
Les toits verts du projet (courtoisie BCHM)
17 mai 2026Un édifice pour loger des femmes vulnérables inspiré de la tradition haïtienne
Développé autour d’un concept de la culture haïtienne, un projet immobilier unique verra le jour dans Rosemont—La Petite-Patrie (RPP). Celui-ci permettra notamment d’héberger de jeunes femmes en transition des services de protection de la jeunesse.
C’est au 2570, boulevard Rosemont qu’est prévu Lakou Pataj, un chantier entrepris par le Bureau de la communauté haïtienne de Montréal (BCHM). Le terme « Lakou » en créole haïtien fait référence à l’organisation familiale d‘un espace commun composée de plusieurs maisons regroupées autour de celle du patriarche, entourant ainsi une cour centrale.

Une image 3D de Lakou Pataj vu de la rue Des Carrières (courtoisie BCHM)
« On souhaite transposer ce concept vers le contexte québécois. Ce n’est pas exactement la même chose, mais à Montréal, ce qui se rapproche le plus de cette idée, ce sont les ruelles autour desquelles se forment des communautés », indique Ruth Pierre-Paul, directrice générale du BCHM.
Ainsi, les édifices prévus regrouperont les bureaux du BCHM, des espaces multifonctionnels notamment dédiés aux usages publics, des espaces communautaires et des logements transitoires pour les femmes.
Le BCHM a lancé l’idée d’acheter un terrain pour loger ses bureaux à la suite d’un premier projet d’acquisition de l’édifice qu’il occupe actuellement. Le 6970, rue Marquette, est un immeuble dont le Centre de services scolaire de Montréal est propriétaire et l’organisme voulait en prendre possession, mais les circonstances rendaient les « échéanciers trop lourds », indique Mme Pierre-Paul.
L’organisme a donc déposé en avril une demande de Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble auprès de l’Arrondissement de RPP, qui en outre permettra de subvenir à un besoin criant à Montréal pour des logements visant les femmes à risque de tomber en situation d’itinérance.
« Un fort pourcentage des personnes qui connaissent une situation d’itinérance dans leur vie sont passées par les services de la DPJ. Il existe déjà plusieurs services offerts aux hommes, mais pour les femmes, il y en a moins. C’est donc la clientèle que l’on cible avec Lakou Pataj », explique Mme Pierre-Paul.
Ainsi, on y retrouvera six appartements de quatre chambres et neuf studios, permettant d’offrir à 33 femmes des logements subventionnés qui seront adaptés à leur situation.

Un rendu 3D du projet Lakou Pataj (courtoisie BCHM)
Les édifices atteindront à leur maximum 5 étages, soit 20 mètres de hauteur, et comprendront des toits végétalisés sur lesquels pourront tenir des activités d’agriculture urbaine. De plus, on vise la certification de carboneutralité « Norme BCZ-Performance » pour les bâtiments.
L’achat du terrain, où se trouvait un ancien restaurant Mikes abandonné depuis plusieurs années, s’est fait à la hauteur de 4 M$. L’entreprise Saputo a été un partenaire du BCHM dans le financement de cette acquisition, souligne la directrice générale de l’organisme.
Au total, le projet est évalué à la hauteur de 31,4 M$ et devrait recevoir un financement du gouvernement fédéral à la hauteur de 10 M$, qui sera accompagné d’un autre montant octroyé par la Société d’habitation du Québec. De plus, une campagne de financement privée sera lancée cet automne, dont l’objectif sera d’amasser 6 M$.
Si tous les paliers de gouvernements sont au rendez-vous pour propulser Lakou Pataj, le chantier pourrait être lancé dès cet automne et durerait environ 24 mois pour une ouverture en 2028.
Le groupe de ressource technique Bâtir son quartier et la firme d’architecte Kanva accompagnent le BCHM dans ses démarches.







