Sylvain Gariépy sera candidat à la mairie de VSP en novembre prochain (Emmanuel Delacour/EMM)

Course à la mairie de VSP : un urbaniste pour le « pragmatisme » représentera Ensemble Montréal

C’est l’urbaniste Sylvain Gariépy qui tentera sa chance à la mairie de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension (VSP) pour l’équipe d’Ensemble Montréal aux prochaines élections municipales. Celui-ci dit vouloir tirer parti de 25 ans d’expérience dans le domaine de l’aménagement urbain pour prendre les bonnes décisions pour l’arrondissement et ses citoyens.

La question de l’habitation, VSP n’y échappe pas, croit celui qui a été président de l’Ordre des urbanistes du Québec. Cet important enjeu, présent partout dans la province, frappe aussi cet arrondissement pour lequel il souhaite représenter le parti de Soraya Martinez Ferrada.

« Ce qui est intéressant dans VSP, c’est que la Ville de Montréal est quand même propriétaire de huit bâtiments et terrains avec lesquels on peut faire des projets. Je pense entre autres à l’ancien hôpital chinois (situé sur la rue Saint-Denis), qui a beaucoup de potentiel en termes de superficie et de nombres d’étages », souligne M. Gariépy.

Cet édifice, inoccupé depuis 1999 et racheté par la Ville en 2019, offre un exemple des dossiers qui ont piétiné dans l’arrondissement dans les dernières années. Malgré l’acquisition par l’administration publique, il a été impossible de faire sortir de terre les logements sociaux souhaités par Montréal, faute de financement de la part des paliers de gouvernement supérieurs.

« Il faut avoir la capacité d’établir des ponts et des liens avec les deux instances de gouvernement. (…) Il faut pouvoir convaincre Québec et Ottawa de travailler avec nous, et peu importe les couleurs des gouvernements. Il faut que l’argent atterrisse plus vite sur les projets », fait valoir le candidat à la mairie de VSP.

Selon ce dernier, il est aussi possible d’accélérer les chantiers de plusieurs façons, en facilitant notamment les montages financiers et en conservant certains terrains en dehors du marché. « Mme Martinez Ferrada a récemment proposé de faire des baux emphytéotiques pour permettre à des organismes, des OBNL d’habitation et des coopératives de faire des projets sur des terrains qui ne vont leur coûter absolument rien et qu’ils vont louer pour un prix très accessible », insiste l’urbaniste.

Mieux penser les pistes cyclables

Souvent associés à l’administration de Projet Montréal, les aménagements cyclables demeurent un sujet controversé pour de nombreux Montréalais. Qu’on les aime ou les honnisse, ces pistes réservées aux vélos font désormais partie du paysage de la métropole. Pour M. Gariépy, si certains projets se sont avérés un pari gagnant, comme le REV de la rue Saint-Denis, d’autres cas relèvent plutôt d’un dogmatisme politique que d’une véritable planification saine.

« Depuis les cinq dernières semaines, je suis sur le terrain et les gens me disent qu’ils sont pour les pistes cyclables, mais ils me demandent si elles pourraient être mieux adaptées au milieu de vie auquel elles s’intègrent. (…) L’objectif c’est d’avoir un lien cyclable continu, bien entendu, mais est-ce qu’on doit appliquer la même recette partout ? », questionne le candidat.

Assurant ne pas vouloir rabattre le caquet des militants de l’expansion du réseau cycliste, celui-ci propose plutôt de « bonifier » ce qui a déjà été fait, mais en retournant sur le terrain, par la voie « d’audits ».

« Je ne suis pas là pour « basher » Projet Montréal, il y a eu de belles initiatives, mais il y a eu beaucoup de changements qui ont été faits sans écoute de la population. Ça transpire dans mes discussions avec les citoyens, les gens ne se sentent pas écoutés du tout », constate-t-il. Par exemple, le nombre de voies cyclables aménagées dans certains secteurs ou la quantité de places de stationnement retirées dans le cadre de certains projets ne sont pas toujours justifiés pour des raisons pragmatiques, mais plutôt par choix politique, observe l’urbaniste.

Enfin, M. Gariépy souhaite se pencher sur les enjeux de la salubrité, de la qualité des aménagements publics et de la reconstruction de l’autoroute Métropolitaine. En effet, la présence de vermine en raison de l’accumulation de déchets à certains endroits, notamment dans Parc-Extension, le préoccupe. « C’est un problème dans toutes les villes, mais quelles sont les solutions qu’on pourrait mettre en place pour exterminer le plus grand nombre de rats possible ? Un moment donné, ça atteint un stade de nuisance », affirme le candidat à la mairie.

Pour avoir travaillé sur les chantiers de l’échangeur Turcot et sur l’étude d’intégration urbaine et environnementale du pont Samuel-De Champlain, l’urbaniste aimerait que le gouvernement mette de l’avant ses visées pour la reconstruction de l’autoroute Métropolitaine. « Quand on met à jour les autoroutes aujourd’hui, les voies d’accotement sont plus larges, on se donne de l’espace pour les voitures en panne, les accidentés, les véhicules d’urgence. Alors, est-ce que ce sera aussi le cas avec l’autoroute Métropolitaine? C’est déjà une fracture dans l’espace urbain. Est-ce que ça va être encore plus gonflé comme fracture? », questionne en terminant Sylvain Gariépy.