
(Photo: Emmanuel Delacour/EMM)
16 juillet 2025Le nombre de demandes d’aide au logement à la hausse dans l’est
Plus de deux semaines après le 1er juillet, le nombre de Montréalais à la recherche d’un logement demeure très élevé, particulièrement dans l’est de la métropole. La situation démontre que la crise du logement ne s’est toujours pas résorbée, selon un organisme de défense des droits des locataires.
D’après des données obtenues auprès de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), en date du 14 juillet, 911 ménages avaient fait une demande d’aide au logement depuis le début de l’année. Or, selon le plus récent rapport annuel de l’OMHM, en 2023, ce sont 863 ménages qui avaient fait une demande d’aide spécifiquement dans le cadre des activités entourant le 1er juillet. C’est une augmentation de 5.2 %.
Depuis la mi-juillet de cette année, l’OMHM accompagne activement 264 ménages à la recherche d’un logement, parmi lesquels 50 sont hébergés par la Ville. Toujours comparativement à 2023, 398 ménages avaient été accompagnés activement durant le mois de juillet, soit une diminution de 33 %.
« À Montréal, on sait combien sont en hébergement par la municipalité, mais on ne sait pas combien sont sans logis », nuance Véronique Laflamme, porte-parole au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
Cette dernière rappelle que le taux d’inoccupation demeure généralement plus élevé dans la métropole que la moyenne provinciale. « À Montréal, le taux d’inoccupation est à 2 %. Mais quand on regarde les secteurs, entre autres dans l’est, comme Anjou et Saint-Léonard, c’est un taux d’inoccupation de 0.7 %, ou 0.2 % à Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles », souligne la porte-parole.
Plusieurs ménages demandent de l’aide dans l’est
En effet, les données de l’OMHM sont probantes quant à la situation dans l’est. Depuis le début de 2025, le nombre de ménages qui avaient déposé une demande d’aide au logement s’élevait à 84 à Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, 76 à Montréal-Nord et 63 à Mercier—Hochelaga-Maisonneuve. Viennent ensuite Rosemont—La Petite-Patrie avec 52 demandes, Saint-Léonard (42), Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles (39), Anjou (32), Le Plateau—Mont-Royal (24) et, enfin, Montréal-Est (7).
Le dernier recensement de Statistique Canada datant de 2021 révélait déjà à l’époque une tendance difficile pour les locataires, souligne Mme Laflamme. « On le sait, dans l’est de Montréal, il y a des locataires qui ont traditionnellement un plus faible revenu et il y avait déjà des besoins urgents en 2021. (…) Dans Hochelaga-Maisonneuve par exemple, le quart des ménages locataires consacrait plus du tiers du revenu au loyer », insiste-t-elle.

Véronique Laflamme, porte-parole pour le FRAPRU (LinkedIn)
Le FRAPRU constate que de plus en plus de familles de locataires ont de la difficulté à boucler les fins de mois avec la hausse fulgurante des loyers à Montréal, notamment dans l’est. « Malgré la création de plusieurs projets immobiliers, la situation ne s’améliore pas, parce que beaucoup de développements sont inabordables pour ces ménages », affirme la porte-parole.
Par ailleurs, les listes d’attente pour avoir accès à une habitation à loyer modique (HLM) sont aussi très longues dans la métropole. Selon un décompte de l’OMHM en date du 2 juillet, au total sur l’île de Montréal, on dénombrait 13 264 demandeurs pour tous les types de HLM confondus (familial et pensionné). Parmi les arrondissements de l’est où ont été logées le plus de demandes, on retrouve Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension (1694), Rosemont—La Petite-Patrie (1184), Mercier—Hochelaga-Maisonneuve (954) et Montréal-Nord (868).
Mme Laflamme plaide pour l’accélération de la mise en chantier de projets de logements sociaux. « Pour l’instant, on pense que les objectifs qui sont sur la table sont largement insuffisants pour contrer l’inabordabilité des loyers », se désole-t-elle.







