
L’équipe du Mastard, avec le chef Simon Mathys au centre, pose devant son restaurant avec l’étoile qu’elle a obtenu en 2025 (image tirée de la page Facebook du Mastard)
10 mai 2026Guide Michelin : après Mastard, Hoogan et Beaufort décroche une étoile
Le Guide Michelin a révélé les restaurants québécois auxquels il attribue une ou plusieurs étoiles pour l’année 2026. Parmi eux figurent deux établissements de l’est de Montréal : le Mastard, pour la deuxième année consécutive, ainsi que Hoogan et Beaufort, nouvellement primé.
Au total, ce sont 13 restaurants québécois qui se sont vus attribuer la récompense ultime, dont cinq à Montréal.
Le célèbre guide culinaire est présent depuis deux ans dans la province, après s’être installé à Vancouver et Toronto. Cette arrivée au Québec était motivée par la présence d’une « scène alimentaire riche et diversifiée », notamment dans la métropole, qui « mêle avec brio traditions françaises et influences internationales » dans sa cuisine, soutient le guide sur son site internet.
Les inspecteurs anonymes du Guide Michelin évaluent les restaurants à partir de cinq critères universels : la qualité des produits, l’harmonie des saveurs, la maîtrise des techniques, la personnalité culinaire du chef, ainsi que la régularité dans le temps et la cohérence de la carte. Les établissements sont visités plusieurs fois dans l’année par différents inspecteurs, qui se concertent avant d’attribuer une étoile ou non.
Hoogan et Beaufort : un rêve qui se réalise
Ce restaurant des Shops Angus figure parmi les quatre nouveaux à obtenir une étoile cette année. Ouvert depuis 2015, l’établissement où officie le chef Marc-André Jetté dit présenter une « cuisine d’auteur guidée par les saisons ».

Un plat servi au restaurant Hoogan et Beaufort (image tirée de la page Facebook de Hoogan et Beaufort)
L’équipe y travaille des produits du marché, et se fournit auprès des mêmes producteurs qu’il y a dix ans, rapporte en entrevue le co-propriétaire Vincent Leclerc. « C’est une cuisine de saison, assurément un peu nordique, où on essaie de valoriser le produit dans sa plus grande simplicité », explique-t-il. Les mets sont disponibles à la carte ou en menu dégustation, pour lequel il faut compter 125 $.
Dans sa critique, le Guide Michelin a souligné la « sélection rigoureuse des produits frais », et a retenu ses « assiettes appétissantes comme ces agnolotti maison, céleri-rave et fromage Louis d’Or, ce canard cuit sur coffre au feu de bois, coings et chou pointu braisé, ou cette poire grillée, avoine et foin d’odeur ». Le travail du sommelier Hugo Duchesne a également été récompensé, puisqu’il a obtenu le prix Michelin Sommelier.
Lorsqu’ils ont appris la bonne nouvelle, le chef Marc-André Jetté et les co-propriétaires Mila Rishkova et Vincent Leclerc n’y ont pas cru, rapporte ce dernier. « C’est le rêve que tout cuisinier a dans sa jeunesse. C’est comme l’apogée de tout ça », se réjouit-il au téléphone. L’étoile a créé un « sentiment de fierté et d’appartenance dans toute l’équipe », des livreurs aux cuisiniers, en passant par les comptables et les coordonnateurs.
Un quartier historique
Le restaurant s’inscrit dans un lieu chargé d’histoire, puisqu’il prend place dans une ancienne usine de construction et de réparation de locomotives, au cœur des Shops Angus, un ancien complexe industriel ferroviaire aujourd’hui reconverti en zone résidentielle et commerciale. Le nom de l’établissement y fait d’ailleurs directement référence, Hoogan et Beaufort étant le nom des deux agriculteurs qui ont vendu leurs terres à la compagnie ferroviaire Canadian Pacific Railways pour qu’elle s’y installe au XIXe siècle.
« Au début, tout le monde disait [au chef] Marc-André qu’il était complètement fou de s’installer là, parce qu’on était excentré du Plateau, du Centre-Ville », raconte Vincent Leclerc. La Société de développement Angus a grandement soutenu le restaurant dans son installation, faisant du quartier un « milieu paradisiaque pour y travailler », selon le co-propriétaire.
Mastard : simplicité et excellence
Sur la rue Bélanger, dans l’arrondissement de Rosemont—La Petite-Patrie, le Mastard a conservé l’étoile qu’il avait obtenue lors de la première édition de 2025. Le chef Simon Mathys est récompensé pour sa cuisine « axée sur les produits du terroir, sublimés le plus souvent par des sauces, sabayons et émulsions qui s’imposent comme sa marque de fabrique », écrit le Guide Michelin. « Le pétoncle, traité avec une précision quasi scientifique, repose sur une purée de salsifis à la texture soigneusement équilibrée, tandis qu’une émulsion de crabe aux arômes marins complexes rejoint des épinards infusés au jus réduit… Un régal ! », poursuit-il.
Ouvert en 2021, ce restaurant de quartier a une capacité de seulement 50 couverts, et est ouvert du mercredi au vendredi. Le chef y propose un menu unique en cinq services, pour 105 $.
Gagner en visibilité
Au-delà de la reconnaissance, le Guide Michelin apporte une grande visibilité aux restaurants qu’il sacre. Depuis un an, les restaurants nouvellement étoilés témoignent d’un achalandage très fort et de réservations effectuées des mois à l’avance. Ça n’a pas loupé pour le Hoogan et Beaufort, dont les réservations se sont en effet multipliées dès le dévoilement de la liste du Michelin.
Le restaurant d’Angus tient toutefois à préserver son âme de restaurant de quartier et à rester proche de sa clientèle habituelle, soutient Vincent Leclerc. « On veut que le monde puisse venir manger leurs pâtes le midi sans qu’ils soient obligés de réserver trois mois à l’avance. »
Sans recevoir d’étoile, d’autres restaurants de l’est ont reçu l’estime du Guide Michelin, à travers l’attribution d’un Bib gourmand, qui récompense les restaurants offrant un excellent rapport qualité-prix, comme le Anette bar à vin dans Angus (qui appartient à l’équipe du Hoogan et Beaufort) ou le Cadet dans Ville-Marie. Une dizaine d’établissements de l’est figurent également dans la liste de recommandation du guide, comme le Violon sur le Plateau—Mont-Royal, le Montréal Plaza sur la Plaza Saint-Hubert, ou Othym dans Ville-Marie.







