Photo : Sylviane Robini

Lancement de la 8e édition de « L’économie sociale, j’achète ! »

Le Conseil d’économie sociale de l’île de Montréal (CESIM) a lancé vendredi dernier la 8e édition de son initiative L’économie sociale, j’achète!, qui met en lien des entreprises d’économie sociale et des institutions pour favoriser les relations commerciales entre elles.

Une centaine de représentants d’entreprises était rassemblée sous la verrière du Pavillon Jean-Coutu à l’Université de Montréal pour assister au discours de lancement et à la première rencontre entre les participants de l’initiative.

L’édition 2026 regroupe une cohorte de 20 entreprises montréalaises d’économie sociale ainsi que 38 institutions publiques et privées, qui participeront ensemble à des activités de maillage en vue de tisser des relations durables.

Initiée en 2013, L’économie sociale, j’achète! est une réponse aux « barrières » qui empêchent les entreprises d’économie sociale de faire affaire avec les grandes organisations et entreprises, en raison d’un manque de connaissances de ces deux milieux envers l’autre, rapporte Anyle Côté, directrice générale du CESIM.

Pendant la prochaine année, les entreprises participantes bénéficieront d’un programme d’accompagnement pour développer leur activité auprès de ces marchés, et les grandes organisations seront sensibilisées à l’importance de s’approvisionner davantage auprès de l’économie sociale. À travers plusieurs rencontres de réseautage, les membres seront également amenés à se rencontrer et à discuter d’éventuels partenariats.

L’année dernière, ce sont 120 contrats qui ont été signés entre les membres de la septième édition, pour une valeur totale de 5 M$, selon le CESIM. Par exemple, le Centre universitaire de santé de McGill a conclu des partenariats avec les entreprises d’économie sociale CycloChrome et Masse critique, qui lui fournissent respectivement des tours à vélo électrique et des services de communication.

Anyle Côté, directrice générale du CESIM, et Pauline Picotin, présidente (photo : Sylviane Robini)

L’économie au service de la communauté

Les entreprises d’économie sociale contribuent par définition à répondre à un besoin de la communauté, tout en s’assurant une rentabilité économique. Elles œuvrent dans des domaines variés comme la culture, l’agroalimentaire, les transports ou la finance, tout en contribuant à la réinsertion sociale et professionnelle, la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté ou encore la protection de l’environnement, entre autres.

Parmi les entreprises d’économie sociale membres de cette édition, les deux tiers sont basées dans l’est, comme la cantine Le Chic Resto Pop, la fabrique de couture Petites-Mains, la firme de conseil Dynamo, ou l’atelier de réparation de vélo CycloChrome.

Marc-Evans Jeannot est directeur général de VRIX, une jeune entreprise d’événementiel basée à Anjou. Encouragé par PME MTL à participer à l’initiative, il espère trouver ici des acheteurs avec qui établir des partenariats sur le long terme. Il vise en particulier les arrondissements et les écoles, qui pourraient être intéressés par son concept : un van qui organise des événements partout à Montréal pour encourager la vie communautaire, notamment chez les plus jeunes.

Du côté des institutions publiques et privées, Loto Québec et l’Université du Québec à Montréal (UQAM) se sont jointes aux 36 organisations qui participaient déjà à l’initiative. Parmi celles basées à l’est, on retrouve notamment le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, le Cégep Marie-Victorin, le Fonds de solidarité FTQ, ou la Société des alcools du Québec (SAQ).

« La SAQ est signataire de l’initiative depuis longtemps », nous apprend Arnaud Larsonneur, directeur adjoint en acquisition opérationnelle à la SAQ. Des partenariats solides en ont découlé, comme celui avec la Cuisine Collective Hochelaga Maisonneuve, qui entretient et récolte le potager aménagé sur les terrains du siège social de l’entreprise, ou avec Petites-Mains, qui fabrique les tabliers de ses vendeurs en succursale. De retour pour l’édition 2026, la SAQ espère trouver d’autres opportunités de ce genre, indique M. Larsonneur.

Un levier économique pour Montréal

Cette cohorte est « évidemment un échantillon de l’économie sociale montréalaise, qui regroupe plus de 3 000 entreprises », rappelle Anyle Côté.

Plus globalement, ces entreprises sont un « levier stratégique pour le développement et la prospérité de la métropole », qui y génèrent notamment près de 64 000 emplois directs, a soutenu la mairesse de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Chantal Gagnon, lors de son discours.

Les coopératives, mutuelles et organismes à but non lucratif participent également à rendre l’économie plus « juste et inclusive », estime à son tour Karine Boivin Roy, députée d’Anjou–Louis-Riel et adjointe gouvernementale de la ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal.

Les intervenants ont tous souligné le contexte économique incertain et les bouleversements géopolitiques dans lesquels prenait part le lancement de cette nouvelle édition. Si elles affectent l’économie, et notamment les acteurs plus vulnérables, les tendances actuelles mettent aussi en lumière les avantages de l’achat local, estime Anyle Côté. « C’est un moyen de rendre nos organisations plus résilientes, en favorisant des achats qui ont des retombées directes sur nos communautés », déclare la directrice générale.

La présidente du CESIM Pauline Picotin ajoute, avec une pointe d’ironie, qu’avec l’économie sociale « il n’y a pas de tarifs douaniers. »