Karine Boivin Roy avec sa cheffe Christine Fréchette (courtoisie)

Karine Boivin Roy sollicitera un deuxième mandat dans Anjou-Louis-Riel

À quelques semaines de la campagne électorale provinciale, la députée caquiste d’Anjou-Louis-Riel et ministre responsable de l’Habitation a confirmé vendredi dernier à EST MÉDIA Montréal qu’elle sera à nouveau candidate pour l’élection du 5 octobre prochain, dans sa circonscription qui est passée à un cheveu de disparaître en 2026.

L’ancienne conseillère municipale, élue dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pendant huit ans, n’avait pas de plan B nous a-t-elle révélé, si jamais l’est de Montréal perdait le comté d’Anjou-Louis-Riel, comme le projetait la Commission de la représentation électorale. Rappelons que cette dernière, une institution indépendante mise en place sous le régime de René Lévesque, proposait d’éliminer les circonscriptions d’Anjou-Louis-Riel et de Bonaventure (Gaspésie) afin d’en créer deux nouvelles, soit une dans Estrie–Centre-du-Québec, et l’autre chevauchant les Laurentides et Lanaudière, limitant toujours ainsi le nombre de sièges à l’Assemblée nationale à 125.

Le projet de loi 3, adopté à la toute dernière minute en fin de dernière session parlementaire par 124 députés (seul le député indépendant de Saint-Jérôme, Youri Chassin, s’y opposait), a donc permis de sauver les deux comtés en danger, tout en validant l’ajout des deux nouvelles circonscriptions projetées. On a ménagé la chèvre et le chou, en quelque sorte, et augmenté le nombre de sièges à 127, une première dans l’histoire du Québec.

« C’était une grosse bataille depuis septembre 2023. On ne l’avait pas vue venir celle-là, c’était plutôt champ gauche. Il a vraiment fallu défendre le poids politique de nos citoyen.nes à l’Assemblée nationale, et l’importance de la circonscription pour l’est de Montréal et pour la Métropole, mais il faut dire que la mobilisation pour garder Anjou-Louis-Riel a été exceptionnelle », affirme Karine Boivin Roy.

Selon la ministre responsable de l’Habitation, le projet de loi 3 ne ferait pas que régler une situation temporaire, mais permettrait à terme à la Commission de la représentation électorale d’ajuster son mandat en fonction des nouvelles réalités du Québec d’aujourd’hui. « Ce qui est aussi important dans ce projet de loi c’est qu’il prévoit la création d’un comité d’étude sur la représentation électorale qui devra faire un travail de fond sur le processus de délimitation et d’attribution autant des circonscriptions que du nombre de sièges que devrait avoir l’Assemblée nationale. Il faudra aller plus loin dans l’objectif d’une représentation effective des électeurs. Et ce sera des travaux transpartisans, une démarche transparente qui je pense vont aboutir à un reflet mieux ajusté aux réalités régionales. C’est un travail qui devra maintenant être fait », avance Mme Boivin Roy.

Dernier sprint avant la campagne

Karine Boivin Roy (courtoisie)

Les quatre dernières années ont été assez intenses pour la politicienne et avocate qui en était à son premier mandat sur la scène provinciale. Karine Boivin Roy s’est en effet rapidement imposée comme une figure montante de la formation de François Legault, aujourd’hui dirigée par une figure bien connue dans l’est de Montréal, Christine Fréchette.

Dès son élection, elle s’est vu confier les rôles d’adjointe gouvernementale à l’Emploi, adjointe gouvernementale à la Métropole et à la région de Montréal, et après le premier remaniement ministériel, on lui proposait la fonction d’adjointe parlementaire à la Condition féminine. Depuis le 21 avril dernier, elle occupe le siège de ministre responsable de l’Habitation, un poste gouvernemental clef compte tenu notamment de la crise de logement qui perdure. Elle multiplie d’ailleurs les annonces ces dernières semaines pour la création de plusieurs projets d’habitation, ce qui est de bonne guerre à l’orée de la campagne qui s’annonce.

« J’ai eu une belle évolution en tant qu’élue, c’est vrai. Mais ce dont je suis particulièrement fière de mes dernières années, c’est d’avoir su concilier le travail à Québec avec ma présence sur le terrain, dans Anjou-Louis-Riel, un secteur que j’habite également. Je crois que mon équipe et moi avons été bien présentes dans le comté et avons fait avancer plusieurs dossiers locaux et pour l’est de Montréal », exprime Mme Boivin Roy.

La députée entend bien profiter de son récent rôle de ministre dans les prochaines semaines pour faire justement avancer des dossiers qui lui tiennent à cœur. Les vacances estivales seront donc courtes pour Karine Boivin Roy : « Il n’y a pas de vacances en vue. Je travaille très très fort en ce moment parce que comme ministre de l’Habitation, je peux contribuer à régler certains enjeux qui touchent bien sûr le logement, mais aussi la condition féminine et l’accessibilité universelle, des dossiers pour lesquels je me suis battue depuis que je suis en politique. Et ensuite, on entre en campagne électorale, alors que je ne prends rien pour acquis. On se reposera plus tard », conclut, sourire en coin, la députée d’Anjou-Louis-Riel.