
Vieux-Pointe-aux-Trembles (courtoisie Société de développement Angus)
15 novembre 2025Denis Pelletier, nouveau maire de RDP–PAT : « Agir, pas réagir »
Après huit ans sous la gouverne de Caroline Bourgeois de Projet Montréal, l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (RDP–PAT) entame un nouveau chapitre. Élu sous la bannière d’Ensemble Montréal, Denis Pelletier, entrepreneur et figure du milieu communautaire, promet une gestion de proximité, axée sur l’écoute, la transparence et l’action.
« Les citoyens nous ont envoyé un message clair : ils voulaient du changement. Pas pour tout effacer, mais pour faire les choses différemment », affirme-t-il d’entrée de jeu, lors d’une entrevue accordée après son élection.

Denis Pelletier, maire de RDP–PAT (Courtoisie Ensemble Montréal)
S’il s’agissait de sa première campagne électorale comme candidat, Denis Pelletier, 64 ans, est connu dans le paysage local. Résident de RDP–PAT depuis 22 ans, il est à la tête de deux entreprises — une imprimerie et une entreprise de paysagement — et a présidé la Chambre de commerce de la Pointe-de-l’Île de 2020 à 2024. Très impliqué dans les causes sociales, il a aussi dirigé la Guignolée de Montréal-Est–Pointe-aux-Trembles pendant huit ans, dont une année à titre de président d’honneur.
« Ça faisait plus de 30 ans que j’étais bénévole pour des partis politiques, mais c’est la première fois que je faisais une campagne, raconte-t-il. J’ai commencé en juillet et ç’a été quatre mois intenses. On a rencontré des milliers de personnes, fait beaucoup de porte-à-porte. C’est la meilleure façon de connaître les enjeux et de bâtir une plateforme qui reflète les besoins des citoyens. »
Pour Denis Pelletier, cette première campagne a été à la fois exigeante et formatrice. Il évoque des journées longues et un engagement total, mais aussi des moments touchants qui ont renforcé sa conviction d’être au bon endroit. « Une dame m’a offert des croissants maison pendant qu’on faisait du porte-à-porte. Cette chaleur humaine là, c’est ça qui donne du sens à tout ça », dit-il.
Une philosophie de gestion inspirée du monde des affaires
Issu du milieu entrepreneurial, Denis Pelletier transpose sa logique de gestion dans sa vision politique. Pour lui, diriger un arrondissement, c’est d’abord servir sa population avec la même attention qu’un chef d’entreprise porte à ses clients. « En affaires, chaque client compte. En politique, c’est pareil : chaque citoyen, chaque citoyenne est important. On doit les écouter, et ensuite agir », explique-t-il.
Cette approche se traduit aussi par sa volonté de renforcer l’autonomie locale. Il souhaite que les élus d’arrondissement disposent d’un pouvoir décisionnel plus large, sans dépendre systématiquement de la ville-centre. « On ne peut pas diriger un arrondissement et avoir les mains liées. Il faut avoir certaines libertés de gestion pour répondre aux besoins de nos citoyens et bâtir une vision à long terme », soutient-il.
Une campagne marquée par l’écoute et le désir de changement
Selon lui, c’est justement son approche d’écoute et de proximité qui a séduit les électeurs. Après deux mandats de Projet Montréal, plusieurs résidents auraient exprimé le besoin de renouveau. « Réussir à obtenir trois mandats d’affilée, ce n’est jamais évident. Les gens voulaient un changement de ton, une approche différente, où ils se sentent entendus pour vrai », résume-t-il.
Il décrit la victoire de son équipe comme une « vague de changements », mais insiste pour dire qu’il ne s’agit pas d’un renversement idéologique. « Changer, ça ne veut pas dire tout effacer. Ça veut dire faire les choses autrement… et avec les citoyens, pas au-dessus d’eux. »
Les grands chantiers : transport, logement et sécurité
Les priorités du nouveau maire sont claires : améliorer le transport dans l’est de Montréal, en renforcer la sécurité et soutenir le développement économique local.
