
Carte de la zone visée par la proposition d’aménagement de parc national urbain Trois rivières soeurs (courtoisie SNAP Québec)
12 août 2026Île Sainte-Thérèse : un organisme souhaite créer un parc national urbain dans le secteur
Un organisme à but non lucratif dédié à la protection de la nature demande la création d’un parc national dans l’est de la région métropolitaine, au cœur duquel se trouverait l’île Sainte-Thérèse.
La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) a récemment lancé une pétition interpellant les différents paliers de gouvernement afin que soit mis en place un grand espace naturel protégé « à la rencontre » de la rivière des Mille-Îles, de la rivière des Prairies, et du fleuve Saint-Laurent.
Cette idée de « parc national urbain des Trois rivières sœurs » permettrait de profiter du fort potentiel de l’île Sainte-Thérèse, pierre angulaire de la proposition.
« L’île Sainte-Thérèse représente un potentiel incroyable inégalé dans la grande région de Montréal. C’est 540 hectares de terres publiques qui sont disponibles pour faire un parc national urbain, avec une vision de donner accès aux gens de la région de Montréal, en particulier les gens de l’est de Montréal à ces trois grandes rivières », souligne Alain Branchard, directeur général de SNAP Québec.
Ce potentiel de l’île Sainte-Thérèse est déjà reconnu par les administrations responsables du territoire. En 2024, la Ville de Montréal, l’Arrondissement de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, les Villes de Varennes et de Repentigny, ainsi que le gouvernement du Québec ont cosigné « Le Plan directeur de l’île Sainte-Thérèse ».

Image de concept d’aménagement à l’île Sainte-Thérèse tirée du plan directeur
Dans le document, une vision d’aménagement de l’île et un échéancier estimant à 2035 l’éventuelle ouverture d’un « parc écotouristique » sur le site sont offerts. On y prône en outre l’accroissement du couvert forestier et l’agrandissement des zones marécageuses, ainsi que la création d’un pôle agrotouristique, de sentiers, de tours d’observation et de belvédères.
Cependant, selon le directeur général de SNAP Québec, les acteurs du projet devraient profiter d’un programme de financement des parcs nationaux urbains administré par Parcs Canada afin d’obtenir des fonds dans le cadre du réaménagement de l’île.
En effet, quelques initiatives ont été amorcées grâce à ce financement, notamment dans la région de Toronto, où la création du parc national urbain de la Rouge a bénéficié d’un investissement de 144 millions du fédéral.
« Or, dans les dernières années, le gouvernement provincial a été réticent à embarquer dans les initiatives fédérales pour du financement pour la protection de l’environnement. Mais récemment, il y a eu un certain réchauffement des relations avec la nouvelle Première ministre, Christine Fréchette, pour faire avancer certains dossiers. Alors, on y voit une opportunité », explique M. Branchard.
Quant à la forme d’un tel parc, celui-ci pourrait s’inspirer du parc national des Îles-de-Boucherville, site constitué de cinq îles que l’on retrouve un peu plus en amont de l’île Sainte-Thérèse, dans le fleuve Saint-Laurent. Une vaste gamme d’activités en nature y sont offertes et des efforts de conservation de la faune et de la flore y sont entrepris. D’ailleurs, le concept de SNAP Québec incluerait aussi les Grandes battures Tailhandier, ce chapelet d’îles soudées situées à proximité des îles de Boucherville.
Créer un parc urbain sur l’île Sainte-Thérèse, mais qui s’étendrait sur les trois cours d’eau à proximité permettrait de concrétiser de façon réaliste la Trame verte et bleue, ce réseau structuré de milieux naturels aménagés à des fins récréotouristiques dans la grande région de Montréal mis de l’avant par la Communauté métropolitaine de Montréal. Il s’agirait de plus d’une question d’équité territoriale en matière d’accès aux espaces verts pour les résidents de l’est montréalais, affirme le directeur général de SNAP Québec.
« Quand on regarde les efforts de protection de territoire à Montréal, il y a de grands et beaux espaces dans l’ouest de l’île et il y en a un peu dans l’est. On veut créer un nouveau poumon dans l’est de Montréal. Il y a un besoin d’avoir davantage d’accès dans ce secteur de l’île », souligne M. Branchard.

Carte des aménagements souhaités tirée du plan directeur
Avec le cycle électoral qui commence à prendre son envol au Québec, le directeur général est conscient du fait « qu’il est un peu difficile d’imaginer le projet » de création du parc Trois rivières sœurs à court terme. Toutefois, celui-ci espère que la pétition donnera la possibilité aux citoyens de s’exprimer sur le sujet.
« On n’a pas la recette finale de ce que devrait avoir l’air le parc, mais on pense que c’est aux citoyens à prendre deux minutes à aller remplir la pétition, puis d’envoyer le message que nous aussi, dans la région de Montréal, on veut avoir des investissements significatifs pour un parc national urbain comme on l’a fait à Toronto », conclut M. Branchard.
Depuis l’automne 2021, la SNAP Québec coordonne un projet de plantation à l’île Sainte-Thérèse qui viendra favoriser un retour progressif de la biodiversité. Les premières phases de ce projet de restauration écologique ont permis de planter plus de 57 450 arbres d’une vingtaine d’essences différentes. La prochaine phase de la plantation verra le jour au printemps 2027, avec l’objectif de planter 100 000 arbres d’ici 2030.







