
Débat politique du 22 septembre à la CCEM. De gauche à droite : Chantal Rouleau, candidate de la Coalition avenir Québec dans Pointe-aux-Trembles; Stéphane Paquet, candidat du Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles ; Nicolas Plourde, candidat du Parti libéral du Québec dans Anjou-Louis-Riel ; Adrien D. Pouliot, candidat du Parti conservateur du Québec dans D’Arcy-McGee ; Alexandre Leduc, candidat de Québec solidaire dans Hochelaga-Maisonneuve. (Photo : Justine Aubry/ EMM)
22 septembre 2026Débat politique à la CCEM : les candidats se penchent sur les priorités de l’est
À l’approche des élections provinciales du 5 octobre prochain, les enjeux qui touchent l’est de Montréal se sont retrouvés au cœur d’un débat organisé par la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM). En matinée, des représentants de cinq partis politiques y ont présenté leurs positions sur les principaux dossiers d’importance pour l’avenir de ce secteur montréalais. La mobilité, le développement économique, les défis sociaux et l’aménagement du territoire ont notamment été au centre des échanges, qui se sont déroulés devant une salle quasi comble.
Animé par Victor Henriquez, associé principal, PUBLIC stratégies et conseils, et modéré par Valérie Vézina, directrice générale adjointe de la CCEM, le débat politique se tenait au Club de golf métropolitain d’Anjou devant une salle curieuse mais surtout impatiente de connaitre la position des candidats provinciaux sur les enjeux qui touchent de près l’est de Montréal.
Plus de 200 acteurs du milieu, élus et dirigeants s’étaient réunis pour l’occasion. Une affluence qui a agréablement surpris Jean-Denis Charest, président-directeur-général (PDG) de la CCEM, qui a pris la parole en début de débat pour faire part des attentes de la Chambre en matière de développement dans l’est. « Merci aux élus, à tous nos membres, à nos partenaires et à nos invités d’être là. Vous êtes 200 personnes dans la salle ce matin, ça veut dire quelque chose. J’ai assisté à plusieurs débats, et c’est l’un de ceux où il y a le plus de personnes présentes (…). Ça signifie qu’on est vraiment mobilisés », a-t-il mentionné.
Les représentants des différents partis ont ensuite été invités à présenter leur vision et leurs priorités pour l’est de Montréal, avant de prendre part à un débat modéré en face à face autour de trois grandes thématiques qui touchent directement l’avenir du territoire. Adrien D. Pouliot, candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans D’Arcy-McGee ; Alexandre Leduc, candidat de Québec solidaire (QS) dans Hochelaga-Maisonneuve ; Stéphane Paquet, candidat du Parti québécois (PQ) dans Pointe-aux-Trembles ; Nicolas Plourde, candidat du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Anjou-Louis-Riel ; et Chantal Rouleau, candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Pointe-aux-Trembles, ont tour à tour pris la parole au cours de ce rendez-vous d’une durée de deux heures.
« On a besoin d’élus qui portent la voix de l’est de Montréal »
En introduction, Jean-Denis Charest s’est montré ferme sur les « attentes très élevées » de la CCEM tout comme de la société de l’est et a exposé les défis importants qui attendent le prochain gouvernement provincial dans « un contexte très difficile ».

Jean-Denis Charest, PDG de la CCEM (Photo Courtoisie)
« L’arrivée du président Trump et la guerre tarifaire, nos entreprises qui vivent un climat d’incertitude important. Elles sont fragilisées, elles doivent revoir leur chaîne d’approvisionnement et opérer dans un contexte géopolitique qui se transforme », a-t-il souligné.
Le PDG de la CCEM a également mentionné les défis sociaux, notamment la crise de l’itinérance et du logement, et ceux liés aux finances publiques, en invitant le prochain gouvernement « à faire les bons choix ».
« Notre communauté est généreuse, la Ville de Montréal travaille fort, mais il va falloir un leadership du gouvernement du Québec si on veut venir à bout d’une crise qu’on ne peut pas nommer », a partagé Jean-Denis Charest.
Il a terminé en se disant « surpris et déçu » de voir la place peu présente de la métropole dans la campagne électorale. « L’avenir du Québec passe par des régions fortes et une métropole forte », a-t-il souligné, ajoutant que la trajectoire que le prochain gouvernement devrait prendre est celle de « l’accélération » en matière de développement de l’est. « Nous, les gens dans la salle, notre plus grande qualité pour les prochaines années ne sera pas la patience », a-t-il mis en garde.
Priorités des partis
Après cette prise de parole, les candidats ont enchaîné en expliquant en quelques lignes leurs priorités pour le territoire.
