, notamment parce qu’un système de pompage des eaux devait être refait. Puis la fin du programme Accès Logis de Québec est venue mettre du sable dans l’engrenage.

Finalement, le projet a pu être remis sur les rails en 2023 lorsque le programme fédéral d’Initiative pour la création rapide de logements est venu injecter « la part du lion du financement » avec une enveloppe additionnelle provenant de Montréal, explique M. Morin.