
Soraya Martinez Ferrada (Emmanuel Delacour/EMM)
4 septembre 2026Élection provinciale : il faut développer le « réflexe Montréal » affirme Soraya Martinez Ferrada
Tandis que l’élection provinciale bat son plein, la mairesse de la métropole, Soraya Martinez Ferrada, réclame aux partis dans la course de donner à la grande région de Montréal sa juste place dans le débat. Elle a accordé une entrevue à EST MÉDIA Montréal pour nous faire part de ses préoccupations pour l’est de Montréal.
« À tous les partis politiques, je demande que Montréal devienne un réflexe. La grande région métropolitaine de Montréal, c’est le poumon économique du Québec. C’est un poumon qui fonctionne avec tous les autres organes que sont les régions. Je veux qu’on arrête de polariser la conversation entre régions et la ville », affirme l’élue.
En ce qui a trait à l’est de Montréal, la mairesse souligne que le secteur représente un vaste territoire, aussi important démographiquement que la Ville de Québec, dont une grande portion reste à développer. « Il va y avoir d’innombrables opportunités de développement qui vont contribuer à la prospérité du Québec », rappelle l’élue.
Ces opportunités demanderont toutefois la construction et remise à niveau d’infrastructures dans l’est, notamment en ce qui concerne les transports. À l’instar du président-directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, Jean-Denis Charest, Mme Martinez Ferrada souhaite que le Projet structurant de l’Est (PSE) soit lancé rapidement à la suite du scrutin du 5 octobre.
« Il y a eu pour 100 M$ d’études payées, donc je pense qu’on a énormément de connaissances et d’expertise, autant au niveau de Transgesco qui a fait la ligne bleue, de CDPQ ou de Mobilité Infra Québec. On peut donc aller vite si on a la volonté politique de le faire », assure la mairesse.
De plus, celle-ci aimerait voir un modèle de Réseau express métropolitain (REM) remis sur la table et elle se réjouit du fait que la première ministre sortante, Christine Fréchette, a cette semaine ouvert la porte à un projet de REM qui relierait la station de métro Honoré-Beaugrand à la ville de Repentigny.
« J’ai récemment demandé que ce soit intermodal, donc connecté à une ligne du métro, sachant que nous aurons à travailler tout un système de transport rapide par bus pour justement enlever de la pression à la ligne verte, notamment avec le SRB Pie IX », explique la mairesse. Afin d’encourager les voyageurs à laisser de côté leur automobile, elle espère aussi que le PSE puisse se rendre jusqu’à la rive nord, dans les banlieues de Repentigny et de l’Assomption.
Redévelopper de grands lopins de terre, tels que les anciens terrains d’Esso récemment acquis par le gouvernement du Québec à la hauteur de 123 M$, demandera des investissements de la part du prochain gouvernement du Québec au niveau des infrastructures de base, rappelle Mme Martinez Ferrada.
« Il faut qu’il y ait un travail sur les infrastructures (…) nous ne pourrons pas développer si les terrains n’ont pas d’eau, d’électricité ou d’égouts », résume l’élue. Ces enjeux font partie des dossiers priorisés par le Groupe d’action pour le développement de l’Est de Montréal, concertation entre les élus et les acteurs du secteur, soutient-elle.
D’ailleurs, en ce qui concerne les sept millions de pieds carrés de l’ancien terrain d’Esso, la mairesse souhaite y voir apparaître de véritables milieux de vie, avec des opportunités d’emploi, de l’habitation, du transport et des parcs. « Il faut qu’on crée des milieux de vie qui font que le lieu devienne attractif. Et je pense que l’est de Montréal a la capacité de venir développer ces milieux de vie de façon intelligente et planifiée », insiste-t-elle.
Rue Notre-Dame et itinérance
Voie névralgique sur le territoire, la rue Notre-Dame est au cœur des discussions que devra entreprendre le prochain gouvernement du Québec avec la Ville de Montréal. Après avoir dénoncé les nombreux nids de poule sur la voie en début d’année, l’administration de la mairesse a entrepris son resurfaçage à la hauteur de 4,2 M$ dans les derniers mois.
Toutefois, Mme Martinez Ferrada reconnait qu’il est désormais nécessaire de « réfléchir sur quels aménagements on souhaite y avoir pour qu’on puisse, notamment, y intégrer du transport collectif.» Un bureau de projet pour la rue Notre-Dame a été mis en place par l’équipe à la mairie, afin de ramener à la table de discussion le gouvernement du Québec, propriétaire de cette autoroute urbaine.
« Il faut se poser la question : « qu’est-ce qu’on veut comme transport? » On doit être réaliste; entre rien et le mieux qu’on peut faire, il faut travailler avec le gouvernement du Québec pour arriver à quelque chose qui va vraiment augmenter la mobilité sur Notre-Dame et éviter qu’on se retrouve avec de l’autosolo qui augmente le trafic », affirme la mairesse.
Sur Notre-Dame, ainsi que partout ailleurs dans l’est de la métropole, les campements de personnes en situation d’itinérance se sont multipliés dans les dernières années. Alors que l’été tire à sa fin, l’élue soutient que la Ville a un plan hivernal prêt pour venir en aide aux sans-abris.
Toutefois, Mme Martinez Ferrada demande au prochain gouvernement du Québec d’accorder davantage de « prévisibilité » à son administration pour la période hivernale, afin « de mettre en place des trajectoires de vie pour sortir les gens de la rue. »
La mairesse rappelle avoir sollicité un plan de financement sur trois ans pour les refuges, ainsi qu’un partenariat avec le gouvernement du Québec afin de construire des logements de transition. « On a aussi demandé de créer trois centres d’urgence pour la dépendance et la santé mentale », explique Mme Martinez Ferrada. Les centres seraient distribués de façon équitable sur le territoire montréalais, dans le centre-ville, l’est et l’ouest de la ville.





