
L’édifice de l’HMR vu de l’entrée de l’urgence (Emmanuel Delacour/EMM)
8 janvier 2026Hausse des cas de grippe : les urgences de l’Est sont engorgées
La saison de la grippe qui bat son plein provoque l’engorgement des salles d’urgence partout au Québec, et les hôpitaux de l’est de Montréal n’y échappent pas. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal rappelle les mesures à prendre si on présente des symptômes grippaux et explique dans quelles circonstances il est nécessaire de se rendre aux urgences.
Les civières des hôpitaux montréalais débordent, et celles de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) et de l’Hôpital Santa Cabrini n’y font pas exception. Ces établissements de l’Est affichaient un taux d’occupation de 156 % (HMR) et de 166 % (Santa Cabrini) jeudi matin, alors que la moyenne dans l’ensemble des hôpitaux montréalais se situait à 143 %.
« C’est sûr que c’est été très occupé. (…) Aux soins intensifs, on voit l’impact de la grippe dans le volume des cas, mais aussi toutes les complications que ça peut entraîner, soit des pneumonies secondaires et la perte d’autonomie chez les personnes âgées aussi. (…) Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a été quand même très touché par cette augmentation épidémiologique », souligne Marc Brosseau, pneumologue intensiviste à l’HMR.
En effet, comme le rapportait l’Institut national de santé publique du Québec en début de semaine, la saison de la grippe est particulièrement forte cette année et s’est amorcée plus tôt qu’habituellement. Les taux de positivité de l’influenza A ont atteint un pic de 38,2 % le 27 décembre dernier; tandis que les 4 années précédentes, les taux variaient entre 20 % et 30 % environ à leur sommet.
La hausse annuelle des cas de grippe pose toujours « des défis » pour les équipes, constate le Dr Brosseau. « On en avait moins vu depuis la pandémie, alors que les taux de virus respiratoires avaient un peu baissé. Là, on voit que les taux se rapprochent de ceux des années 2017-2018 », indique-t-il.
D’ailleurs, bien que le pic du nombre d’infections détectées ait été atteint durant la période des Fêtes, l’impact de la prévalence de la grippe risque de se faire sentir encore pendant quelques semaines, avertit le pneumologue. Effectivement, certaines personnes malades pourraient développer des complications plusieurs jours après l’infection, notamment des pneumonies bactériennes, qui nécessitent la prise d’antibiotiques. Le personnel des urgences n’est donc pas encore sorti du bois, anticipe le médecin.
De plus, le nombre de chutes sur la glace a aussi fait grimper les consultations à l’urgence en ce début de saison hivernale, alors que des périodes de pluie et de gel ont rendu les trottoirs glissants ces dernières semaines.
Prioriser le 811
Pour favoriser un désengorgement des établissements hospitaliers et des cliniques, on recommande de faire appel aux ressources de première ligne : « Le premier message [qu’on souhaite transmettre], c’est de toujours consulter, si possible, le 811 avant de se rendre à l’urgence. C’est disponible gratuitement 24 heures sur 24, 7 jours par semaine. Ça permet de réduire les visites en clinique et à l’urgence. C’est près de 33 % des appels qui ont été réglés sans déplacement entre décembre 2024 et décembre 2025. C’est environ un appel sur six au 811 qui est finalement dirigé en urgence », illustre le Dr Brosseau.
Ce dernier rappelle que les guides de soins accessibles sur le site Internet de Santé Québec permettent de s’orienter vers les bonnes ressources lorsqu’on est malade et de discerner les symptômes courants des virus respiratoires (fièvre, fatigue, toux, douleurs musculaires, mal de gorge) des symptômes qui pourraient demander un déplacement aux urgences (difficulté à respirer, douleur à la poitrine, confusion, difficulté à rester alerte ou éveillé, lèvres bleues, crachats de sang, rougeurs et boutons sur la peau).
Évidemment, il est important de rester aux aguets des symptômes des personnes plus vulnérables, soit celles vivant avec une maladie pulmonaire obstructive chronique, de l’asthme ou des maladies cardiaques. « Se rendre à l’urgence, c’est aussi s’exposer à des gens malades qui ont des virus respiratoires et de la gastro, par exemple », ajoute le pneumologue.
Le port du masque demeure un moyen efficace de prévention de la transmission des maladies pulmonaires, termine le Dr Brosseau. « Je vois ça comme un geste d’entraide, surtout pour protéger nos proches. »







