Les joueuses présentent à l’inauguration des créneaux réservés aux femmes à la patinoire du parc François-Perrault (Courtoisie de l’arrondissement de VSP)

Des créneaux réservés aux femmes à la patinoire du parc François-Perrault 

L’arrondissement de Villeray–St-Michel–Parc-Extension (VSP) a inauguré la semaine dernière des créneaux réservés aux femmes à la patinoire Bleu Blanc Bouge du parc François-Perrault. Son objectif? Garantir un accès inclusif et sécuritaire au hockey dans l’espace public.

Une quarantaine de femmes et une soixantaine de filles étaient au rendez-vous pour l’ouverture des créneaux qui leur étaient dédiés le 8 janvier dernier. En effet, tous les jeudis désormais, la glace sera réservée aux jeunes filles de 17 h à 18 h 30, et aux femmes de tous âges de 19 h à 21 h. 

VSP est le quatrième arrondissement de Montréal à proposer des horaires de hockey non mixtes, après que Verdun, LaSalle et Outremont aient lancé les leurs dans la dernière année. « Tout a commencé à Verdun, quand un groupe de filles a fait une demande pour avoir une plage horaire », raconte Marie-Élaine, qui gère la page Facebook répertoriant l’ensemble des horaires féminins disponibles dans la ville. « Tout le monde venait de super loin pour jouer », se souvient-elle. 

Voyant le succès rencontré par ces pratiques libres, un groupe de citoyennes a écrit à l’arrondissement de VSP pour obtenir une mesure similaire dans leur quartier. « Ça a été très bien reçu », témoigne Sophie-Anne, doctorante en sociologie et débutante en hockey, qui faisait partie des réclamantes.  

La popularité du hockey féminin  

« Nous avons constaté l’intérêt croissant pour le hockey féminin et avons souhaité répondre à cette popularité grandissante », explique Audrey Villeneuve, chargée de communication à l’arrondissement de VSP, que nous avons contacté par courriel. 

« Il y a un réel engouement des femmes pour le hockey depuis un an et demi  », constate Marie-Ange, 25 ans, qui s’est rendue à la première pratique du parc François-Perrault. L’année 2024 a en effet été marquée par le lancement de la nouvelle Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), à laquelle prend part le club de la Victoire de Montréal. 

« Je pense que la LPHF a un peu semé la graine. Moi, j’ai commencé à écouter les matchs, puis je me suis dit que j’allais essayer d’y jouer quand j’ai vu que des pratiques féminines existaient », confie pour sa part Marie-Élaine. 

Jouer entre femmes 

Ces créneaux réservés aux femmes répondent également à un besoin d’inclusion, alors que la patinoire était majoritairement occupée par des hommes et des garçons. « Quand t’es une fille puis que tu veux faire un sport majoritairement masculin, c’est dur de se sentir à l’aise », témoigne Marie-Ange, qui n’a pas apprécié les quelques fois où elle a joué à des horaires réguliers. 

« Souvent, tu arrives là-bas et il y a 30 garçons qui font des slap shots dans le but », rapporte Marie-Élaine, qui n’est pas toujours à l’aise de jouer en étant la seule femme du groupe. « On reçoit moins de passes, donc on se met la pression », regrette-t-elle, même si certaines de ses expériences étaient « correctes ». 

Pour l’arrondissement de VSP, l’initiative « s’inscrit également dans une démarche visant à renforcer l’accessibilité, la sécurité et la participation des femmes aux activités municipales », écrit la chargée de communication. Les joueuses rencontrées rapportent que la pratique féminine est un espace plus inclusif et sécuritaire, qui leur permet de jouer « pour le fun ». Depuis que ces créneaux existent, de nombreuses personnes viendraient jouer au hockey pour la première fois, alors « qu’elles n’avaient jamais osé essayer avant », témoigne Marie-Élaine. 

D’autres joueuses ont un bon niveau et se défient, tout en restant dans la bienveillance, poursuit l’organisatrice. « C’est le fun pour tout le monde, dans le fond. » 

Un hockey accessible 

Jouer au hockey au parc François-Perrault présente aussi l’avantage d’être plus accessible financièrement, puisque non seulement la pratique est gratuite, mais le prêt d’équipement est possible. « Tout le monde le sait : quand tu veux commencer le hockey, l’équipement, c’est vraiment cher », rappelle Sophie-Anne. 

À travers cette initiative, l’arrondissement de VSP voulait également « garantir un espace à [celles] qui veulent débuter sans avoir à s’inscrire dans une ligue fédérée ». 

À l’inauguration, au parc François-Perrault, « il n’y avait même plus de place sur les bancs » tant il y avait de monde, relate Marie-Élaine. Certaines joueuses pensent déjà à la suite, comme Sophie-Anne, qui estime que la demande est assez large pour ouvrir « deux ou trois blocs de plus ».