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Élection provinciale : le Projet structurant de l’Est doit être au-dessus de la pile des priorités dit la CCEM

La question du transport sera la priorité absolue de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) durant la campagne électorale, celle-ci demandant aux candidats de prendre des engagements clairs pour lancer le Projet structurant de l’Est (PSE) dès la première moitié du prochain mandat.

C’est ce qui ressort d’un document rédigé par la CCEM qu’a pu consulter en exclusivité EST MÉDIA Montréal dans lequel on résume les enjeux principaux pour ce secteur de la métropole dans le cadre du scrutin prévu le 5 octobre.

Ainsi, c’est sans détour que la CCEM met en lumière une seule priorité en cette période électorale : la réalisation du PSE. « La revitalisation de l’est de Montréal est en marche, mais elle a besoin d’une colonne vertébrale et le PSE est absolument nécessaire pour attacher tous les autres projets qui vont de l’avant », synthétise Jean-Denis Charest, président-directeur général de la CCEM.

Ne plus revenir à la table à dessin

Ce dernier constate qu’il n’a fallu qu’une dizaine d’années pour construire le REM de l’Ouest, ce réseau sur rail de 67 km reliant Deux-Montagnes, Anse-à-l’Orme, Brossard, et éventuellement l’aéroport Montréal-Trudeau au centre-ville de Montréal. Toutefois, le projet n’avance « vraiment pas au rythme nécessaire » du côté de l’est. En effet, c’est en 2018 qu’on a commencé à planifier le PSE, autrefois Réseau express métropolitain (REM) de l’Est, et « dans le meilleur des mondes, on nous dit que peut-être qu’il y aurait quelque chose en 2036 », se désole M. Charest.

Jean-Denis Charest, PDG de la CCEM (courtoisie)

Ne voulant plus de promesses vagues à ce sujet, ce dernier demande ainsi des certitudes de la part des partis dans la course électorale. « Le prochain gouvernement va devoir confirmer un mode performant, un tracé, une gouvernance et le mode de financement dans les 12 premiers mois de son mandat. Le Projet structurant de l’Est doit être au-dessus de la pile. Par la suite, on s’attend à ce que les premiers appels d’offres pour un projet partent à l’intérieur de 24 mois », martèle le PDG de la CCEM.

Il y a eu assez d’études et de discussions dans les dernières années pour aller de l’avant, juge-t-il, ajoutant que le prochain gouvernement devrait être en mesure de livrer le projet dans un délai de huit ans suivant le scrutin du 5 octobre 2026.

Effectivement, depuis 2018, trois moutures du REM de l’Est, puis PSE ont été présentées. Un premier tracé reliant le réseau au centre-ville pour environ 10 milliards de dollars était d’abord piloté par CDPQ Infra.

Le concept est tombé à l’eau à la suite d’une contestation populaire, notamment à l’égard d’une portion aérienne du réseau sur le boulevard René-Lévesque, dans Ville-Marie.

C’est ensuite l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) qui a repris le dossier, proposant d’abord un tracé entièrement souterrain au coût de 36 milliards de dollars. La facture, trop élevée pour le gouvernement de François Legault, a poussé le premier ministre à demander à l’ARTM de retourner à la table à dessin.

Enfin, au début de 2024, c’est un mode de tramway qui est proposé par l’ARTM, avec un tracé dans les axes du boulevard Lacordaire et de la rue Sherbrooke Est, entre le cégep Marie-Victorin et la gare de Pointe-aux-Trembles. Le réseau entièrement en surface s’étendrait sur 31 km avec 28 stations pour une facture de 13 milliards de dollars.

« On ne peut plus se cacher derrière les études », insiste M. Charest, qui croit que le prochain gouvernement aura toutes les données en main pour choisir le mode le plus efficace.

Des engagements concrets

« La crédibilité de tout engagement électoral envers Montréal reposera d’abord sur un engagement formel, budgété et irréversible envers le PSE », souligne-t-on dans le document de recommandations de la CCEM.

En août dernier, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, indiquait en marge des célébrations du 60e anniversaire du métro de Montréal qu’elle privilégiait l’option d’un REM pour l’est, selon les informations de La Presse et du Devoir. M. Charest est d’accord avec l’élue et trouve positif la venue de ce mode de transport, sans exclure toutefois la possibilité qu’un tramway puisse être efficace dans l’est.

Le PDG croit aussi que les discussions et études précédentes ont permis de prendre le pouls de la population quant à la forme que devra adopter le PSE. S’inquiète-t-on d’une nouvelle levée de boucliers de la part de citoyens insatisfaits des plans qui seront finalement déposés? Tous ces éléments ont été pris en considération dans le passé et, avec la Ville de Montréal à la table, on peut s’assurer d’avoir le meilleur projet possible, affirme-t-il.

« À vouloir le projet parfait, on n’a pas de projet. On veut un bon projet qui se fait rapidement et qui va livrer nos objectifs, que ça soit en termes de performance, d’intégration urbaine et pour lesquels on aura identifié un mode de financement qui permet d’aller de l’avant », dixit M. Charest. D’ailleurs, celui-ci souhaite que le modèle financier soit différent de celui du REM de l’Ouest.

La CCEM tiendra un débat le 22 septembre prochain avec des représentants des principaux partis dans la course. Bien que la question du PSE sera mise de l’avant, le PDG espère aussi des engagements pour la création d’un fonds tripartite de la part des gouvernements fédéral et provincial et de la Ville de Montréal à la hauteur de 100 M$, afin « de permettre au groupe d’action sur l’est de Montréal d’avoir des moyens pour accélérer des actions spécifiques qui vont être porteuses autour des grands actifs stratégiques de l’est de Montréal. »

Dans son document résumant ses préoccupations pour l’est de Montréal, la CCEM recommande des investissements importants et des engagements pour les diverses infrastructures du secteur, notamment le Stade olympique, l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et le Port de Montréal. En outre, les questions des crises du logement et de l’itinérance, dans lesquelles l’est est représenté en « prépondérance », doivent être abordées par les candidats, puisqu’il s’agit de responsabilités provinciales, rappelle M. Charest.

« On n’est plus à rêver la revitalisation de l’est de Montréal, on est à la faire et à l’accélérer et à saisir les opportunités. Et en ce sens-là, les partis devront avoir des engagements concrets sur comment ils entendent saisir ces opportunités-là. On va avoir de très grandes attentes », conclut le PDG de la CCEM.