Le 12050, boul. Gouin Est, ancien monastère des Recluses Missionnaires (Google Maps)

Une halte-chaleur destinée aux personnes autochtones ouvre dans RDP

Une halte-chaleur dédiée aux populations itinérantes d’origine autochtone a ouvert ses portes à l’extrême est de l’île de Montréal, dans le quartier de Rivière-des-Prairies (RDP). Ce sont 40 places qui sont ainsi disponibles dans l’ancien monastère des Recluses Missionnaires.

L’édifice et le terrain qui se trouvent au 12050, boul. Gouin Est ont été achetés par la Ville en 2024 au prix de 6 M$, dans le cadre d’un projet de parc-nature. En attendant la concrétisation de ce projet, la Ville a décidé de prêter l’immeuble à l’organisme Projets Autochtones du Québec (PAQ) dans le but de réagir à la crise de l’itinérance durant la présente saison froide.

Au centre, Stacy Boucher-Anthony, directrice générale de PAQ (Emmanuel Delacour/EMM)

« Nous avons ouvert officiellement le 27 janvier et l’achalandage est plutôt bon depuis. On a été capables de répondre aux besoins de 15 personnes la première nuit », indique Stacy Boucher-Anthony, directrice générale de PAQ. La Ville de Montréal entend fournir les lieux à l’organisme jusqu’au 30 avril 2026.

Les services qui sont offerts dans cette ressource incluent trois repas par jour, des lits et des activités de base. Contrairement à d’autres haltes-chaleur où les places sont disponibles seulement le soir et la nuit, les usagers de cette nouvelle halte temporaire peuvent y rester « tant qu’ils en auront besoin », insiste Mme Boucher-Anthony. « C’est sûr qu’en raison de l’emplacement de la halte-chaleur, les gens ne peuvent pas s’y rendre par leurs propres moyens, ils doivent utiliser une navette communautaire », précise-t-elle.

En effet, l’ancien monastère se trouve en retrait des services de proximité, à près d’une heure et demie du centre-ville de Montréal en transport en commun. En voiture, il faut environ 40 min pour se rendre de là au quartier Milton-Parc, là où plusieurs personnes autochtones en situation d’itinérance se rassemblent.

Le service de navette mis en place par PAQ fait donc le trajet plusieurs fois par jour. Si le choix d’installer une ressource aussi loin de la population qu’elle dessert peut soulever un questionnement, la directrice générale souligne que les options de lieux pour y ouvrir des haltes-chaleur sont plutôt limitées.

En rouge, le site de l’ancien monastère des Recluses Missionnaires (Google Maps)

« Le défi d’une halte-chaleur, c’est de pouvoir ouvrir rapidement et d’opérer. Donc, les gens peuvent se plaindre que c’est loin, certainement. Mais en tant qu’organisation communautaire, nous, quand on lance une initiative comme celle-là, on doit pouvoir accueillir les gens rapidement, insiste Mme Boucher-Anthony. Quand on dit qu’on pourrait peut-être ouvrir dans des sous-sols d’église, il faut penser qu’il n’y a peut-être pas de plomberie ou d’issues de secours présentes dans ces installations. Il y a tous ces aspects à considérer avant d’ouvrir une ressource. […] Indépendamment du fait que ça soit loin du centre de la ville, notre souhait, c’était de répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance. »

Une ressource renouvelée l’hiver prochain?    

Si la Ville entend utiliser le terrain acquis auprès des Recluses Missionnaires pour éventuellement étendre le verdissement dans l’Est, il reste encore des incertitudes sur l’usage futur de l’édifice du 12050, boul. Gouin Est. La halte-chaleur pourrait-elle être de retour l’hiver prochain?

Aux communications de la Ville de Montréal, on indique que « [c]oncernant l’utilisation du bâtiment après cette date, plusieurs scénarios sont actuellement à l’étude » et qu’il « est donc trop tôt pour avancer une orientation précise ».

« Pour ce qui est de la possibilité de reconduire une halte-chaleur sur le site l’hiver prochain, la Ville réaffirme qu’elle demeure pleinement engagée à soutenir des solutions culturellement adaptées aux réalités et aux besoins des personnes autochtones en situation d’itinérance », ajoute-t-on dans le courriel.

De plus, l’administration assure qu’elle « collaborera entièrement » si PAQ et les différents paliers de gouvernement impliqués expriment la volonté de renouveler la halte-chaleur à cet endroit l’an prochain.

Enfin, la Ville rappelle qu’elle a acquis le terrain des Recluses Missionnaires afin « de le protéger et d’agrandir le Grand parc de l’Est ». Montréal a pour objectif de protéger les milieux naturels sur 10 % du territoire de l’agglomération, insiste-t-on.

Le terrain en question sera donc renaturalisé dans les prochaines années et ses sentiers seront connectés au réseau existant du secteur, « et ce, au bénéfice de la population », affirme la Ville en terminant.


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