
(Depositphotos)
12 juin 2025ÉPICERIE AU FAUBOURG CONTRECŒUR : UN PERMIS OFFICIELLEMENT ACCORDÉ AU PROJET
La saga de l’ouverture de l’épicerie tant attendue au Faubourg Contrecœur tire-t-elle à sa fin? Après plus de quinze années d’attente, les résidents peuvent enfin voir la lumière au bout du tunnel, puisque l’arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve (MHM) a finalement été en mesure d’octroyer un permis de construction au propriétaire du terrain commercial situé sur le site.

Pierre Lessard-Blais, maire de l’arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve (Courtoisie)
Le projet résidentiel qui avait été lancé en 2009 promettait depuis ses débuts la présence d’un marché d’alimentation sur les lieux. Mais, pour de multiples raisons, l’offre commerciale ne s’est jamais concrétisée, alors que les citoyens du secteur vivent dans un désert alimentaire.
« Le grand drame du Faubourg Contrecœur et des déceptions citoyennes, c’est que dès 2012, il y a eu des promesses de la part du promoteur (du Faubourg) qui voulait vendre des maisons de ville et des condos. (…) Le promoteur promettait une épicerie dès 2015, 2016. Cela dit, les premiers plans et demandes d’autorisation de Sobeys n’ont été déposés qu’en 2018 après être passés par un processus de consultation publique en 2017 », résume le maire de MHM, Pierre Lessard-Blais.
Ce processus, qui a lieu avant l’élection du maire actuel, a ensuite envoyé le projet devant le comité consultatif d’urbanisme (CCU) de l’arrondissement pour analyser une demande de projet particulier qui fut à cette époque refusée. La configuration du stationnement, de ses entrées, ainsi que la question de la sécurité des piétons font entre autres adopter un avis défavorable à l’unanimité par les membres du CCU, explique M. Lessard-Blais.
Une nouvelle mouture du projet est ensuite déposée en 2020 par Sobeys, mais des « doutes » de l’entreprise sur le contexte économique en période de pandémie mettent un frein à l’avancement du dossier. Une autorisation est en effet émise en 2021 par MHM pour lancer les travaux, mais le chantier ne démarre pas.
En décembre 2023, EST MÉDIA Montréal rapportait que le conseil d’arrondissement avait voté en faveur d’une extension de 60 mois pour les délais de début de construction du chantier, alors expirés. Cette nouvelle annonçait selon toute vraisemblance le commencement imminent des travaux et on prévoyait l’ouverture de l’épicerie en 2026.
Puis, revirement de situation en décembre 2024 : on apprend que Sobeys n’a pas transmis à temps les plans et les documents requis par l’arrondissement pour procéder. En effet, rien n’avance sur le site depuis plusieurs mois, alors qu’on s’attendait à ce que le chantier soit en marche depuis l’été. Contacté par EMM, Sobeys affirmait alors avoir repoussé le lancement des travaux à l’été 2025.

Le terrain du site Contrecoeur visé par le projet commercial de Sobeys (Archives EMM)
18 mois pour commencer
Selon M. Lessard-Blais, la balle est désormais dans le camp de l’entreprise. Ayant obtenu son permis de construction, celle-ci devrait commencer les travaux dans un délai de 18 mois.
« Cependant, ce qu’on entend de la part du promoteur, c’est un enthousiasme pour ce projet-là et qu’il veut le démarrer rapidement », insiste le maire. Selon lui, Sobeys souhaiterait que les pépines soient sur le site dès cet été.
EMM a tenté de rejoindre Sobeys, mais, au moment d’écrire ces lignes, l’entreprise n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue. Ajout: Sobeys nous confirme que les travaux seront lancés d’ici la fin de cet été et que l’ouverture de l’épicerie est prévue pour l’été 2026.
Toutefois, selon le maire, le projet qui ira de l’avant sera semblable à ce qui a été proposé par l’entreprise en 2021, soit un marché d’alimentation IGA Extra, prévu au 3553, rue De Contrecœur. D’autres bâtiments commerciaux sur le terrain pourraient éventuellement accueillir entre trois et six commerces de proximité plus petits.
Pour sa part, le conseiller de ville du district de Tétreaultville pour Ensemble Montréal, s’est réjouit de la nouvelle. « Près d’une décennie après le dépôt du projet initial et 18 mois après le dépôt de la demande de permis auprès de l’arrondissement de Mercier—Hochelaga—Maisonneuve, j’accueille avec joie l’émission du permis à Sobeys. Cela permettra enfin à l’entreprise à pouvoir commencer les travaux au Faubourg Contrecœur, qui inclura notamment une épicerie », indique Julien Hénault-Ratelle.
« Il s’agit d’un secteur qui a trop longtemps été un désert alimentaire. Ce projet permettra certainement de dynamiser le secteur et d’offrir à la population des commerces de proximité », ajoute-t-il.
Leçons à tirer
L’attente aura donc été longue pour les résidents du quartier, surtout depuis la fermeture en 2023 du seul autre important détaillant d’alimentation dans le secteur, un marché Tradition, qui était situé sur la rue Sherbrooke Est.
Aurait-on pu faire les choses autrement, notamment pour accélérer le projet à l’arrondissement? Devant cette question, M. Lessard-Blais tire plusieurs conclusions. « On a souvent tendance à faire porter toute la responsabilité de la réalisation d’un projet sur la municipalité, alors que celle-ci n’est pas le seul acteur pour en assurer la réussite », nuance d’entrée de jeu le maire.

Une proposition d’aménagement de l’épicerie du Faubourg Contrecoeur (Image Courtoisie MHM)
Un chantier d’une telle envergure exige beaucoup de vérifications administratives, note-t-il. Par exemple, le service de l’eau de la ville-centre a été impliqué dans le dossier afin de vérifier l’impact du projet sur le système des égouts.
« C’est un dossier qui m’a beaucoup sensibilisé à l’importance d’avoir une division de l’urbanisme efficace », assure l’élu. MHM a fortement réduit les délais dans l’octroi de ses permis depuis 2022 et, aujourd’hui, se tarde du fait de les accorder en moins d’une semaine pour la moitié d’entre eux.
« Le CCU donne aussi désormais des avis préliminaires pour rapidement envoyer un message à un promoteur et on essaie de réduire les deuxièmes passages de projet devant le CCU. Ces différents outils font en sorte que notre arrondissement est plus performant en termes d’octroi de permis », insiste M. Lessard-Blais.