Chantal Rouleau a évoqué que son parti et elle-même ont travaillé depuis plusieurs années sur « la mobilité, le développement économique et à améliorer les milieux de vie ». « Plus de 15 milliards de dollars ont été investis dans l’est depuis 2018, pensons à HMR, à la ligne bleue, au Stade olympique, à la Mesure de l’Est. (…) Je veux que nous soyons considérés à pleine capacité par l’ensemble du Québec et du Canada », a indiqué la candidate de la CAQ dans Pointe-aux-Trembles.
Stéphane Paquet, candidat du PQ dans Pointe-aux-Trembles, a indiqué s’être forgé au fil de ses expériences une réputation de « gars qui livre ». « J’ai choisi l’est de Montréal, l’équipe du Parti Québécois dans Pointe-aux-Trembles, en raison de cette réputation et c’est exactement ce que j’ai envie de faire au cours des 4 prochaines années avec notre chef (…). Nous allons livrer pour l’est de Montréal ».
Du côté de Nicolas Plourde, candidat du Parti libéral du Québec dans le comté d’Anjou-Louis-Riel, les priorités du parti s’articulent autour de 5 projets. Notamment l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont « dont les différentes phases du projet devront être inscrites au Plan québécois des infrastructures (PQI) », et la conclusion du projet de prolongement de la ligne bleue.
Pour Adrien D. Pouliot, candidat du Parti conservateur du Québec dans D’Arcy-McGee, le projet du PCQ « est de créer de la prospérité ». Il propose notamment « un dégraissage important de l’État pour donner une bouffée d’air aux contribuables » tout en « baissant le taux d’impôt général des entreprises ».
Les priorités de Québec solidaire et de son candidat Alexandre Leduc, député depuis 2018, s’articulent autour de plusieurs dossiers sur lesquels il explique intervenir depuis de nombreuses années, notamment l’avenir de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, la mixité sociale dans l’est, la crise du logement et de l’itinérance, ainsi que le soutien au milieu communautaire et l’investissement au Parc olympique.
Le Projet structurant de l’Est (PSE) et le désenclavement de l’est
« Une priorité pour la CCEM », le Projet structurant de l’Est, en phase de planification depuis 2018, a été évoqué d’entrée de jeu par Jean-Denis Charest, qui a rappelé que « des centaines de millions de dollars ont été investis en études » à ce jour.
« Notre demande est claire : 12 mois. On demande aux partis de définir un projet, le mode, le tracé, le financement. Un projet qui va être performant et qui va couvrir l’est pour permettre de le désenclaver. »
Pour les appels d’offres, le PDG de la CCEM propose une période de 24 mois. « On s’attend aussi au lancement du projet dans la première moitié du prochain mandat du gouvernement provincial », a-t-il ajouté.
Quels engagements concrets les partis prendront-ils pour améliorer la mobilité et désenclaver l’est de Montréal ? C’est sur cette première thématique que les candidats ont été invités à se prononcer.
Adrien D. Pouliot, qui juge que le gouvernement actuel est en déficit et est « limité » financièrement, propose d’aller en appel d’offres international et « de recevoir des projets, de voir combien ça coûte ».
« Dès 2028, on pense être en mesure, avec CDPQ Infra, de lancer ce projet-là », indique quant à lui Stéphane Paquet du PQ. « Ça ne sera pas nécessairement l’opérateur, mais on est conscient qu’ils ont une expertise (…) Donc, on pense que c’est le joueur avec lequel travailler pour la construction (du PSE). »
« Le REM de l’est, il doit se faire. Il va aller vers le nord aussi, parce que ça, c’est un engagement ferme que j’avais pris aussi, indique la candidate caquiste Chantal Rouleau. Je poursuis ce travail pour que le REM de l’Est se fasse. D’autant plus qu’on procède à l’acquisition, la décontamination, la mise en valeur des terrains de l’est qui ont été abandonnés depuis 40 ans par tous les autres gouvernements », ajoute-t-elle.
Nicolas Plourde du PLQ a quant à lui rappelé que « le Parti libéral a relancé en 2018 le prolongement de ligne bleue (…) et a initié le premier REM ». « Donc, je vous soumets respectueusement que le Parti libéral du Québec est le mieux placé pour agir comme leader et réaliser le projet avec tous les intervenants du milieu (…) Il y a eu assez d’études. Il n’y aura plus d’études. Il faut passer à l’action », a-t-il ajouté.
« On a perdu 4 ans avec le très mauvais projet initial du REM de l’Est, et on a perdu 4 autres années avec le PSE parce que malheureusement pour le gouvernement, c’était le projet miroir du 3ᵉ lien à Québec. (…) Donc on ne pouvait pas avancer ici dans l’est si celui-ci n’avançait pas. Il faut découpler ces projets, le REM de l’Est et le PSE doivent procéder et je pense que les délais donnés par la CCEM sont très raisonnables », a partagé le candidat solidaire Alexandre Leduc en conclusion de cette première thématique.
