Le Comité logement de Saint-Michel a pris part aux manifestations pour du logement social organisées par le FRAPRU à la mi-mai. (Facebook)

LE COMITÉ LOGEMENT SAINT-MICHEL S’ORGANISE

Les locataires de Saint-Michel pourront bénéficier d’une nouvelle ressource pour les aider à défendre leurs droits, puisque le jeune comité logement local vient de décrocher un financement qui lui permettra d’accomplir sa mission.

Fondé en 2023, le Comité Logement Citoyen Saint-Michel a récemment obtenu des enveloppes de la part de la Ville de Montréal et de l’arrondissement Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, respectivement à la hauteur de 68 175 $ de 2025 à 2027 et de 190 000 $ de 2025 à 2028.

Il s’agit d’un pas de géant pour l’organisme, selon son cofondateur Alexandre Boucher Bonneau, car ce financement permettra au comité d’avoir des revenus stables dans un futur immédiat. « On va embaucher notre première ressource cet été. Cela va nous aider à donner du service sur le terrain. (…) On se cherche aussi un local et d’autre financement pour la suite, mais disons que pour les quatre prochaines années, on peut respirer un petit peu », souligne M. Boucher Bonneau.

Alexandre Boucher Bonneau, membre fondateur du Comité logement citoyen Saint-Michel (Facebook)

Le premier employé du Comité Logement Citoyen Saint-Michel sera un coordonnateur qui gérera la mission de l’organisme. « Que ce soit par des ateliers, du soutien individuel personnalisé en fonction des besoins, ou des représentations au Tribunal administratif du logement (TAL), on va pouvoir ouvrir des plages horaires. On pense être ouvert environ deux ou trois jours par semaine pour être à la disposition des citoyens », explique-t-il.

Par ailleurs, le 11 juin prochain, en partenariat avec le Comité d’action des locataires de l’Ouest-de-l’Île Calodi, le Comité offrira son premier atelier public gratuit bilingue destiné aux citoyens du quartier.

Selon le cofondateur de l’organisme, la récente création du Comité est survenue en réponse à un important manque de ressources dédiées à la défense des droits des locataires dans Saint-Michel.

En effet, plusieurs d’entre eux étaient forcés jusqu’à tout dernièrement de faire appel à des organismes en dehors du quartier. « Nos collègues de l’association des locataires de Villeray nous ont indiqué recevoir entre 10 à 15 % de leurs appels en provenance de résidents de Saint-Michel, et, dans Ahuntsic, c’est environ 5 % des appels qui proviennent de notre quartier », affirme M. Boucher Bonneau.

Plusieurs enjeux dans le quartier

Selon un portrait statistique rédigé en 2024 par la table de quartier Vivre Saint-Michel en santé (VSMS), 23 605 logements privés sont occupés sur le territoire de Saint-Michel. Une vaste majorité (71,3 %) des ménages sont locataires dans le quartier, et 16,2 % d’entre eux ont des besoins impérieux en matière de logement.

De plus, 14 % des ménages vivent dans un logement de taille insuffisante et près du quart des locataires michelois (22,5 %) consacrent plus de 30 % de leurs revenus aux frais de logement. Si 8,6 % des logements du quartier sont subventionnés, ce qui est près de la moyenne pour l’île de Montréal (8,4 %), ce chiffre demeure insatisfaisant selon M. Boucher Bonneau, en raison de la proportion de personnes vivant à faible revenu dans le quartier (22,3 % à Saint-Michel contre 16,4 % en moyenne sur l’île de Montréal).

D’ailleurs, en 2019-2021, le tiers des demandes d’aide reçues par le Bureau info logement (BIL) en provenance de Saint-Michel concernait l’insalubrité. Pis encore, le nombre de personnes ayant contacté le BIL pour un problème d’insalubrité a augmenté de 32 % durant ces années (123 personnes en 2020-2021 contre 93 pour 2019-2020). La présence de coquerelles et de moisissures est au sommet de la liste des problèmes d’insalubrité dans Saint-Michel.

Dans le cadre d’un projet mené par l’organisme Centre éducatif communautaire René-Goupil, 24,6 % des 156 locataires rencontrés ont déclaré vivre des situations d’insalubrité.