
L’équipe de LESPACEMAKER dans l’atelier bois. (Photo : Sylviane Robini)
27 septembre 2026Nouvel espace LESPACEMAKER : des ateliers par et pour la communauté
Après un an de rénovation, les ateliers collaboratifs LESPACEMAKER dévoilent leurs nouveaux espaces, passés de 15 000 à 35 000 pi². « Il va y avoir quelques bruits de marteaux », prévient Arno Robin, co-fondateur de LESPACEMAKER, lorsque nous arrivons sur les lieux, quelques jours avant l’ouverture. Malgré un peu de retard dans les travaux, l’atelier de création communautaire de Hochelaga-Maisonneuve a rouvert ses portes cette fin de semaine.
En doublant sa superficie, LESPACEMAKER s’offre des ateliers tout neufs ou agrandis, de nouveaux outils ainsi qu’une grande salle réservée à l’événementiel. À l’image du lieu, les travaux ont été grandement soutenus par la communauté, qui a aidé à la consultation, la conception et la mise en espace des lieux, en plus d’avoir fabriqué certains des équipements.
Sur les trois étages, une cinquantaine d’espaces de création et une vingtaine d’ateliers se succèdent dans des lieux très ouverts qui favorisent l’émulation collective et artistique. « On voulait vraiment créer un lieu commun », explique Arno Robin.
Se côtoient ainsi des ateliers de céramique, de joaillerie, de bois, de photo argentique, d’impression 3D ou encore de cuir, le tout ouvert à la communauté.
Il suffit en effet de suivre une formation et de s’acquitter d’un abonnement mensuel abordable pour accéder aux locaux et aux outils de LESPACEMAKER, qui se veut un espace collaboratif de fabrication, d’apprentissage, d’exploration, de création et de partage du savoir.

L’atelier céramique a été agrandi pendant les travaux. (Photo : Charline Caro/EMM)
Un lieu pour la communauté
Créé en 2016 dans un ancien édifice industriel du Centre-Sud, l’espace de création est ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 – un cas unique à Montréal – et repose sur un « climat d’auto-régulation », explique Arno Robin. Hormis l’équipe, composée de « 4 personnes et demie », ce sont les membres, organisés en comités, qui veillent au bon fonctionnement des lieux.
Les ateliers sont fréquentés par des artisans et des artistes amateurs, semi-professionnels ou professionnels, des jeunes comme des retraités, qui habitent dans le quartier ou à l’autre bout de l’île, rapporte Apolline Lasnier, responsable aux communications et au développement culturel. Le grand public fréquente aussi le lieu, à travers les nombreux ateliers de réparation et de fabrication proposés par les collectifs installés sur place.
C’est à force de bouche à oreille que l’endroit s’est fait connaître, estime Arno Robin, pour qui « ce projet-là n’a pas besoin d’être crié, seulement d’être murmuré ». Après dix ans d’existence, les visites plurihebdomadaires de l’atelier – étape préliminaire à l’adhésion – sont toujours pleines, et l’organisme compte aujourd’hui plus de 300 membres et tout autant de volontaires.
Entre-temps, LESPACEMAKER est devenu bien plus qu’un atelier, témoignent les membres de l’équipe. C’est aussi, et même avant tout, un lieu de vie et de socialisation, où l’on vient « rencontrer des gens au-delà de la pratique artistique » et où l’on « apprend et revendique l’action communautaire ».
En doublant la superficie du bâtiment, le défi est maintenant de préserver cet équilibre d’auto-régulation et cette échelle communautaire. Arno Robin insiste sur l’importance de « prendre le temps » malgré les grandes opportunités qui s’en viennent, pour continuer de transmettre la philosophie du lieu aux nouveaux membres et ne pas épuiser la communauté, fortement mobilisée par les travaux.
Un modèle de société
Ce modèle de lieu communautaire, qui « s’imprègne de sa communauté et évolue au travers d’elle », doit « exister dans plus de quartiers », croit le co-fondateur. Du point de vue de la création, Montréal manque d’ateliers abordables, alors que la plupart des locaux disponibles sont « hors de prix et appartiennent à des organismes privés », regrette Apolline Lasnier, responsable des communications et du développement culturelLESPACEMAKER. D’un point de vue social, la crise de l’abordabilité rend certains quartiers, comme celui de Centre-Sud, difficiles à habiter et à occuper.
En investissant des bâtiments, les espaces communautaires permettent justement d’offrir un lieu ouvert à toute la communauté et qui répond à ses besoins. « Il est encore temps d’acquérir des bâtiments et de s’assurer qu’ils sont pérennes », soutient Arno Robin, qui estime que plusieurs lieux sont disponibles à Montréal pour ce type de projet.
D’autres espaces similaires existent par ailleurs dans la métropole, comme les ateliers auto-gérés du Bâtiment 7 dans le Sud-Ouest, ou ceux abordables des Ateliers Belleville dans Ahuntsic-Cartierville.
LESPACEMAKER a fêté sa réouverture ce samedi 26 septembre, avec au programme des concerts, des ateliers, un marché et une buvette.







