
Le nouveau pavillon de l’Entrepreneuriat et de l’innovation est situé au 1250, rue Sanguinet (Courtoisie Nathalie St-Pierre, UQAM)
1 octobre 2025Entrepreneuriat et innovation : un nouveau pavillon de l’UQAM voit le jour au centre-ville
L’Université du Québec à Montréal (UQAM) a ouvert officiellement les portes d’un tout nouvel édifice en plein cœur de la métropole, une première depuis une décennie. Situé au 1250, rue Sanguinet, le pavillon de l’Entrepreneuriat et de l’innovation se veut un lieu rassembleur, pour les étudiants, mais aussi pour les entrepreneurs qui y auront accès.
EST MÉDIA Montréal a pu visiter les lieux qui ont récemment accueilli leur première cohorte en juin 2025. Les classes, salles de travail et espaces communs sont modernes, bien connectés et surtout modulables, une nécessité pour faire le saut dans le XXIᵉ siècle, nous explique Komlan Sedzro, doyen de l’École des sciences de la gestion (ESG UQAM).
« On voulait être tournés vers l’avenir. (…) Aussi (l’objectif), c’est de donner un sentiment d’appartenance, un sentiment de confiance à nos étudiants que l’enseignement qu’ils ont reçu ici est aussi bon que n’importe où ailleurs », souligne-t-il.
Le gouvernement du Québec a investi 41 M $ dans ce projet, la Fondation de l’UQAM a ajouté 5 M $ et l’Université a investi environ 3 M $ supplémentaires pour un financement totalisant près de 49,1 M$. Une partie de cette somme servira au futur chantier du tunnel qui passera sous la rue Sanguinet.
« En 2016, j’avais écrit à la ministre de l’époque, Hélène David, pour lui parler de ce projet-là d’un bâtiment emblématique pour l’ESG. J’en étais alors le doyen, et je rêvais d’un lieu pour l’entrepreneuriat, pour l’innovation, mais aussi avec des salles de cours hypermodernes et des espaces de travail collaboratifs qui étaient propices à la rencontre », raconte Stéphane Pallage, recteur de l’UQAM.

De grands espaces de rencontre ont été prévus pour favoriser les échanges entre les étudiants (Courtoisie Nathalie St-Pierre, UQAM)
Lors du parcours, plusieurs salles munies de volets en verre amovibles ont été mises à la disposition des visiteurs. Ceux-ci permettent en somme d’ouvrir ou de fermer certains espaces selon l’utilisation du moment. Besoin d’une salle de réunion privée? Il est possible de « déplier » les panneaux pour fermer les lieux. Besoin d’un espace pour tenir réception avec plusieurs gens d’affaires? Les murs sont « rangés » pour ouvrir l’endroit et le rendre un peu plus informel et propice aux échanges spontanés.
En effet, le pavillon accueille les programmes de cycles supérieurs en gestion, dont le MBA, la maîtrise en gestion de projet et la maîtrise en finance appliquée. Il héberge également le Centre d’entrepreneuriat de l’École des sciences de la gestion, l’ESG+, pour les activités de formation continue et le pôle de services de soutien aux études et à la recherche destinés aux étudiants et étudiantes de l’École aux 1ᵉʳᵉ, 2ᵉ et 3ᵉ cycles.
Les étudiants du MBA auront accès à des espaces qui leur sont réservés durant la fin de semaine, l’édifice étant accessible sept jours sur sept. On souhaite ainsi en faire « un véritable incubateur d’idées, propice à la création de jeunes pousses, d’équipes de recherche et à la préparation des équipes étudiantes aux Jeux du commerce ».

De gauche à droite: Isabelle Bergeron, architecte, Service de la planification et des projets immobiliers UQAM, Mehran Ebrahimi, professeur au Département de management et vice-doyen à la recherche à l’ESG UQAM, Komlan Sedzro, doyen de l’ESG UQAM et Stéphane Pallage, recteur de l’UQAM (Emmanuel Delacour/EMM)
« Aujourd’hui, l’apprentissage ce n’est pas comme avant, où l’on allait s’asseoir dans une salle et puis le prof va nous donner le cours. Aujourd’hui par exemple, quand on prend nos étudiants de MBA qui viennent de domaines différents, que ce soit du monde bancaire, industriel ou agroalimentaire, on ne se limite pas seulement à ce que le prof va dire aux étudiants. On veut faire en sorte que les étudiants apprennent entre eux », ajoute Mehran Ebrahimi, professeur au département de management et vice-doyen à la recherche à l’ESG UQAM.
Patrimoine préservé
Quoiqu’il soit moderne, l’édifice permet aussi de conserver un lieu patrimonial du centre-ville, soit l’ancienne école primaire Alexandra, construite en 1910. Ainsi, les architectes des firmes NFOE et EVOQ ont réimaginé le bâtiment en agrandissant ses murs, surtout à l’arrière, là où se trouvait l’ancienne cour d’école. La façade, ornée de pierres sculptées d’époque, a été préservée elle aussi.

Les murs de l’ancienne école Alexandra ont été préservés (Courtoisie Nathalie St-Pierre, UQAM)
« L’avantage de ce pavillon-là, c’est qu’on reprend toute l’essence de ce qui était la première école (…) On garde le même volume. On a récupéré la cour extérieure qui est devenue intérieure. On l’a célébrée en l’ouvrant vers le haut, en gardant tout le temps un lien lumineux (pour faire entrer) la lumière naturelle au centre (de cet espace) », souligne Isabelle Bergeron, architecte au service de la planification et des projets immobiliers de l’UQAM.
Elle rappelle que 20 % des étudiants en gestion du Québec passent par les classes de l’ESG et que 120 000 d’entre eux y ont obtenu un diplôme depuis sa fondation, soit plus que n’importe quelle autre école de gestion au pays.
Aux trois étages déjà existants en ont été rajoutés deux autres, construits avec une certaine « légèreté » en tête, ajoute Mme Bergeron. Beaucoup de grandes baies vitrées et des murs-rideaux en façade, qui permettent encore une fois de laisser passer beaucoup de lumière naturelle. L’ajout de volume a permis de créer 6000 m² de superficie nette.
Par ailleurs, un projet de tunnel pour relier le 1250, rue Sanguinet à l’immeuble en face est dans les cartons. Cela permettrait aux étudiants d’accéder rapidement au pavillon J.-A.-DeSève, qui abrite déjà des activités de l’ESG UQAM. Les demandes de permis ont été envoyées à la Ville de Montréal, qui devrait éventuellement procéder à des travaux d’infrastructure sous la rue Sanguinet. « Il y aurait une opportunité de se joindre à ses travaux, pour ne pas les faire deux fois. On est en planification », affirme Mme Bergeron.
Enfin, les étudiants bénéficient de laboratoires à la fine pointe de la technologie, d’écrans interactifs et de mobilier modulable fabriqué au Québec, ce qui est idéal pour réaliser leurs travaux de recherche. De plus, une terrasse panoramique au quatrième étage leur offre une vue imprenable sur le centre-ville.






