
De gauche à droite : Luc Rabouin, chef de Projet Montréal; Jean-Denis Charest, PDG de la CCEM; et Soraya Martinez Ferrada, cheffe d’Ensemble Montréal (Courtoisie CCEM/Benoît Vermette)
7 octobre 2025Débat de la CCEM : les candidats présentent leur vision pour l’Est
Alors qu’ils débattaient lundi devant les membres de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM), les candidats à la mairie de Montréal des deux principaux partis ont assuré vouloir faire de l’Est une de leur priorité durant le prochain mandat. Soraya Martinez Ferrada, cheffe d’Ensemble Montréal, et Luc Rabouin, chef de Projet Montréal, ont tous deux présenté leur vision pour le territoire.
D’entrée de jeu, Jean-Denis Charest, président-directeur général (PDG) de la CCEM, a souligné que la prochaine personne à la barre de la métropole connaitrait sans doute d’importants défis quant au développement des secteurs de l’Est dans un contexte géopolitique et économique actuellement difficile. De plus, la Ville est aux prises avec plusieurs « crises sociales », notamment en matière d’itinérance et d’abordabilité des logements, a insisté le PDG. Toutefois, celui-ci a rappelé que le territoire de l’Est représentait une opportunité unique en termes de développement résidentiel et économique, et que « l’avenir de Montréal passe par l’Est ».
C’est sur cette trame de fond que les deux candidats ont dévoilé leurs priorités pour le territoire.
Ouvrant le bal, M. Rabouin a rappelé qu’il n’accepterait « jamais rien de moins » qu’un tramway comme moyen de transport structurant pour l’Est. Celui-ci faisait ainsi référence au fait que dans une récente entrevue accordée à Radio-Canada, la PDG de Mobilité Infra Québec, cette agence qui sera responsable de la planification du Projet structurant de l’Est (PSE), considérait la création d’un service rapide par bus (SRB) comme étape intermédiaire à la mise en place d’un réseau de tramway mis de l’avant par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).
Mme Martinez Ferrada a rebondi sur le propos de son adversaire en affirmant qu’il fallait « absolument un tramway » pour le développement de l’Est. La candidate d’Ensemble Montréal a ensuite indiqué souhaiter vouloir relancer le bureau de projets pour la revitalisation de la rue Notre-Dame, cette voie étant essentielle au transport des marchandises par camion, notamment en provenance du Port de Montréal.
La cheffe d’Ensemble Montréal a martelé tout au long du débat incarner le leadership nécessaire pour le développement de la métropole. Accusée par M. Rabouin lors d’un précédent débat de ne pas vivre à Montréal, enfreignant les règles de son propre parti, la candidate a souligné toujours avoir été une femme de l’Est, rappelant qu’elle a été une ancienne conseillère municipale dans Saint-Michel et une députée fédérale dans Hochelaga-Maisonneuve. Mme Martinez Ferrada a précisé qu’elle demeurait présentement à Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles.
Au niveau des transports et des infrastructures, M. Rabouin a rappelé qu’en plus des projets déjà en cours, tels que le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, ainsi que la création d’un SRB sur le boulevard Pie-IX, son administration a dans ses cartons la construction de « réseaux express bus » sur le boulevard Lacordaire, la rue Sherbrooke et le boulevard Saint-Michel.
Pour ce qui est du Secteur industriel de la Pointe-de-l’Île, qui représente plus de 40 millions de pieds carrés de terrains à développer dans l’Est, le candidat de Projet Montréal a affirmé que le projet de collecteur d’égouts avançait bien. En effet, celui-ci serait dans le budget de la Ville et des appels d’offres devraient être lancés « d’ici la fin de l’année », selon M. Rabouin.
Accusant l’administration de Projet Montréal d’être « ankylosée » et trop lente, Mme Martinez Ferrada a indiqué vouloir accélérer les processus d’appel d’offres à la Ville et l’octroi des permis de construction, entre autres en faisant appel à l’intelligence artificielle.
