
Carlos Cruz, un usager de l’IUSMM travaillant à temps plein au centre de tri (Courtoisie)
5 Décembre 2025Gestion des matières résiduelles : l’IUSMM crée son propre centre de tri
Avec sa nouvelle initiative pour mieux gérer ses matières résiduelles, l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) permet à des personnes éloignées du marché de l’emploi de travailler tout en améliorant son empreinte environnementale.
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal avait dans ses cartons un projet de centre de tri des matières résiduelles depuis les quatre dernières années. Ouvert depuis quelques semaines, celui-ci achemine les déchets de l’Institut dans un local établi sur place pour les trier et les comprimer dans des ballots.
« Puisque l’Institut a sa mission en santé mentale, c’était vraiment le lieu le plus propice pour créer ce petit centre de tri, parce qu’il a une double mission, soit de combiner le volet social en insertion socioprofessionnelle et le volet environnemental en saine gestion de nos matières », explique Charlotte Cordier, agente de programmation, planification et recherche en développement durable et santé environnementale.

Charlotte Cordier, agente de programmation, planification et recherche en développement durable et santé environnementale pour le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (LinkedIn)
En effet, les personnes qui prennent part à ce projet proviennent de la clientèle de l’IUSMM. À ce titre, elles peuvent parfois connaître des difficultés à se trouver du travail et être « éloignées du marché de l’emploi » depuis plus ou moins longtemps, souligne l’employée de l’Institut.
Pour l’instant, ce sont deux employés qui travaillent au centre de tri, accompagnés d’Une éducatrice spécialisée. Toutefois, à plus long terme, on anticipe qu’entre quatre et six employés pourraient participer.
Auparavant, l’IUSMM payait un tiers parti pour trier ses déchets. Mais avec l’arrivée du centre, il peut maintenant vendre les ballots produits sur place à une entreprise de recyclage. Selon des données fournies par le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, le volume de papier et de carton traité au centre de tri qui était autrement géré par des fournisseurs privés s’élève à 135 tonnes métriques par an.
Ainsi, le projet dont le coût total tourne autour de 500 000 $ – incluant l’achat de la machinerie pour produire les ballots – permettra de réaliser des économies substantielles, estime Mme Cordier. « Les ballots [vendus], ça permet de nous autofinancer. C’est un projet qui est vertueux, parce qu’on peut s’assurer que la matière est bien conditionnée et on travaille directement avec les recycleurs », affirme Mme Cordier.
Plusieurs initiatives vertes au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
En moyenne, un CIUSSS produit environ 7 000 tonnes de déchets par année, un nombre qui varie selon les installations.
En ce qui concerne le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, il s’agit du deuxième plus grand employeur de l’Est, avec 19 000 travailleurs et des centaines de milliers de visites dans ses hôpitaux et CLSC par année. En plus de l’IUSMM, ce CIUSSS gère 2 hôpitaux – Maisonneuve-Rosemont et Santa-Cabrini –, ainsi que l’Institut universitaire d’hémato-oncologie et de thérapie cellulaire, 2 centres de recherche, 8 CLSC, 15 CHSLD, 5 centres de jour et 1 maison de naissance.
Cela représente donc une importante quantité de déchets à gérer, contextualise l’employée du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.
« Dans le milieu hospitalier, on a des défis différents des autres types d’industries, parce que nous avons vraiment toute une panoplie de matières à gérer. On a des déchets chimiques en provenance des laboratoires, qui n’ont pas forcément d’avenue écologique pour leur fin de vie, mais on a aussi des matières organiques, tout comme un restaurant. On a du « pêle-mêle » dans les bureaux, du papier, du carton, des canettes, etc., mais on a aussi des articles biomédicaux, piquants et tranchants dans les services cliniques. (…) J’ai plus d’une vingtaine de matières à superviser et à essayer de mener à une fin de vie la plus écoresponsable possible », indique Mme Cordier.

L’ilot de tri de la cafétéria de l’Hôpital Santa-Cabrini (Courtoisie)
Comme les matières à traiter sont si diverses et parce que ce CIUSSS peut intervenir sur plusieurs axes pour améliorer son empreinte écologique, il n’est pas surprenant de constater que le centre ait mise en place plus d’une trentaine d’initiatives en développement durable et santé environnementale.
Toujours en ce qui concerne la gestion des matières résiduelles, Mme Cordier donne en exemple le déploiement de petits bacs de recyclage pour les piles (les batteries). « Ça peut paraître banal, mais en fait, mal les récupérer, ça peut engendrer des feux si elles se retrouvent dans un compacteur à déchets », insiste l’employée du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.
D’après cette dernière, l’établissement s’est fixé des cibles dans son plan de gestion des matières résiduelles, incluant celui d’augmenter de 15 % les matières recyclables récupérées, qui pour l’instant finissent aux poubelles.
Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal s’acharne aussi à réduire sa consommation et à réutiliser le plus d’articles possible. Entre autres, l’administration a établi un partenariat avec l’organisme luttant pour la sécurité alimentaire La Tablée des Chefs. « On leur fait don petit à petit de nos surplus alimentaires provenant de nos centres hospitaliers et de nos CHSLD, afin que nos surplus alimentaires finissent dans des organismes, préférablement du secteur de l’Est », termine Mme Cordier.







