Spectacle de cirque dans MHM

Spectacle de cirque dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (Courtoisie)

LUC RABOUIN VEUT FAIRE DE LA CULTURE UN MOTEUR POUR REVITALISER L’EST

La culture serait-elle en mesure d’appuyer la revitalisation de l’est montréalais? Au-delà des chantiers d’infrastructures et des plans d’urbanisme, les artistes et les salles de spectacle pourraient donner un nouvel élan aux quartiers en transformation, selon le chef de Projet Montréal, Luc Rabouin.

Celui qui briguera la mairie de Montréal pour venir succéder à Valérie Plante cet automne avait fait de la culture un pilier central de son programme lors de la course à la chefferie de son parti cet hiver.

« Quand on parle de développer l’est, on pense évidemment tout de suite aux besoins en termes de mobilité, et avec raison. Mais il faut aussi s’assurer que les gens aient accès à la culture et à des milieux de vie intéressants. Si on veut attirer les gens dans l’est, pour travailler ou pour y habiter, il faut offrir plus que du transport », avait-il alors affirmé en février dernier.

En revenant sur ce point, le candidat à la mairie s’explique. « L’est de Montréal a un potentiel de revitalisation et de développement vraiment intéressant et tous les acteurs le reconnaissent. On parle souvent du réseau de transport structurant pour l’est de Montréal et du prolongement de la ligne bleue, qui sont des conditions du développement, mais (…) il est important de considérer la culture comme un pilier du développement de l’est », souligne-t-il.

« Quand on investit en culture, on crée un dynamisme économique autour. L’exemple le plus grand, c’est le centre-ville de Montréal avec le Quartier des spectacles, les grands festivals, les théâtres et les lieux de diffusion culturelle. Le fait qu’on ait des lieux comme ceux-là, ça fait que les gens viennent au centre-ville et qu’ils y fréquentent les entreprises », poursuit M. Rabouin.

La culture est aussi « intimement liée à la qualité de vie » dans les quartiers, insiste l’élu. « On veut avoir accès aux transports, aux parcs et aux commerces de proximité, et c’est la même chose pour la culture. C’est pour cela qu’à la Ville, on investit dans les infrastructures culturelles majeures de l’est comme la bibliothèque Cœur-Nomade et l’Espace Rivière, (…) pour rapprocher les gens de la culture et participer à la revitalisation dans les quartiers. »

Un fonds d’initiatives structurantes

D’ailleurs, celui-ci réitère son intention d’octroyer plus de financement aux projets culturels, entre autres en créant une enveloppe de 5 M $ liée à un fonds « d’initiatives structurantes pour l’est de Montréal ».

Ce financement s’inspire en partie de la « Stratégie centre-ville » instaurée par Montréal pour revitaliser le cœur de la métropole à la suite de la baisse de l’achalandage causée par la pandémie et le travail en mode hybride. Un appel aux initiatives structurantes, subventionnées à la pièce, et ce, avec moins de contraintes administratives, permettrait d’accélérer les projets, selon M. Rabouin. « Au centre-ville, on a créé un fonds dédié à la « Stratégie », mais qui est hors programme, donc qui n’est pas enfermé dans les petites cases habituelles dans lesquelles il est parfois difficile de faire entrer certains projets », explique le chef de Projet Montréal.

Luc Rabouin, chef de Projet Montréal et candidat à la mairie de Montréal (Courtoisie)

Créer un fonds similaire pour les initiatives qui ont « un impact réel » sur la revitalisation de l’est serait prometteur, croit-il. « On l’a vu au Sommet de l’Est, en avril dernier, les gens sont mobilisés, ils ont les projets prêts à démarrer, mais parfois ils n’arrivent pas à trouver l’appui, le coup de pouce nécessaire pour le faire. »

Bien que ce territoire ne soit pas autant associé à la culture que le centre de la métropole, des pôles y sont présents et offrent une opportunité pour continuer à étendre la vie culturelle dans ses quartiers. La présence de la Cité des arts du cirque, incluant la TOHU, ainsi que celle du Parc olympique — deux lieux de diffusion déjà bien installés dans l’Est — offrent un levier sans pareil pour poursuivre la mission culturelle dans ces quartiers.

De plus, le projet de revitalisation du Vieux Pointe-aux-Trembles, mené par la Société de développement Angus, ainsi que le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal ouvrent la porte à la création de nouveaux pôles culturels dans l’est.

On pourrait ainsi voir naître des « petits centres-villes » partout dans les quartiers de l’est, qui, en premier lieu, permettront aux résidents de profiter de la nouvelle offre culturelle, mais qui, éventuellement, feront aussi partie d’une économie récréotouristique.

La présence de la navette fluviale donne déjà la chance aux Montréalais des quartiers centraux de se rendre à Pointe-aux-Trembles, et la venue du prolongement du métro et éventuellement d’un projet en transport structurant ira main dans la main avec les pôles touristiques de l’est. « Ce sont des projets qui pourront se développer progressivement durant les 10, 15 et 20 prochaines années », entrevoit M. Rabouin.

Par ailleurs, le chef de Projet Montréal assure que son administration est prête à donner un coup de pouce aux diffuseurs culturels de l’est. Celui-ci rappelle qu’il a été l’architecte de l’abolition de la taxe foncière pour les organismes à but non lucratif qui sont propriétaires de lieux de diffusion culturelle, ce qui leur a permis d’économiser 2,2 M $ par année. « C’est comme si on leur donnait 2,2 M $ dans leur poche chaque année, parce que c’est réaboli les années suivantes », insiste l’élu.

Enfin, il faut souligner le manque de salles de spectacle dans les quartiers de l’est de Montréal, selon M. Rabouin, qui affirme que son administration a poussé pour la création de lieux collectifs comme l’Espace Rivière pour répondre à ce besoin. De plus, l’administration actuelle collabore avec Culture Montréal pour dresser un portrait des actifs culturels sur le territoire, afin de mieux les connaître et d’évaluer comment tirer parti de ceux déjà en place, soutient-il.

« La culture, c’est essentiel. Moi, comme maire du Plateau, pendant la pandémie, pendant qu’on se concentrait sur le maintien des activités essentielles, j’ai aussi maintenu tous nos investissements en culture, parce que pour moi, c’est un service essentiel. On est des êtres humains et on a besoin de la culture pour réfléchir, ressentir des émotions et tisser des liens avec les autres », conclut M. Rabouin.


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