Un machiniste en aéronautique d’Usinage Mécanique DMG (Courtoisie)

DMG : un acteur clé de l’aéronautique ancré à Montréal-Nord

L’entreprise Usinage Mécanique D.M.G. Inc. (DMG) a récemment remporté le prix PME de l’année au Gala Reconnaissance 2025 de la Chambre de commerce et d’industrie de Montréal-Nord (CCIMN). Portrait d’une compagnie spécialisée en pièces d’avion qui s’impose dans l’industrie aéronautique mondiale.

Cette reconnaissance décernée le 13 novembre dernier souligne le caractère innovant de cette entreprise en pleine croissance et son rôle dans le dynamisme économique local. Établie à Montréal-Nord depuis plus de 50 ans, l’entreprise nord-montréalaise évolue dans l’ombre des gros joueurs de l’aéronautique : « DMG fait des pièces d’avion pour Airbus, Bombardier et les grands donneurs d’ordres. Ils nous envoient des dessins d’ingénierie à partir desquels on fabrique les pièces commandées selon les plus hauts standards », explique Jean-Philippe Doré, président de l’entreprise.

Le président d’Usinage Mécanique DMG Inc., Jean-Philippe Doré (à droite), en compagnie de l’hôte du Gala reconnaissance de la CCIMN, Hadi Hassin, lors de la remise du prix décerné à la PME de l’année (Courtoisie CCIMN)

DMG s’est taillé une place dans ce qu’on appelle le « speed shop », produisant rapidement des pièces d’avion en situation d’urgence. L’entreprise travaille notamment sur des composantes pour l’A220 d’Airbus et exporte ses produits en Irlande, en Europe et aux États-Unis.

« On a des brevets de propriété intellectuelle sur nos techniques de machinage qui sont extrêmement poussées. De plus, quand Airbus et Bombardier nous appellent, ils parlent à des gens et non à un système », résume le président.

Un repreneuriat qui préserve l’emploi local

Arrivé dans l’entreprise il y a tout juste un an, en janvier 2025, par l’entremise du repreneuriat, Jean-Philippe Doré compte faire honneur au territoire qui a vu naître DMG. « Mon but, c’est de renforcer encore plus son empreinte ici et de faire en sorte qu’on devienne un fournisseur essentiel », dit-il. Ce dernier poursuit en mentionnant qu’en général, les compagnies d’aéronautique décident de s’installer près de leurs principaux clients : « Elles s’installent à Dorval ou à Saint-Laurent (…). Il y en a aussi un petit peu sur la Rive-Sud, avec Boeing qui vient d’y annoncer le lancement d’un gros projet », fait-il remarquer.

L’entreprise est actuellement en processus d’acquisition d’une deuxième compagnie et prévoit rapatrier son expertise à Montréal-Nord. Cette acquisition permettra d’élargir les capacités de DMG dans le domaine militaire en radio-télécommunication. Ainsi des services d’usinage et d’assemblage léger pour le civil et le militaire pourront être offerts sous un même toit.

(Courtoisie)

Un bassin de main-d’œuvre diversifié

L’entreprise a renforcé son leadership grâce à des recrutements clés réalisés dans les domaines de l’ingénierie et de l’optimisation de la production. M. Doré mentionne la proximité avec l’École des métiers de l’aérospatiale de Montréal, qui facilite l’accueil de stagiaires et le recrutement. Il souligne également la provenance diversifiée de ses employés, ce qui reflète, selon lui, la composition sociale de l’arrondissement.

« Ça ratisse extrêmement large. On a des plus jeunes, on a des plus vieux. Notre bassin de population provient du Québec, d’Haïti, d’Afrique, d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest », indique-t-il.

L’entreprise a développé une approche inclusive qui valorise différents types de compétences. Au-delà des machinistes spécialisés, DMG emploie des travailleurs sans formation technique particulière dans des rôles jugés essentiels à la chaîne de production. L’entreprise continue également à former des contremaîtres pour qu’ils deviennent des leaders.

Une vision d’avenir pour Montréal-Nord

À long terme, Jean-Philippe Doré envisage d’effectuer d’autres acquisitions pour consolider la position de DMG dans le secteur, tout en continuant de développer les activités dans l’arrondissement. Son ambition : faire de Montréal-Nord un pôle reconnu de l’industrie aéronautique québécoise.

« Si je veux être vraiment audacieux, je vais dire que notre stratégie, c’est de devenir un des plus gros fournisseurs de petites pièces de structures comme on fait présentement au Québec », déclare-t-il.

Le président espère également qu’un jour, des grands groupes québécois comme Meloche seront intéressés à intégrer DMG à leur structure, garantissant ainsi la pérennité des emplois locaux. « Je place les pions pour qu’on devienne intéressant pour ces gens-là et que les emplois restent ici », conclut Jean-Philippe Doré.