
Le Quartier latin (courtoisie)
7 septembre 2026« La belle grosse rentrée » : pour redonner son élan au Quartier latin
Du 8 au 12 septembre, le Quartier latin proposera un vaste rendez-vous collectif. Portée par la Société de développement (SDC) du Quartier latin, en collaboration avec l’UQAM, BAnQ, l’Espace St-Denis et le Quartier des spectacles, La belle grosse rentrée réunira plus de 60 activités dans un secteur qui cherche à renforcer son identité et son attractivité, malgré d’importants travaux qui y compliquent actuellement les déplacements.
Concerts, humour, performances, conférences, activités participatives et propositions nocturnes seront répartis dans les institutions et l’espace public. Derrière cette programmation, l’ambition était de faire converger des acteurs qui, jusqu’ici, organisaient chacune ses activités de son côté.
Et les 230 entreprises membres de la SDC ne sont pas seulement appelées à profiter de l’achalandage : certaines participeront directement à la programmation, 23 des 60 activités étant directement liées aux commerces.
L’approche consistait à éviter de créer artificiellement une programmation entièrement nouvelle. « Le mieux était de prendre la programmation qui était déjà là et d’en faire la promotion », explique Olivier Picard0Borduas, chef des opérations de la SDC.
Cette philosophie était déjà au cœur d’Arborescence, le projet mené l’année dernière et qui proposait 133 activités sur une période allant de juin à septembre. L’expérience a toutefois montré les limites d’une programmation aussi étalée. Cette année, les activités seront donc concentrées sur cinq jours afin de créer un moment de convergence plus marqué.

Olivier Picard-Borduas, chef des opérations de la SDC Quartier latin (courtoisie)
Miser sur une affluence déjà présente
Une fête de la rentrée existe depuis longtemps dans le secteur, notamment sous la forme de la Grande rentrée de l’UQAM et, auparavant, du festival OUMF. La nouveauté, explique Olivier Picard-Borduas, était de réunir les différentes forces du secteur. « Ce qu’on invente, c’est de se mettre tout ensemble », résume-t-il.
L’UQAM attire à elle seule plus de 25 000 personnes dans le secteur pendant ses festivités de la rentrée. En ajoutant les rentrées du Cégep du Vieux Montréal ainsi que la fréquentation de BAnQ et des autres institutions du coin, la SDC estime que quelque 40 000 personnes pourraient circuler dans le quartier pendant la période des festivités.
Cette concentration de visiteurs constituait, aux yeux de la société commerciale, une occasion de faire connaître davantage le secteur. « Profitons-en et projetons tous les yeux de Montréal vers le Quartier latin », lance M. Picard-Borduas.
Cette nouvelle formule figure bien entendu comme une première expérience. Le nombre de visiteurs qui participeront réellement aux activités demeure donc difficile à estimer. La SDC entend donc se servir de cette édition comme d’une année de référence pour observer les déplacements du public et déterminer ce qui fonctionne.
Une réponse aux travaux
Cette stratégie de la rentrée se déroule alors qu’un chantier rue Berry bouleverse le secteur. Pour la société commerciale, les travaux en cours ne doivent toutefois pas devenir le principal récit associé au Quartier latin.
« Notre plan de match, c’est de réagir par l’action et de dire : “Hé, venez! Vous allez voir, vous ne serez pas déçus” », dit Olivier Picard-Borduas.
Il souligne d’ailleurs la résilience constante de plusieurs commerces établis depuis longtemps dans le quartier, dont le Bistro à Jojo, l’Île-Noire, l’Amère à Boire et le Bordel, pour ne citer que ceux-là. Selon lui, les premières observations de l’été, qui tire à sa fin, sont même encourageantes, avec une impression d’augmentation de la fréquentation malgré le chantier.
La SDC souhaite donc multiplier les occasions de faire venir les gens dans le secteur plutôt que d’attendre la fin des travaux. « On pense vraiment que ce ne sont pas les travaux qui nous empêcheront d’avoir du succès », affirme-t-il avec optimisme.
Une rentrée qui dépasse les étudiants
Une partie importante de la programmation de La belle grosse rentrée provient de l’UQAM, particulièrement du 8 au 10 septembre, avec des prestations musicales en plein air de Soraï, Choses Sauvages, Lysandre, Jérôme 50, Naïma Frank et Robert Robert. En général, les activités offertes s’adressent à la communauté étudiante, bien sûr, mais aussi au grand public.
L’Espace St-Denis proposera parallèlement trois soirées de musique et d’humour, tandis que BAnQ présentera ses Rendez-vous numériques du 11 au 13 septembre, en collaboration avec MUTEK et la Société des arts technologiques (SAT). L’École nationale de l’humour (ÉNH) et la LNI prendront également part à la programmation, notamment avec des prestations extérieures et des micromatchs d’improvisation.
La fin de semaine sera marquée par des spectacles de rue et un grand spectacle R&B en plein air à la place Pasteur. Et à la place Émilie-Gamelin, la musique se poursuivra jusqu’à 23 h.
Un quartier qui assume sa vie nocturne
La nuit occupe une place particulière dans la stratégie de la SDC. Certains bars resteront ouverts jusqu’à 6 h le 11 septembre, alors qu’une soirée de musique électronique du collectif OCTOV est prévue au Studio St-Denis.
« Notre SDC est résolument nocturne », affirme Olivier Picard-Borduas. Il rappelle que l’activité du quartier, en général, prend véritablement son envol en fin d’après-midi et se poursuit jusqu’à la fermeture des bars.
La SDC souhaite d’ailleurs développer cette identité au-delà de l’événement de La belle grosse rentrée, avec l’objectif éventuel d’obtenir une désignation de « pôle de vitalité nocturne » et de faciliter l’organisation de plusieurs autres rendez-vous nocturnes durant l’année, comme La nuit blanche par exemple.
Plus qu’un événement, une tentative de repositionnement
Pour la SDC, l’événement prochain constitue un moyen de travailler sur l’identité du Quartier latin. Le chef des opérations estime que le secteur reste trop souvent associé, dans l’imaginaire collectif, au Quartier des spectacles, alors qu’il possède selon lui une identité propre, notamment par son caractère francophone et la coexistence de la culture, du savoir, de la restauration et de la vie nocturne en un même quadrilatère.
« Le plan de match dans tout ça, c’est d’attirer l’attention vers nous durant cette période-là », dit-il en terminant, l’objectif étant, au-delà de ces cinq jours de septembre 2026, de voir cette grande mobilisation de la rentrée devenir une habitude durable pour le Quartier latin.