« Le transport, c’est un enjeu qu’on traîne depuis trop longtemps. L’Est a été oublié », déplore Denis Pelletier. « Mes enfants ont dû déménager à Rosemont pour se rapprocher de l’université, parce que les trajets étaient trop longs. On perd nos jeunes comme ça. »
Pour pallier les délais des grands projets structurants, comme le tramway de l’Est, M. Pelletier souhaite s’attaquer rapidement à l’offre de transport en commun. « Avant même de parler de tramway, il faut augmenter la fréquence des autobus. Ce n’est pas normal que des gens doivent attendre car deux ou trois bus sont pleins le matin », affirme-t-il, précisant qu’il compte rencontrer la Société de transport de Montréal (STM) dans les prochaines semaines.
La sécurité publique figure aussi en tête de liste pour le nouveau maire, qui veut travailler avec les autorités locales pour trouver des solutions plus efficaces que les simples dos d’âne. « Ce n’est pas juste une question d’infrastructures, c’est aussi une question de climat de quartier. Les gens doivent pouvoir se sentir en sécurité dans les rues, dans les parcs, et ce, à toute heure. »
Quant au logement, Denis Pelletier entend poursuivre la protection du parc résidentiel abordable. Il cite en exemple la sauvegarde récente de 720 logements menacés d’achat par des investisseurs privés. « La Corporation Mainbourg a réussi à protéger ces unités pour les citoyens plus vulnérables. C’est ce genre d’actions concrètes qu’on doit continuer de faire. »
Il dénonce du même souffle la vacance de plus de 200 logements aux Habitations Saint-Georges, laissés inoccupés pour des raisons financières. « C’est inacceptable qu’on ait des logements vides pendant que des familles cherchent un toit. »
Finances, santé et environnement : une entrée en fonction chargée
À peine arrivé en poste, Denis Pelletier devra s’attaquer à des dossiers urgents, à commencer par les finances de l’arrondissement. « Dans deux ou trois semaines, on doit adopter le budget. Je veux comprendre rapidement où on en est. » La récente hausse des évaluations foncières a fait réagir plusieurs propriétaires. Le maire reconnaît que la question des taxes devra être traitée avec prudence.
Autre dossier prioritaire : la santé. Depuis plus d’un an, le secteur de Pointe-aux-Trembles n’a plus de clinique médicale. « Mon propre médecin est maintenant à Laval. C’est aberrant. Même si la santé relève du provincial, on peut collaborer pour ramener une clinique et des médecins chez nous. »
Côté environnement, M. Pelletier promet un plan vert pour les prochaines années. « On ne peut plus faire du développement sans tenir compte du climat. On va élaborer un plan vert avec les citoyens pour protéger et valoriser nos berges. L’environnement, ce n’est pas un luxe, c’est une responsabilité. »
Une vision de gouvernance participative
Un mot revient souvent dans la bouche de Denis Pelletier : « ensemble ». Pour lui, la participation citoyenne est la clé d’une administration efficace. « Si on veut du changement durable, ça passe par les citoyens. Pas juste individuellement, mais à travers leurs associations, leurs regroupements. »
Il promet de les rencontrer rapidement afin de bâtir un plan d’action partagé entre l’administration et la communauté. « En planifiant avec eux des objectifs communs, on va arriver à des résultats concrets et plus rapides. »
Selon lui, cette approche s’inscrit dans la philosophie même d’Ensemble Montréal, dont le nom résume la façon de gouverner : « Les citoyens et les élus, ensemble, pour faire du changement. »
Denis Pelletier arrive donc à la tête de RDP–PAT avec une promesse claire : rapprocher l’administration municipale de ses citoyens, accélérer les dossiers qui traînent depuis trop longtemps selon lui et faire de son arrondissement un modèle d’écoute, de concertation et de durabilité. « Moi, je veux qu’on sente que cette fois, ce n’est pas juste des promesses et que les citoyens voient du concret. On est là pour agir, pas pour réagir », conclut-il.