Pour sa part, M. Rabouin a insisté sur le fait que la construction de logements serait accélérée à Montréal sous son administration, promettant de revoir le Règlement pour une métropole mixte. Celui-ci a de plus souligné l’importance d’inclure la création de logements hors marché pour assurer leur abordabilité.
Un candidat controversé lâché par Ensemble Montréal
Une petite polémique avait éclaté il y a quelques jours, alors que La Presse rapportait qu’un candidat d’Ensemble Montréal au poste de conseiller de la Ville dans Mercier—Hochelaga-Maisonneuve (MHM), Alexandre Giasson, avait tenu de propos désobligeants sur les réseaux sociaux au sujet d’élus de l’arrondissement, mais aussi d’autres figures publiques, comme Denise Bombardier et les maires sortants de Québec et de Laval.

Le candidat d’Ensemble Montréal dans MHM, Alexandre Giasson, a été exclu par Mme Martinez Ferrada après avoir tenu des propos désobligeants à l’endroit de personnalités publiques sur les réseaux sociaux (Courtoisie Ensemble Montréal)
En conférence de presse à la suite du débat, Mme Martinez Ferrada a dû défendre sa décision de conserver M. Giasson au sein de son équipe, disant vouloir « donner le bénéfice du doute » et une « deuxième chance » à son candidat après qu’il eut présenté ses excuses. À ce moment, la cheffe d’Ensemble Montréal affirmait qu’elle n’était pas au courant des propos tenus par M. Giasson à l’endroit des élus de Laval et de Québec au moment de lui proposer de se joindre à son équipe.
Pour sa part, M. Rabouin a réclamé que Mme Martinez Ferrada envisage l’exclusion de son candidat, soutenant « qu’il aurait mis dehors » un candidat qui se serait comporté de la sorte à Projet Montréal.
Puis, en fin de journée, Mme Martinez Ferrada est revenue sur sa décision et a finalement exclu M. Giasson, affirmant sur son compte X avoir reçu de nouvelles informations concernant d’autres comportements d’Alexandre Giasson. « Compte tenu du caractère de ces allégations, j’ai exclu Alexandre Giasson de l’équipe et je lui ai demandé de mettre immédiatement fin à sa campagne », a fait part Mme Martinez Ferrada.
Transition Montréal dévoile sa plateforme pour l’Est
Pour sa part, Transition Montréal a présenté sa plateforme pour l’Est en marge du débat de la CCEM. À noter que le chef du parti, Craig Sauvé, n’avait pas été convié à l’événement de la CCEM, ne remplissant pas le critère de compter trois élus en poste présentement.
Le programme du parti se déploierait sur cinq grands chantiers : la mobilité, le logement, l’environnement, le développement économique et la justice sociale.
En matière de mobilité, Transition Montréal propose la création d’un tramway circulaire de l’Est qui relierait les quartiers de Rivière-des-Prairies, Anjou, MHM, Montréal-Est et Pointe-aux-Trembles. Le plan inclut aussi le déploiement d’un réseau de mobilité active intégré de 20 km, combinant pistes cyclables sécurisées et corridors piétons protégés, ainsi que la transformation de grandes artères comme Maurice-Duplessis, Sherbrooke Est et Notre-Dame en boulevards urbains.
Du côté du logement, Transition Montréal prévoit la création d’un Office municipal de l’habitat solidaire de l’Est, destiné à soutenir les coopératives existantes et à encourager la conversion d’immeubles locatifs en coopératives d’habitation. Le parti prévoit également la mise en œuvre du Complexe solidaire de l’Est, un projet de 6 500 logements abordables intégrant des espaces résidentiels, commerciaux et communautaires, le tout administré démocratiquement par les résidents.
En outre, le parti s’engage à éliminer les îlots de chaleur d’ici 2032 en plantant 50 000 arbres en 8 ans.




