Le Centre communautaire Le Mainbourg est le premier d’une longue liste de projets attribuables à la Corporation Mainbourg (Courtoisie Corporation Mainbourg)

Corporation Mainbourg : acquérir, bâtir et rassembler

En pleine expansion, la Corporation Mainbourg s’engage dans un changement d’échelle visant à tripler son parc immobilier d’ici dix ans. Inspirée par les modèles européens, elle cherche à concilier développement immobilier, vitalité communautaire et qualité des milieux de vie.

François Claveau, directeur général de la Corporation Mainbourg (LinkedIn)

Pour François Claveau, directeur général de la Corporation Mainbourg depuis plus de vingt ans, la trajectoire de l’organisation s’est construite graduellement. « L’évolution de la corporation s’est faite par opportunité, par vision également. Maintenant, on veut avoir un développement continu, un rythme soutenu dans la réalisation des projets », explique-t-il.

L’objectif est ambitieux : passer de 1 200 logements à environ 3 500 d’ici 10 ans. « On veut avoir une ou deux réalisations par année, ce qui représente environ 200 logements par acquisition ou par construction », précise-t-il. Cette croissance repose autant sur la capacité organisationnelle que sur la solidité financière. « Il faut que l’organisation humaine et financière puisse suivre le rythme. Le financement gouvernemental doit aussi être au rendez-vous », ajoute-t-il.

Mathieu Riendeau, directeur du développement immobilier, insiste pour sa part sur la dimension collaborative : « Il y a la notion de synergie des partenariats. Il faut que les bons partenaires et les bonnes personnes soient connectés ensemble pour faire lever les projets. »

Professionnalisation et changement d’échelle

La Corporation Mainbourg fait partie des grands joueurs de l’économie sociale en habitation au Québec. Son développement s’inscrit dans un mouvement de professionnalisation du secteur. « On ne peut plus se développer comme on l’a fait dans les 40 dernières années, par une multitude de petits groupes créés au fil des besoins », souligne François Claveau.

Selon lui, cette évolution est nécessaire pour renforcer la crédibilité auprès des gouvernements et des institutions financières. « On démontre la crédibilité des grands groupes par la professionnalisation de notre personnel, tout en continuant de collaborer avec des organismes de proximité », dit-il.

Mathieu Riendeau, directeur du développement immobilier de la Corporation Mainbourg (LinkedIn)

Mathieu Riendeau complète : « Dans les dernières décennies, plusieurs groupes offraient d’abord des services à la collectivité et développaient un projet immobilier sans en avoir l’expertise. Aujourd’hui, des organisations comme la nôtre intègrent des professionnels du développement et de la gestion immobilière, ce qui augmente l’efficacité et la durabilité des projets. »

L’inspiration des modèles européens

Comme mentionné plus tôt, la réflexion stratégique de la Corporation Mainbourg s’appuie sur des modèles européens, notamment ceux du Danemark et de l’Autriche. « En Autriche, c’est autour de 21 %, à Vienne, parfois jusqu’à 45 %. Ici, on est à 4 % pour l’ensemble du marché, à 9 % pour le marché locatif, et la cible est de 20 % d’ici 2050 », explique le directeur général.

Une telle structure favorise la stabilité des loyers et la pérennité du parc abordable. « On ne vendra pas nos immeubles, ce qui assure l’abordabilité à long terme. Celle-ci se construit dans le temps. Les modèles européens sont intéressants parce qu’ils ont commencé il y a 100 ans et ont bâti de la stabilité », poursuit-il.

Mathieu Riendeau mentionne un autre concept inspirant : « Ces pays utilisent la rotation de l’équité. Les projets réalisés il y a 20 ou 30 ans sont réhypothéqués pour financer de nouveaux projets. Ça réduit la dépendance aux subventions et rend les organismes plus agiles. »

Le Domaine La Rousselière (Courtoisie Corporation Mainbourg) 

Développement territorial : un ancrage fort dans l’Est de Montréal

Le développement de l’Est de Montréal constitue le cœur de la mission de la Corporation Mainbourg. L’organisation voit ce territoire comme un vaste potentiel de redéploiement urbain et social, dans une perspective de transition socio-écologique. Pour le directeur général, cet engagement territorial s’exprime autant dans les projets immobiliers que dans la vision à long terme de l’organisation. « Le développement de l’Est, c’est rêver grand et redonner à la population la richesse de son potentiel », résume ce dernier.

Bien que la majorité de leurs projets soient situés dans l’Est de la métropole, la Corporation Mainbourg élargit progressivement sa portée. « On a des projets dans plusieurs régions : Longueuil, Laval, Lanaudière et Montréal », précise M. Claveau, avant d’ajouter : « On reste ancrés dans Pointe-aux-Trembles, mais on veut reproduire ailleurs le modèle qu’on a bâti ici. »

Les récents développements, comme l’acquisition des 720 logements du Domaine de la Rousselière, s’inscrivent dans cette logique de continuité. Le site offre, selon lui, « la possibilité d’ajouter plus de 2 000 logements dans les vingt prochaines années ».

Des milieux de vie avant tout

Au-delà de la construction et de l’acquisition d’immeubles, la Corporation Mainbourg se définit comme un bâtisseur de milieux de vie. « On ne veut pas seulement offrir des logements, mais des endroits agréables, économiques et stimulants pour la vie sociale et économique du territoire », explique François Claveau.

Ce souci se traduit par la présence d’intervenants communautaires dans les immeubles et par des initiatives visant la cohésion sociale. « On s’assure que le vivre-ensemble soit stimulant et que les locataires aient accès à un accompagnement de première ligne, à des activités et à un environnement de qualité », précise-t-il.

Cette approche inclut aussi une sensibilité environnementale croissante. « On veut des bâtiments plus écoresponsables, avec un souci de transition écologique et de sécurité alimentaire. C’est une évolution naturelle de notre mission », conclut celui-ci.


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