Compétitivité des entreprises et activités économiques
Pour la deuxième thématique, intitulée « Améliorer l’attractivité économique de l’est de Montréal et la compétitivité de ses entreprises », le modérateur a posé la question suivante aux candidats : « Quel engagement votre parti prend-il pour renforcer la compétitivité des entreprises de l’est de Montréal et pour faire de la zone économique de la Pointe-de-l’Île et de ses grands terrains stratégiques l’une des principales bases de croissance économique de la métropole et du Québec ? »
« Parmi les cinq priorités que nous avons annoncées hier dans notre plan, il y a d’accélérer la décontamination des sols et de soutenir la vitalité économique. Un gouvernement libéral accélérera cette décontamination et la requalification afin de favoriser la construction de logements, l’implantation d’entreprises et un développement durable du territoire », a indiqué Nicolas Plourde.
Il a aussi indiqué vouloir « aider les PME, pour réduire graduellement leur imposition ainsi que le fardeau administratif des entreprises ».
Pour M. Pouliot, « l’État ne crée rien, ce sont les entrepreneurs qui créent la richesse ». Ce dernier indique vouloir baisser les impôts, « réduire la paperasse » des entrepreneurs, éliminer les barrières au commerce interprovincial en plus d’« exploiter les ressources naturelles ».
« Il y a des domaines qu’on peut travailler davantage pour attirer des entreprises dans l’est de Montréal. Bien sûr, il y a les tarifs, une menace importante pour les entreprises. « Donc on veut mettre en place des mesures temporaires comme des subventions salariales, le maintien des emplois et des sièges sociaux », a entre autres proposé Alexandre Leduc.
Selon Chantal Rouleau de la CAQ, pour désenclaver l’est de Montréal et propulser les entreprises, « il faut travailler avec nos partenaires, avec le groupe d’action développement de l’est de Montréal, avec la Ville de Montréal, la Ville de Montréal-Est, avec le gouvernement fédéral et provincial ».
Elle a tenu à rappeler que son parti « a investi plus de 300 millions de dollars pour faire l’acquisition, la décontamination et la mise en valeur des terrains de l’est ». « Si ça permet à des entreprises de nouvelles technologies, d’énergies vertes, de venir s’installer (…). On peut faire de l’est de Montréal une plaque tournante du développement économique vert au Québec », ajoute-t-elle.
Revitalisation, infrastructures et milieux de vie
Finalement, la troisième et dernière thématique s’est articulée autour de la revitalisation de l’est. « Quels engagements votre parti prend-il pour livrer les grandes infrastructures attendues, accélérer le développement des zones à haut potentiel et faire en sorte que la revitalisation de l’est se traduise concrètement par les meilleurs milieux de vie pour tous ses citoyens ? », a questionné le modérateur.
Premier candidat à prendre la parole, Alexandre Leduc a rappelé que la crise du logement définit plusieurs choses, dont la capacité d’avoir « de la main-d’œuvre qui se déplace, la question des services publics, notamment en santé, et des investissements dans le communautaire. Il faut aussi investir pour construire mais aussi pour acheter » pour sortir certains bâtiments du marché et offrir du logement abordable hors marché.
« En 2023, on a mis en place la Mesure de l’Est, on a mis en place 23 millions, et on a ensuite rajouté 14 millions. C’est 70 millions qui servent à générer d’autres millions. Ces millions-là représentent 25 % des investissements qui sont faits, des investissements qui permettent, par exemple, de créer avec le nouveau Stade olympique un milieu de vie mieux adapté, d’investir dans le Quartier latin qui a été complètement oublié dans les dernières années », donne en exemples Chantal Rouleau.
Le candidat du PQ croit quant à lui que la revitalisation de l’est et du Grand Montréal ne réussira pas « tant et aussi longtemps qu’on aura un gouvernement qui met en opposition sa métropole et les régions du Québec ».
« Qui dit milieux de vie, dit logements, rappelle M. Plourde du PLQ. Il indique que son parti s’engage à construire « 100 000 logements par année et à ajouter 40 000 logements sociaux et abordables d’ici 5 ans au parc immobilier ». Il propose également de rembourser 36 % de la TVQ sur un condo ou une maison neuve, une mesure intéressante pour « les familles qui veulent s’établir dans l’est de Montréal ».
M. Pouliot affirme, pour sa part, « ne plus être capable d’entendre le mot “réinvestir”. Ça veut dire dépenser plus ». Il suggère pour augmenter la construction de logements de plutôt « enlever les bâtons dans les roues des entrepreneurs pour qu’ils puissent baisser leurs coûts de construction ».







