
Mario Beaulieu (photo : archives EMM)
23 août 2026L’échec des négociations avec Donald Trump : la fin des concessions?
L’échec des négociations avec Donald Trump et l’imposition de tarifs américains de 50% sur 28 milliards de dollars de marchandises risque d’avoir des conséquences néfastes pour l’économie québécoise. Les secteurs de l’aluminium, de l’acier, du bois d’œuvre et de l’automobile subissaient déjà des tarifs et des droits illégaux. Les concessions qu’Ottawa s’apprêtait à faire encore une fois sur la gestion de l’offre, la culture, la forêt, l’aluminium et d’autres secteurs importants auraient nui à l’économie du Québec et le Bloc Québécois demandait au gouvernement de ne pas aller de l’avant avec cet accord. Le Québec et ses régions auraient servi de monnaie d’échange dans ce que nous connaissions de cette entente avant que les négociations achoppent.
Pour expliquer l’échec des négociations, M. Carney a déclaré, entre autres, qu’il n’était pas prêt à faire de compromis sur la protection de la langue française. Cela est peu crédible quand on considère qu’il a aussi déclaré que son gouvernement va participer au recours juridique contre la Charte de la langue française en Cour suprême.
De plus, avec ses programmes d’appui aux langues officielles, le gouvernement Carney subventionne presque exclusivement la promotion de l’anglais au Québec. Il refuse de financer des mesures pour promouvoir et protéger le français, comme le prescrit la nouvelle Loi sur les langues officielles depuis 2023.
Selon plusieurs médias, le gouvernement libéral envisageait d’abroger la loi sur les nouvelles en ligne en guise de nouvelle concession à Donald Trump. Cette loi oblige les plateformes numériques à verser une compensation financière aux médias d’information québécois et canadiens pour le partage et l’utilisation de leur contenu. Par exemple, Google s’est engagé à verser 100 millions de dollars par an afin de soutenir les médias d’ici.
La crise des médias est avant tout causée par la concurrence inéquitable des plateformes numériques américaines. Dans l’est de Montréal, elle s’est traduite notamment par la fermeture de nombreux journaux locaux et la précarité des salles de nouvelles. Les libéraux ont déjà capitulé devant les Américains et les géants du web en supprimant la redevance du CRTC pour les diffuseurs en ligne et en annulant la taxe sur les services numériques.
Le chef du BQ, Yves-François Blanchet a prévenu Mark Carney que la Loi sur les services en ligne est essentielle à la survie de nombreux médias et hebdos québécois. En abdiquant sur la souveraineté numérique canadienne et québécoise, M. Carney a affaibli notre souveraineté culturelle, politique et économique.
L’échec des négociations du premier ministre Carney après avoir déjà tant cédé sans rien en retour, l’oblige à adopter des mesures inspirées de nos propositions. Nous sommes d’accord avec l’intention de répondre par des contre-tarifs équivalents. Nous proposons que ces contre-tarifs couvrent les nouveaux tarifs ainsi que les droits et tarifs illégaux déjà en application. L’argent recueilli par les tarifs devra aussi être exclusivement réservé aux entreprises et aux travailleurs des secteurs touchés.
Compte tenu de l’importance de la culture et des médias, de la forêt et de l’aluminium au Québec, le gouvernement fédéral devra nous compenser équitablement avec des programmes d’aide pour nos entreprises et nos travailleurs.
Le Bloc a proposé une série de mesures impliquant notamment des compensations et des liquidités non remboursables, des subventions salariales, du soutien au pouvoir d’achat des retraités et des travailleurs saisonniers.
Les multiples concessions de Mark Carney accordées aux Américains en termes de culture et de taxation des géants du web n’auront servi à rien. Ces programmes, comme la redevance du CRTC pour les diffuseurs en ligne et la taxe sur les services numériques, doivent être réinstaurés.
En somme, les Québécoises et les Québécois doivent se serrer les coudes afin que les intérêts nationaux sur les plans économiques, culturels et environnementaux du Québec soient défendus équitablement dans cette guerre commerciale.








