Une image de synthèse du PSE (Photo : courtoisie ARTM)

Front commun pour du transport structurant dans l’est

Des élus de l’est de Montréal ainsi que des membres de la société civile ont rappelé aux candidats dans la course électorale le besoin de réseaux de transports collectifs efficaces dans le secteur.

La mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent (Photo : Courtoisie)

La mairesse de la Ville de Montréal-Est, Anne St-Laurent, ainsi que le maire de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT), Denis Pelletier, ont plaidé pour cette cause lors d’un rassemblement organisé samedi dernier par la CDC de la Pointe et l’organisme Trajectoire Québec.

« On veut un PSE (Projet structurant de l’Est) pour désenclaver l’est, mais aussi parce qu’il serait essentiel au redéveloppement prévu du secteur. Il faudra des transports disponibles 24 h sur 24, sept jours sur sept dans les deux directions », a souligné Mme St-Laurent. Celle-ci souligne que les entreprises qui voudront s’établir dans un futur proche devront embaucher au-delà de l’est de la métropole.

« Avec les millions de dollars qui ont été investis dans l’élaboration du PSE, il faut que celui-ci réponde aux besoins des citoyens », rappelle la mairesse. Si elle ne privilégie pas de mode spécifique pour le projet, il est important que celui-ci soit rapide et assure une connexion à la ligne verte du métro, tout en incluant une station sur le territoire de Montréal-Est.

Pour sa part, Jonathan Roy, directeur général de la CDC de la Pointe, rappelle que le secteur communautaire désire pouvoir intervenir dans les milieux de vie qui seront créés dans le cadre d’un éventuel redéveloppement de l’est, et que cela ne pourra se faire sans transports collectifs structurants.

« Il y a une belle occasion de créer du logement communautaire et social. On parle d’un potentiel de développement de 10 000 logements dans l’est », affirme-t-il. À l’instar de la mairesse, il souhaite un mode de transport rapide et assurant des déplacements non seulement vers le centre-ville, mais aussi entre les quartiers de l’est.

Le PQ présente sa version du PSE

Pour sa part, le chef du Parti Québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a présenté lundi sa vision du Projet structurant de l’Est.

Le candidat a fait cette annonce devant la station Honoré-Beaugrand, dernier arrêt à l’extrémité est de la ligne verte du métro de Montréal. Celui-ci s’est ainsi engagé à mettre fin aux « sous-investissements dans l’est de Montréal ».

CDPQ Infra serait ainsi le maître d’œuvre du projet dans les plans du PQ. M. St-Pierre Plamondon assure que « l’intérêt public [sera] toujours respecté », mais que le mot final reviendra aux experts, qui, à son avis, ne dérogeront pas aux moutures précédentes.

Le tracé proposé par le PQ pour le PSE. (Photo : Emmanuel Delacour/EMM)

En effet, le PSE est passé par plusieurs versions avant que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ne dépose en 2024 une version finalement approuvée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Celui-ci prenait la forme d’un tramway reliant Montréal-Nord ainsi que Repentigny (en passant par Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est) au réseau du métro de Montréal à la hauteur de 18,6 milliards.

Le tracé proposé par le PQ est donc plus sobre. Il partirait en ligne droite de Pointe-aux-Trembles jusqu’à la station Honoré-Beaugrand en surface avec une portion souterraine dans le quartier de Tétreaultville à partir d’une station autour du Faubourg Contrecœur et du boulevard George V.

Un raccordement intermodal avec la gare de Pointe-aux-Trembles serait aussi prévu. Cette première phase serait lancée en 2028, suivant la fin du chantier du REM de l’Ouest en 2027, aussi piloté par CDPQ Infra.

M. St-Pierre Plamondon a fait l’annonce concernant le PSE lundi, entouré de candidats du PQ dans l’est de Montréal. (Photo : Emmanuel Delacour/EMM)

Cette version mettrait donc de côté une antenne du PSE vers Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies.

« Je préfère avoir des engagements qui sont prudents, mais qu’on va livrer pour retrouver la confiance [des Québécois] », a indiqué M. St-Pierre Plamondon, faisant référence aux nombreuses versions du projet mortes dans l’œuf durant les années du gouvernement de la CAQ.

Une deuxième phase poursuivrait le tracé jusqu’à la ville de Repentigny pour le raccorder au projet immobilier Avantia.

De plus, le chef du PQ entrevoit que ce ne sera pas CDPQ Infra qui assumera le rôle d’opérateur de ce REM dans l’est, croyant que l’expertise de l’entreprise se trouve plutôt dans la planification de projets. Un appel d’offres serait donc lancé pour trouver un opérateur.

Le coût estimé du PSE du PQ s’élèverait à 3 et 5 milliards de dollars, a avancé M. St-Pierre Plamondon.

Par ailleurs, en matière de transports dans l’est, celui-ci s’est aussi engagé à accroître les efforts d’entretien des infrastructures du métro de Montréal, incluant le remplacement des trains M-73 par des trains Azur. Les rames de métro désuètes arriveraient en fin de vie utile d’ici 2035, a-t-il fait savoir.

En outre, le PQ souhaite mener une étude évaluant la possibilité de raccorder les stations de métro Anjou et Honoré-Beaugrand.

Un peu plus tôt en septembre, la Première ministre du Québec et cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, a elle aussi lancé l’idée de créer un REM reliant la station de métro Honoré-Beaugrand et Repentigny, piloté par CDPQ Infra. Les informations publiées par La Presse et L’Actualité ne révèlent pas le budget prévu de la vision de la CAQ pour ce projet, ni si le tracé irait rejoindre les quartiers de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies.

Le 22 septembre, le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, annonçait quant à lui qu’un gouvernement libéral « réunira les différents ordres de gouvernement, les acteurs du milieu et la population afin de dégager un consensus politique et social autour d’un véritable réseau de transport collectif structurant et intégré pour desservir l’est, qu’il s’agisse d’un REM ou d’un tramway ».