Le métro Langelier, rue Sherbrooke Est (Image issue de Google Maps)

Densification près du métro Langelier : un projet résidentiel de 14 étages à l’étude

Un projet immobilier de 14 étages pourrait voir le jour à l’intersection de la rue Sherbrooke Est et du boulevard Langelier, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM). L’arrondissement souhaite autoriser ce dernier à déroger à la réglementation en vigueur dans ce secteur, qui limite le nombre d’étages à six.

Le projet prévoit la démolition de deux bâtiments commerciaux situés aux adresses 6654-6690 et 6700-6710, rue Sherbrooke Est, afin de construire un immeuble à usage mixte (résidentiel et commercial). L’édifice comprendrait 479 logements ainsi qu’une section commerciale au rez-de-chaussée. Pour compléter le portrait, une centaine de places de stationnement et 485 espaces pour les vélos seraient prévus.

Le projet est piloté par le promoteur immobilier Bertone, qui a refusé notre demande d’entrevue.

Un secteur appelé à se densifier

Plusieurs récents projets immobiliers, ainsi que d’autres à venir dans les prochaines années, laissent entrevoir une densification du secteur situé à proximité de la station de métro Langelier. Ces dernières années, plusieurs immeubles de six étages ont été construits dans ce quartier. Plus récemment, des projets résidentiels comportant jusqu’à neuf étages ont reçu l’approbation réglementaire.

Chantal Gagnon, mairesse de MHM (Courtoisie)

Dans le cas présent, la hauteur maximale du bâtiment atteindrait près de 50 m, soit plus du double de la limite actuellement autorisée de 23 m. Interrogée à ce sujet, la mairesse de l’arrondissement, Chantal Gagnon, mentionne la crise du logement actuelle pour justifier  cette décision : « Il est essentiel pour nous de favoriser le développement de logements accessibles, surtout à proximité des stations de métro. Le projet s’inscrit dans notre volonté de densifier intelligemment les secteurs bien desservis par le transport collectif », dit-elle.

Elle souligne également que ce type de dérogation est « un processus normal », validé par le comité consultatif d’urbanisme, qui a déjà émis un avis favorable.

L’élue poursuit en mentionnant certaines mesures prévues pour assurer l’implantation harmonieuse du bâtiment dans le paysage actuel : « Il y aura une gradation des hauteurs selon les sections du bâtiment, ce qui permet une meilleure intégration au tissu urbain existant. »

Une offre de logements hors marché et abordables 

Parmi les 479 logements prévus, 195 seraient des unités hors marché destinées à une clientèle étudiante. Ces logements seraient livrés « clé en main » à un organisme à but non lucratif (OBNL) qui sera déterminé par le promoteur en concertation avec les services municipaux. De plus, au moins 20 % des logements seraient abordables. Ces loyers seront égaux ou inférieurs à 30 % du revenu médian des ménages montréalais durant au moins 20 ans, conformément aux règlements édictés par le Programme de prêts pour la construction d’appartements (PPCA) de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Par ailleurs, le projet prévoit une végétalisation du site, actuellement minéralisé en majeure partie. En effet, une partie du toit serait végétalisée, tout comme une superficie de 2 174 m²  du sol, et la plantation de 72 arbres serait prévue.

Une consultation publique à venir

Les résidents du secteur pourront s’informer et donner leur opinion sur le projet lors d’une consultation publique prévue  le 23 janvier prochain.  « Ce n’est pas qu’une séance d’informations. C’est une vraie consultation. Les commentaires recueillis peuvent mener à des ajustements du projet », affirme la mairesse.

Le conseil d’arrondissement se prononcera ensuite sur la demande de dérogation lors de la séance prévue le 2 février. Si la résolution est adoptée, un certificat de conformité devra être transmis par la ville-centre dans les 30 jours. La délivrance du permis de construction, quant à elle, devra se faire dans un délai de 60 mois, sans quoi l’autorisation éventuelle sera annulée.

Ce projet s’inscrit dans les grandes orientations du Plan stratégique Montréal 2030, qui mise sur une densification autour des axes de transport collectif, une meilleure accessibilité au logement, la transition écologique, ainsi qu’une inclusion sociale accrue.

« Chaque projet est évalué individuellement. Il ne s’agit pas ici de créer un précédent, mais de répondre à un besoin bien réel, dans un cadre contrôlé et réfléchi », conclut la mairesse Gagnon.