(Emmanuel Delacour/EMM)

La création d’un Pôle de cohabitation au Quartier latin : pour en finir avec les « silos »

Le gouvernement du Québec annonce de nouvelles sommes pour favoriser la cohabitation dans le Quartier latin, au centre-ville de Montréal, notamment entre les usagers des institutions présentes et les personnes en situation d’itinérance.

La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, a tout d’abord dévoilé un financement de plus de 1,2 M$ à la Fondation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour la mise en place d’un Pôle de cohabitation sociale du Quartier latin.

Cette initiative se fera en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, la Société de développement social et la Société de développement du Quartier latin.

Le projet d’une durée de trois ans inclut la présence « 24/7 » d’une brigade d’intervention, ainsi que des activités de formation à l’intention des partenaires du milieu, afin de les aider à mieux intervenir auprès des personnes vulnérables.

La ministre Martine Biron, la ministre Chantal Rouleau, et le président du comité exécutif, Claude Pinard (Emmanuel Delacour/EMM)

« Les personnes en situation de vulnérabilité ou d’itinérance ont besoin d’un accompagnement adapté à leur réalité et c’est ce que nous voulons leur offrir. Notre réponse doit être humaine, concertée et axée sur l’intervention », a souligné Mme Rouleau.

Par la création du Pôle, la ministre souhaite ainsi que tous les acteurs du milieu collaborent et qu’on en finisse ainsi du travail « en silo ».

Pour le directeur général de la Société de développement social, Martin Raymond, les précédents efforts de collaboration entrepris pour mieux gérer la cohabitation dans le centre-ville portent leurs fruits.

« La société de développement social collabore avec l’UQAM depuis plus de 5 ans dans différents projets […] [notamment dans un projet de] halte chaleur. Mais bien avant ça, nous avions des intervenants sociaux qui venaient supporter les équipes de sécurité [de l’UQAM] pour les former. Alors pour nous, on voit [le Pôle] comme un prolongement, mais aussi comme une reconnaissance de notre expertise », a-t-il insisté.

3 M$ pour l’UQAM

Pour sa part, la ministre de l’Enseignement supérieur et ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron, a profité de l’événement pour annoncer une allocation de 3 M$ sur trois ans pour l’UQAM dans le budget 2026-2027.

Concrètement, cette enveloppe ira à la mise en place de meilleurs systèmes de prévention et de sécurité, ainsi qu’à la réalisation de campagnes de sensibilisation avec les intervenants du milieu. En outre, on prévoit améliorer le déploiement des ressources en prévention et sécurité sur le campus et dans le quartier et assurer une réponse efficace aux enjeux de cohabitation sociale entre les étudiants et les populations marginalisées.

Ensuite, la Ville de Montréal a elle aussi dévoilé un financement pour une équipe de deux nouveaux intervenants sociaux qui parcourront le quartier dès la mi-juin. Cette initiative sera pilotée par la Société de développement social.

« Ça s’ajoute à une équipe qui est déjà en place qui compte 15 intervenants sur le territoire de Ville-Marie. En 2025, ces intervenants-là ont réalisé plus de 2 500 interventions », a illustré Claude Pinard, conseiller de la ville dans Ville-Marie et président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

De plus, l’arrondissement de Ville-Marie et la ville centre investissent aussi 1,5 M$ en 2026 par l’intermédiaire de la Société de développement du Quartier latin pour améliorer l’animation, la propreté et l’attractivité du secteur.

De son côté, le recteur de l’UQAM, Stéphane Pallage, a expliqué que l’établissement a choisi de « s’impliquer activement » dans la « relance du Quartier latin » en créant un nouveau poste au sein de son organisation, celui de vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin, qui est occupé par Priscilla Ananian.

Par ailleurs, l’administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada a annoncé ce mercredi la création d’une cellule de crise coordonnée par le Groupe d’intervention tactique en itinérance, ce qui comprend une enveloppe de 29,8 M$ cette année, notamment pour des opérations de propreté et un projet pilote dans le secteur de la friche Notre-Dame, où plusieurs campements se trouvent.