
Des manifestans du FRAPRU, Comité Bails et d’Infologis de l’Est de l’île ont réclamé la construction de logements sociaux dans l’Assomption Nord (Emmanuel Delacour/EMM)
22 mai 2025LOGEMENTS SOCIAUX DANS L’ASSOMPTION NORD : LES ORGANISMES DEMANDENT LA CONCRÉTISATION D’UN PROJET
Des manifestants demandent que la construction de logements sociaux soit accélérée dans l’Assomption Nord, un quartier de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve où les tours à condos poussent à un rythme effréné.
Des représentants et partisans du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), du Comité BAILS et d’Infologis de l’Est de l’île de Montréal étaient rassemblés lundi matin en face de la station de métro l’Assomption, sur le boulevard du même nom, pour interpeller la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec. Ces paliers gouvernementaux n’en font pas assez à leur avis pour offrir du logement accessible à tous dans le secteur.
Les besoins en logement sociocommunautaire sont plus criants que jamais selon les intervenants présents mardi dernier. « Nous représentons tous les quartiers de l’est de l’île et nous avons 750 ménages requérants qui sont sur nos listes d’attente pour du logement social », a souligné Lili Bergeron, organisatrice communautaire, volet logement social chez Infologis de l’Est de l’île de Montréal.
Pourtant, 300 unités de logements sociaux sont attendues depuis 2019 dans le quartier, sur un terrain où se trouve un boisé situé sur le boulevard de l’Assomption, entre la rue de Marseille et l’avenue Pierre-de-Coubertin, ont fait savoir les organismes.
Pis encore, le Programme particulier d’urbanisme (PPU) Assomption Nord, un guide de planification urbaine mis en place par la Ville de Montréal en 2017, prévoit, à terme, la construction de 3 000 nouvelles unités locatives sur 20 ans avec l’inclusion annoncée de nombreuses unités de logements sociaux. À ce jour, aucune unité résidentielle hors marché n’a été construite, ont dénoncé les manifestants. Toutefois, le nombre d’unités privées a « explosé » dans le secteur, alors que plus de 2 600 d’entre elles ont été réalisées ou sont sur le point de l’être.
« Pour les familles de nouveaux arrivants, de plus en plus nombreuses dans le quartier, ce genre de logement n’est pas louable. Des 5 ½ et des 6 ½, il n’en reste pas beaucoup dans MHM et ils sont souvent redivisés par les propriétaires qui veulent maximiser leurs profits », s’est désolée Mme Bergeron.
Selon un calcul des organismes en logement, il en coute environ 2 660 $ par mois pour louer une unité de type 5 ½ dans les logements récemment construits dans l’Assomption Nord, ce qui exerce une pression à la hausse sur le prix des loyers. De plus, en 2021, 10 510 ménages étaient locataires à MHM, tandis que le revenu annuel médian y est de 23 400 $. Depuis le début de la crise en 2018, les loyers ont augmenté de 70 % dans Hochelaga-Maisonneuve et de 35 % dans Mercier, affirment les intervenants.
Un terrain prêt à être livré « demain »
Questionnée au sujet du terrain en attente de projet, la Ville de Montréal a indiqué être prête à participer à la construction de logements sociaux rapidement. En effet, dans un courriel, l’administration a annoncé avoir fait l’acquisition du terrain le 7 mai dernier.

Le terrain où se trouve un boisé pourrait accueillir un projet de logements sociaux de 300 unités, selon la Ville (Emmanuel Delacour/EMM)
« La superficie du lot permettrait d’y construire plus de 300 logements sociaux, a-t-on affirmé. Dans un contexte marqué par les crises du logement et de l’itinérance, la Ville est prête à céder le terrain à un GRT ou un OBNL dès demain pour construire du logement social. Toutefois, le projet ne peut aller de l’avant sans un financement adéquat. »
Ainsi, la Ville s’est dite « d’accord avec les manifestants » sur le fait que Québec devait en faire davantage en tant que principal partenaire et bailleur de fonds pour le financement de projets de logements hors marché.
Davantage de financement
Pour combattre la crise du logement, les organismes demandent au gouvernement du Québec de financer 10 000 nouveaux logements sociaux par année, afin de doubler le nombre d’unités sociales d’ici les 15 prochaines années dans la province. En outre, ceux-ci veulent que l’on mette en place des programmes publics exclusivement consacrés à cette mission, pour développer des HLM, des coopératives et des OSBL d’habitation.
« Depuis le début de la crise du logement, qui concorde avec l’arrivée au pouvoir de la CAQ, les loyers au Québec ont augmenté de 50 %. C’est documenté, et c’est sûr que ce n’est pas avec de la construction neuve du logement privé qu’on va aider », a affirmé Stéphanie Barahona, organisatrice au FRAPRU.
Selon cette dernière, le Programme d’habitation abordable Québec, adopté par le gouvernement Legault en 2022 et qui est venu remplacer le précédent programme AccèsLogis, n’est pas adapté aux attentes des groupes porteurs de projets de logements sociocommunautaires.
Contacté par EST MÉDIA Montréal, le cabinet de la ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, nous a fait parvenir un courriel dans lequel on affirme qu’il n’y a jamais eu autant de logements sociaux et abordables en construction. « Depuis 2018, notre gouvernement a investi près de 7 G $ en habitation pour notamment construire des logements sociaux et abordables et aider les locataires à faible revenu. On innove et on multiplie les façons de construire des logements sociaux et abordables. On en a plus de 24 000 à différentes étapes de construction actuellement partout au Québec », a insisté Justine Vézina, attachée de presse de la ministre.







