
Mario Beaulieu (courtoisie)
15 mai 2026À la défense des Québécois, des PME et de l’environnement

La priorité de Mark Carney doit être d’enfin présenter des résultats dans ses négociations commerciales avec le président Trump, comme il le promet depuis plus d’un an. Mais dans l’intervalle, l’Est de Montréal comme l’ensemble du Québec subit de manière disproportionnée les impacts du nouveau calcul des tarifs par Washington. Pour la mise à jour budgétaire fédérale, le Bloc Québécois a proposé une série de mesures pour rediriger l’argent des impôts des Québécois vers le soutien à celles et à ceux qui craignent pour leur emploi, leur entreprise, leur pouvoir d’achat ou leurs services.
La Chambre des communes a d’ailleurs appuyé à l’unanimité la motion bloquiste demandant au gouvernement de mettre immédiatement en place des mesures pour aider les PME du secteur manufacturier et leurs travailleurs, gravement affectés par le nouveau mode de calcul des tarifs américains sur les produits de l’acier, de l’aluminium et du cuivre. Le secteur manufacturier, composé en grande partie des PME, joue un rôle majeur dans l’économie québécoise (12,4% du PIB en 2024, 108 600 emplois à Montréal). Une proportion considérable de ces PME se retrouvent dans l’Est de Montréal. Les mesures proposées par le Bloc et réclamées par l’industrie consistent notamment en un soutien direct aux entreprises fragilisées, ainsi qu’un programme de subvention salariale permettant d’éviter les mises à pied des travailleurs et préserver le lien d’emploi avec la main-d’œuvre spécialisée, le tout jusqu’à la restauration d’une entente commerciale avec les États-Unis.
Alors que le nombre d’entreprises de l’Est de Montréal et du Québec qui sont touchées par les nouveaux tarifs américains augmente à vue d’œil, il est temps de se doter d’un régime d’assurance-emploi qui couvre un maximum de travailleurs. Au moment où Ottawa investit par dizaines de milliards dans la défense, il faut également s’assurer de pérenniser sa part du financement des soins de santé, qui baissera de moitié dans deux ans. Il faut mieux soutenir nos médias locaux et nationaux face aux géants américains du numérique, en plus de soutenir notre industrie forestière face aux droits compensatoires et aux tarifs. Nous devons protéger le pouvoir d’achat des aînés devant la flambée du coût de la vie.
Nous proposons surtout d’annuler les subventions aux pétrolières, qui engrangent des centaines de milliards $ de profit, essentiellement pour des intérêts états-uniens, et d’annuler les coupes fédérales dans le transport collectif. De cette façon, nous pourrions récupérer des sommes, qui proviennent des impôts fédéraux prélevés au Québec, pour financer ces propositions raisonnables à coût presque nul. C’est ça, défendre les intérêts nationaux des Québécois dans le contexte de la crise tarifaire.
Alors que la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) tenait son sommet sur le climat et la transition industrielle, le nouvel inventaire des GES du Canada pour l’année 2024 était publié en catimini. Les émissions liées au secteur du pétrole et du gaz continuent d’augmenter sans gêne à tel point, qu’elles annulent les réductions des autres secteurs. Mon collègue Patrick Bonin note qu’à elles seules, les émissions de GES liées à la production des sables bitumineux sont plus élevées que toutes les émissions de GES du Québec. De plus, l’abandon d’importantes mesures de réduction de la pollution depuis l’arrivée de Mark Carney, fait que le Canada ratera non seulement ses cibles de 2030 mais, visiblement, celles de 2035 également.
Le Bloc demande à Ottawa d’établir des politiques climatiques sérieuses et de cesser de nuire au Québec dans sa transition vers les énergies vertes, mais de toute évidence, seule l’indépendance permettra au Québec d’assumer et d’apporter sa pleine contribution contre les changements climatiques en tant que pays comme à l’international.







