L’accès d’une ruelle bloqué dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie (Stéphane Plante/EMM)

DES FERMETURES D’ACCÈS AUX RUELLES POUR AMÉLIORER LA SÉCURITÉ DES RÉSIDENTS

Lors du conseil d’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, tenu le 3 juin, des mesures d’apaisement de la circulation ont été entérinées afin de renforcer la sécurité des résidents. Des accès aux ruelles seront donc bloqués afin d’empêcher les automobilistes de les utiliser comme voies de transit.

En tout, ce sont 13 ruelles de VSP qui seront ainsi sécurisées au cours des prochains mois. Pour bloquer certains accès aux ruelles, des bacs à fleurs de béton et des bollards seront installés à certaines entrées. 

Laurence Lavigne Lalonde, mairesse de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (EMM/Emmanuel Delacour)

Depuis quelque temps, citoyens et élus s’inquiètent de la circulation automobile dans les ruelles, utilisée pour contourner les feux de circulation ou les sens uniques. La situation devenait d’autant plus préoccupante pour les familles du secteur. « Ça fait très longtemps que les ruelles sont utilisées par les enfants pour jouer, pour échanger. Les plus beaux souvenirs, c’est les enfants qui jouent au hockey dans les ruelles à Montréal. Ça fait partie de notre histoire », commente Laurence Lavigne Lalonde, mairesse de l’arrondissement de VSP.  Selon cette dernière, les nouvelles mesures vont favoriser « des milieux de vie plus apaisés où les citoyens peuvent se rencontrer, échanger de manière plus sécuritaire. »

L’élue tient toutefois à préciser que les ruelles ne seront jamais fermées complètement. « On a souvent des ruelles qu’on dit en H, avec quatre entrées, quatre accès. Dans certains cas, on va fermer un accès ou deux pour éviter que les gens qui n’ont pas d’affaires dans la ruelle l’empruntent pour éviter le trafic sur une rue ou éviter une lumière. »   

François Limoges, maire de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie (Courtoisie)

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie (RPP) avait aussi mis en place un programme de sécurisation des ruelles dès 2023. L’objectif était le même : éviter que les automobilistes se servent des ruelles comme raccourci. « Le règlement dit qu’on n’est pas supposés circuler dans les ruelles, à part si on doit se rendre à l’intérieur pour un stationnement, par exemple. Mais on le sait, on le voit, les gens sont impatients. Ils voient un feu rouge et ils vont utiliser n’importe quoi comme raccourci », observe François Limoges, maire de l’arrondissement de RPP. « On veut que les ruelles soient des milieux de vie où les enfants peuvent jouer, se sentir en sécurité », souligne-t-il.

Pour l’arrondissement de VSP, ce sont des citoyens qui ont interpellé directement les élus pour contrer la circulation automobile dans les ruelles. L’arrondissement a donc élaboré un plan d’apaisement secteur par secteur. « Les citoyens ont été amenés à contribuer en identifiant sur une carte les endroits qui, selon eux, étaient dangereux. C’est comme ça qu’on a ciblé les endroits où on allait faire des interventions », souligne la mairesse. 

Pour ce qui est de l’arrondissement de RPP, des fermetures partielles de ruelles avaient été menées avant 2023, à la suite d’initiatives citoyennes. Selon le maire de l’arrondissement, le processus pour parvenir à bloquer certains accès prenait alors beaucoup plus de temps. « Ça prenait une consultation de tous les résidents. Puis, il fallait une sorte de référendum. Il fallait que non seulement il y ait un seuil de résidents consultés, mais il fallait qu’il y ait une majorité qui se prononce en faveur. C’est un processus qui était extrêmement lourd. »

M. Limoges et son équipe se sont vite affairés à simplifier les étapes pour bloquer les accès à certaines ruelles. Pour le maire, c’était avant tout une question de sécurité. « Quand on est arrivé à l’arrondissement en 2021, on trouvait que c’était inconcevable qu’on oblige un processus aussi lourd pour assurer la sécurité des gens qui veulent profiter de la ruelle. On a dit : “On ne consultera plus. On va fermer les ruelles.” On en a fermé 32 en 2023, 12 en 2024 puis on va continuer d’en fermer cette année. »

Des accès plus verts 

Les bacs fleuris installés pour empêcher le transit des automobilistes incitent parfois les citoyens à embellir leur ruelle. « On va venir fermer un accès, mais souvent les gens vont venir verdir autour de cet endroit. Puis, ils vont en profiter pour venir le transformer, le rendre plus vert, faire du jardinage, mettre des plantes qui vont favoriser les pollinisateurs ou capter des eaux de pluie », mentionne Mme Lavigne Lalonde. 

À l’arrondissement de RPP, on utilise aussi les bacs végétalisés pour la fermeture des ruelles. « Ça permet effectivement de jardiner, de verdir. Ça embellit le quartier aussi. Pour nous, il n’y a que des avantages », affrime M. Limoges. 

Répondre aux inquiétudes de certains résidents

Est-ce que les mesures d’apaisement des ruelles pourraient susciter des inquiétudes chez certains citoyens? Là-dessus, Mme Lavigne Lalonde est confiante qu’une bonne communication saura calmer le jeu. « Probablement qu’une fois que l’information sera rendue aux citoyens, il y aura quelques personnes qui vont nous contacter parce qu’ils vont avoir des questions. Est-ce que je vais avoir encore accès à ma ruelle? Si j’ai des travaux à faire, est-ce que ça va être possible ? On sera là pour y répondre. »

M. Limoges reconnaît que certaines mesures ont suscité des réticences chez des résidents de l’arrondissement, mais il n’entend pas revenir sur son plan. « On change leurs habitudes parce qu’ils sont obligés de passer par une autre sortie de la ruelle. On les entend, mais on ne transigera pas avec la sécurité. La sécurité des résidents, des riverains, des enfants, des familles, c’est non négociable », conclut-il.