La ministre de l’Habitation, Karine Boivin Roy (Courtoisie)

Habitation : la ministre Karine Boivin Roy fait son bilan

Nommée ministre responsable de l’Habitation depuis le mois d’avril, Karine Boivin Roy n’aura eu que quelques mois pour travailler sur ses dossiers avant le déclenchement des élections provinciales. Celle-ci dresse un bilan positif de son passage au ministère, qui a été marqué par une multitude d’annonces.

Afin de répondre aux besoins en logement, son gouvernement a accéléré les mises en chantier partout dans la province, incluant à Montréal. Au sommet d’un long compte rendu, la ministre souligne le fait que la construction de 7 068 logements a été annoncée durant son mandat et que plus de 1 100 logements ont été livrés. Cela représente plus de 1 G$ d’investissements, incluant des sommes partagées, dans certains projets, avec le gouvernement fédéral.

« On est bien fiers de ce bilan », insiste la ministre et députée d’Anjou–Louis-Riel.

Elle le reconnaît, la question de la crise du logement a été une trame de fond durant son mandat. C’est dans ces circonstances qu’elle a entrepris ses fonctions. « C’est avec une approche profondément humaine que je suis entrée en poste », assure-t-elle.

En effet, les chiffres que la ministre cite parlent d’eux même : « On sait aussi qu’avec le dernier dénombrement, il y a eu une augmentation de 20 % de gens en situation d’itinérance partout à travers le Québec », constate Mme Boivin Roy.

Cette dernière affirme s’être investie dans la mission de fournir du logement à la population. « Chaque logement de plus qu’on va annoncer ou chaque programme qu’on va réouvrir, chaque mesure innovante qu’on va mettre en place, c’est une solution de plus dans notre bouquet de mesures pour permettre aux gens de trouver des solutions à leurs défis de vie. »

Selon l’Institut de la statistique du Québec, les mises en chantier de logements dans la province affichaient un gain de 17,6 % (+ 9 523 unités) en juillet 2026 et se situaient à 63 666 unités (+ 8,6 %) en juin.

Toutefois, certains organismes, comme le FRAPRU, indiquent que plusieurs Québécois peinent à trouver un logement abordable qui répond à leurs besoins, malgré les nombreux logements construits dans les dernières années, rapportait Radio-Canada en juillet. Les organismes croient que la stratégie d’accroitre l’offre de logements neufs ne permet pas de répondre à la demande auprès des moins nantis.

À cette critique, la ministre affirme que « l’effet » de la création des nouveaux logements « est encore à se faire sentir ». « Et évidemment, plus il va y avoir de logements, plus ça va baisser la pression sur les loyers, je pense que c’est mathématique. Il faut continuer à en livrer, des logements », insiste celle-ci.

En outre, Mme Boivin Roy croit que l’arrivée de « solutions innovantes » aura permis de réduire les coûts de fabrication pour les logements plus modiques. Elle prend en exemple le partenariat avec l’organisme à but non lucratif (OBNL) Mission Unitaînés, qui, à terme, permettra de construire 2 000 logements abordables pour les personnes aînées autonomes. Grâce à son modèle d’affaires, l’OBNL a réussi à effectuer des économies de 33 M$ dans les nombreuses mises en chantier annoncées, rapporte la ministre. « Ça permet de construire davantage de portes. »

Des partenariats importants

Pour la ministre responsable de l’Habitation, les multiples annonces qui ont été faites durant les derniers mois ont été le fruit de collaborations essentielles avec les partenaires, que ce soit le gouvernement fédéral, les municipalités ou les organismes.

Par exemple, c’est grâce à des partenariats avec Mission Unitaînés, Desjardins et Maisons Canada que la construction de plus de 5 200 logements abordables a été rendue possible.

Son ministère rapporte aussi la poursuite de partenariats avec Desjardins et le Fonds de solidarité FTQ, qui mèneront respectivement à la création de 3 240 et 2 990 logements abordables.

De plus, la signature de la phase 2 de l’entente avec Maisons Canada rendra possible la construction de 1 965 logements abordables, dont 478 projets modulaires qui seront réalisés par la Société de développement de l’Est.

Par ailleurs, des ententes avec Maisons Canada assureront le financement de 8 projets d’habitation totalisant 1 650 logements pour les ménages vulnérables de l’île de Montréal et la création de 15 maisons d’hébergement pour les personnes victimes de violence familiale dans 7 régions administratives du Québec.

Une entente Canada-Québec prévoyant une contribution fédérale de près de 50 M$ sur 2 ans, versée par l’entremise du Programme de supplément au loyer Québec, viendra aussi soutenir les personnes ayant survécu à la violence fondée sur le sexe et leur permettra d’accéder « à un logement sécuritaire et abordable ».

C’est aussi grâce à une collaboration avec son collègue Lionel Carmant qu’a été rendue possible la création d’un cadre de référence par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la Société d’habitation du Québec (SHQ) pour les projets de logements permanents avec services d’accompagnement, insiste Mme Boivin Roy.

D’ailleurs, en ce qui concerne les citoyens les plus vulnérables, la ministre souligne la récente réalisation de 1 000 unités de supplément au loyer en prévention de l’itinérance et l’ajout de 1 000 unités de supplément au loyer d’urgence pour aider les personnes en situation de vulnérabilité avec le paiement de leur loyer.

Aussi, l’élue rappelle la réouverture le 12 août du Programme d’adaptation de domicile, avec un budget de 88 M$ sur 2 ans. « La SHQ recevait avant 1 150 demandes par année. Maintenant, le budget nous permet d’aller jusqu’à 1 500 demandes par année », explique la ministre.

Enfin, celle-ci souligne que le Programme d’habitation abordable Québec a rouvert son appel de projets dans le cadre de son volet 1, pour la période du 20 juillet au 14 octobre 2026, en plus de la mise en place d’un processus d’analyse et d’approbation pour les projets destinés aux personnes ayant des besoins particuliers en habitation dans le cadre de son volet 2.