
De gauche à droite: Jean-François Gilker, agent de développement à Bâtir son quartier, Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal et députée de Pointe-aux-Trembles, Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal, Caroline Desrochers, secrétaire parlementaire du ministre du Logement et de l’Infrastructure et Michel Taylor, président du conseil d’administration de Gérer son quartier.(Marie-Hélène Chartrand / EMM)
23 juin 2026Coulée Grou : un projet de 200 logements sociaux et communautaires à PAT
La première pelletée de terre du projet immobilier Coulée Grou a été soulignée lundi au 15 777, rue Sherbrooke Est, sur le site de l’ancien motel Pignons Rouges, à Pointe-aux-Trembles (PAT). Évalué à 96 M$, le projet prévoit la construction de 200 logements sociaux et communautaires.
L’ensemble immobilier comprendra des logements d’une à quatre chambres destinés à des ménages à revenu faible ou modeste. L’événement a réuni des représentants des trois paliers de gouvernement ainsi que des acteurs du milieu communautaire impliqués dans le développement du projet.

(Courtoisie Rayside Labossière)
Des logements pour plusieurs types de ménages
La répartition des unités comprend 69 appartements d’une chambre, 54 de deux chambres, 73 de trois chambres et 4 logements de quatre chambres. Cette variété vise à répondre aux besoins de différents types de ménages, dont les personnes seules, les petits ménages, les familles et les aînés autonomes.
Pour Michel Taylor, président du conseil d’administration de Gérer son quartier, la présence de grands logements est un élément central du projet. « 39 % des unités ont trois ou quatre chambres. Je pense que c’est très important d’avoir des logements avec plusieurs chambres quand on veut favoriser la mixité sociale », déclare-t-il.
Selon l’échéancier prévu, les futurs locataires pourront emménager dès l’automne 2028. De plus, jusqu’à 160 ménages admissibles pourraient bénéficier du Programme de supplément au loyer, qui permet de limiter le montant consacré au loyer à 25 % du revenu.
Gérer son quartier sera propriétaire et gestionnaire de l’immeuble. Le projet est développé avec l’accompagnement de Bâtir son quartier, une entreprise d’économie sociale qui coordonne depuis plus de 40 ans des projets d’habitation et d’immobilier communautaire pour des ménages à revenu faible ou moyen.
Un lieu revitalisé
Le terrain où sera construit le projet immobilier – situé à proximité du parc de la Coulée-Grou et de la rue Sherbrooke Est – était auparavant occupé par le motel Pignons Rouges.
Chantal Rouleau rappelle que l’emplacement a connu plusieurs transformations au fil des années: « Le motel Pignons Rouges, par le passé, ça a déjà été un endroit assez prestigieux dans Pointe-aux-Trembles, mais qui a perdu de son lustre les dernières années; et le temps d’être vendu, et qu’on puisse procéder à la démolition, il y a eu des squatteurs, donc c’est devenu un lieu pas très intéressant. Sauf que là, avec l’acquisition du terrain faite par Bâtir son quartier, Gérer son quartier et le Fonds de solidarité afin de bâtir de nouveaux logements sociaux, ça permet de redonner à l’endroit ses lettres de noblesse », affirme la députée de PAT et ministre dans le gouvernement Fréchette.
Un projet intégré à son environnement

Antonin Labossière, associé chez Rayside Labossière (Marie-Hélène Chartrand / EMM)
La conception architecturale a été confiée à Rayside Labossière. Antonin Labossière, architecte associé au sein de la firme, explique que le projet a été pensé autour d’un axe central qui servira d’abord aux déplacements à pied, tout en permettant le passage de véhicules d’urgence et de déménagement au besoin.
Cet axe intégrera aussi un aménagement lié à la gestion des eaux de pluie. « Au centre, on a créé un axe structurant, surtout piéton, avec une petite coulée qui récupère une partie des eaux de pluie. Toute cette eau-là va être retournée à la Coulée Grou, l’affluent naturel dans le parc à l’arrière », a expliqué l’architecte.
Le projet prévoit également des aménagements paysagers, des arbres, des espaces de cour et des jeux pour enfants. Selon Antonin Labossière, ces éléments visent notamment à réduire les îlots de chaleur et à créer des espaces communs pour les résidents. « Les budgets sont très limités, mais l’idée, c’est d’avoir des projets quand même de grande qualité pour les personnes qui y habitent », a-t-il ajouté.
Un projet de longue haleine
Le lancement des travaux met fin à plusieurs années de démarches pour les partenaires du projet. L’acquisition du terrain, la planification du développement et la recherche du financement ont retardé le démarrage du chantier. « Ça a pris six ans pour concrétiser cette première pelletée de terre. J’espère que la deuxième phase ne prendra pas un autre six ans, parce que dans le contexte actuel, on a tellement besoin de logements », a mentionné Michel Taylor.
Le projet initial prévoyait un ensemble plus vaste de 700 logements. Toutefois, il a été convenu avec les partenaires de l’initiative, dont la Ville de Montréal et l’arrondissement, de scinder le développement en plusieurs phases.

Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal (Marie-Hélène Chartrand / EMM)
Un montage financier de 96 M$
Le coût total de Coulée Grou est évalué à 96 M$. Le Canada et le Québec contribuent ensemble pour plus de 43,3 M$, à parts égales, dans le cadre de l’Entente Canada-Québec liée au Fonds pour accélérer la construction de logements et des investissements annoncés par Québec. Le gouvernement fédéral ajoute 36,5 M$ par l’entremise du Fonds pour le logement abordable, sous forme de prêt-subvention et de prêt à faible taux d’intérêt.
La Ville de Montréal investit 15,6 M$, incluant une contribution directe à la construction. Un prêt de 5,4 M$ provenant du Fonds d’acquisition de Montréal a permis l’achat du terrain. Un prêt hypothécaire complète le montage financier du projet.







