Mélanie Audy, enseignante et Jonathan, élève au DEP soudage-assemblage, dans l’atelier du Centre Anjou. (Photo : CSSPI – Mario Desroches)

DEP soudage-assemblage du Centre Anjou : un programme aux nombreux débouchés

Durant une formation d’un an et demi, le Centre Anjou initie ses étudiants aux techniques de soudage et d’assemblage, dans un contexte où la demande de main-d’œuvre demeure forte au Québec. EST MÉDIA Montréal est allé à la rencontre des élèves et des enseignants de ce programme.

« En venant au Québec, je me suis demandé quel métier était le plus recherché. J’ai vu que les soudeurs étaient tout en haut de la liste », raconte Mathis, qui est arrivé de France en 2024 pour suivre un DEP soudage-assemblage au Centre Anjou. Un choix qu’il ne regrette pas, lui qui est même revenu pour suivre une spécialisation au centre, après un passage dans le milieu professionnel.

Bien qu’il ait un parcours différent, Jonathan, en reconversion professionnelle après une carrière de tatoueur, avait également remarqué qu’il existait une forte demande pour les soudeurs et les assembleurs. À la recherche d’un métier stable et rémunérateur, il a décidé d’intégrer le DEP en 2025.

Au premier trimestre de cette même année, 3,9 % des postes de soudeurs étaient vacants selon l’Institut du Québec, qui parle d’une « pénurie persistante » dans ce domaine. Un constat partagé par Mélanie Audy, enseignante au DEP du Centre Anjou. D’autant plus que « le métier de soudeur-assembleur, c’est très, très vaste », ajoute-t-elle, citant les secteurs de la construction, pétrolier, de l’automobile ou encore des équipements pour le domaine médical ou agricole, à la recherche de cette main-d’œuvre. « Donc oui, il y a beaucoup, beaucoup d’emplois », résume-t-elle.

Mathis, ancien élève au DEP soudage-assemblage du Centre Anjou (Photo : CSSPI – Mario Desroches)

Une formation en atelier

D’une durée de 1800 heures, soit environ un an et demi, le DEP soudage-assemblage du Centre Anjou forme les élèves à toutes les techniques du métier : soudage, assemblage, montage de pièces en acier ou en aluminium, lecture de plans ou encore santé-sécurité. « On ne se spécialise pas, on apprend vraiment tout ce qui est possible comme procédés », rapporte Jonathan.

Les élèves rencontrés apprécient le côté pratique de la formation, qui n’est composé que d’environ 25 % de contenu théorique. « Les gens qui choisissent le métier de soudeur-assembleur, ce sont des gens qui ont besoin d’action, qui ont besoin de bouger », estime Mme Audy, ajoutant que l’apprentissage en atelier est indispensable pour développer la dextérité manuelle.

Les élèves débutent ainsi généralement leur journée à 8 heures par un cours théorique, avant d’appliquer les apprentissages dans les ateliers du centre, qui sont équipés de machines et d’outils utilisés dans l’industrie. Après la pause du dîner, ils y retournent jusqu’à 15 heures, et terminent leur journée avec un ménage de l’atelier.

Mathis note la bonne ambiance qui règne entre les camarades, qui n’hésitent pas à s’entraider sur les différents travaux. Jonathan apprécie quant à lui l’accessibilité et l’expérience des enseignants, qui apportent beaucoup aux élèves. « Si tu veux approfondir, tu peux juste rester discuter une heure avec eux, c’est vraiment pratique », témoigne-t-il.

Mme Audy confirme la passion des enseignants du Centre Anjou, qui pour la plupart ont eux-mêmes suivi ce DEP au début de leur carrière. « Il y a vraiment un sentiment d’appartenance, une fierté à faire partie de cet établissement », raconte-t-elle, prenant comme exemple deux anciens élèves avec qui elle enseigne aujourd’hui.

Une cohorte du DEP dans l’atelier (photo : CSSPI – Mario Desroches)

Des profils variés

Les profils des élèves au DEP sont « très, très variés », constate Mme Audy. Ouvert aux plus de 16 ans, le programme accueille autant des jeunes à la sortie du secondaire que des trentenaires en reconversion professionnelle. Bien que minoritaires, les femmes tendent à être de plus en plus nombreuses, se réjouit l’enseignante.

Quant aux critères de sélection, le programme indique rechercher des personnes capables de travailler dans un environnement où bruit, poussière et écarts de températures existent, faisant preuve de minutie et ayant une bonne perception spatiale.

Jonathan et Mathis ajoutent que « l’assiduité » et « l’éthique de travail » sont des qualités requises pour réussir dans cette filière. Pour le reste, l’absence de connaissances ou d’expérience n’est pas un obstacle. « Quelqu’un qui part de zéro peut vraiment devenir soudeur », soulignent-ils.

Transiter vers le monde professionnel

En fin de formation, les élèves sont accompagnés vers le marché du travail, avec des ateliers de rédaction de CV et de recherche d’emploi, la visite d’une entreprise et un stage de trois semaines. « Notre mandat, c’est vraiment de faire en sorte que l’élève ait le bagage nécessaire et adéquat pour intégrer le marché du travail », explique Mme Audy.

Une mission réussie, selon Mathieu Piché, superviseur des opérations du groupe ADF à Terrebonne, qui embauche deux à trois élèves du Centre Anjou chaque année. Le responsable du recrutement dit apprécier leur « bonne connaissance du métier » et leur longueur d’avance sur la santé-sécurité au travail.

Alors que près de cinquante postes sont à pourvoir au sein de cette entreprise spécialisée dans la construction de charpentes métalliques, le DEP du Centre Anjou lui fournit des travailleurs compétents, autant en soudage qu’en assemblage.

Mathis, qui a effectué son stage dans une entreprise située à Pointe-aux-Trembles, témoigne d’un rythme et d’une rigueur plus intenses qu’en formation, mais s’estimait prêt à relever les attentes du monde professionnel.

« Moi, je conseille aux jeunes d’aller dans ce métier-là, qui est très beau, et dans lequel on apprend constamment », encourage Mathieu Piché.


 

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