Le système de chaufferie de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal sera complètement remplacé (courtoisie CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal)

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal se dote d’un plan de décarbonation

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal lance un important chantier d’une valeur de 115 M$ pour réduire son empreinte environnementale. Ce plan de décarbonation visera ses bâtiments, une de ses plus grandes sources d’émission de carbone.

En effet, l’organisme qui gère les établissements de santé de l’est de l’île prévoit « le plus grand projet du genre » dans ce secteur au Québec. Selon son bilan carbone de l’an dernier, les bâtiments représentent 29 % des émissions de GES du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, soit environ 24 000 tonnes de CO², l’équivalent de 5 200 autos de plus sur la route pendant un an.

« Les 20 bâtiments qui sont inclus dans le projet, ce sont ceux dont on est propriétaire […] Donc, on se concentre sur lesquels on peut intervenir », explique Hugo Ouellette, directeur des services techniques du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

Plus précisément, on vise l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini, l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, 13 CHSLD, trois CLSC et un site OBNL.

L’enveloppe de 115 M$ provient de trois sources financières : le fonds de maintien des actifs immobiliers versés chaque année par Québec aux CIUSSS; les subventions environnementales d’Hydro-Québec, Énergir et Transition énergétique Québec; et un emprunt à long terme qui sera autofinancé avec les économies réalisées dans le cadre de l’initiative.

En plus de réduire de 14 000 tonnes ses émissions de gaz à effet de serre (- 58 %) et de 230 000 gigajoules (- 29 %) sa consommation énergétique, la décarbonation de ses établissements devrait aussi générer au CIUSSS des économies annuelles estimées à 4,4 M$ (- 37 %).

Le chantier qui devrait durer 30 mois débutera cet automne et serait ainsi complété au courant de 2028.

Des mesures concrètes

De la conversion de l’éclairage du type DEL à l’utilisation de l’aérothermie, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal prévoit une série de mesures dans le cadre de son plan de décarbonation.

En premier lieu, le simple fait de changer le type d’éclairage dans ses établissements peut avoir un impact majeur sur la consommation d’énergie. Un inventaire a été entrepris pour répertorier les luminaires qui doivent être remplacés. « Il faut comprendre qu’au fur et à mesure que l’on fait des projets de nouveaux aménagements, on remplace systématiquement les néons par des luminaires DEL. Donc, on ne part pas de zéro », souligne M. Ouellette.

Cette modification peut se faire assez rapidement dans certains cas, affirme-t-il. Effectivement, parfois, il suffit de changer une ampoule, tandis que dans d’autres une intervention de moyenne envergure pour changer le ballast qui accueille les tubes fluorescents est nécessaire. « C’est à géométrie variable », précise le directeur des services techniques.

D’un autre côté, les chantiers de remplacement des chaufferies de l’Institut universitaire de santé mentale et du pavillon Rosemont de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont seront beaucoup plus imposants. « Il faut comprendre qu’on dessert à peu près un million de pieds carrés avec les chaufferies de l’Institut universitaire de santé mentale. Avec cela, non seulement on vient remplacer le cœur du système de chauffage, en passant de chaudières à vapeur à des chaudières électriques, mais aussi tout le réseau d’eau chaude qui va se propager à travers tout le bâtiment », indique M. Ouellette.

Bien que les interventions pour changer la tuyauterie ne se feront pas nécessairement aux endroits où sont offerts les services, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal adoptera une stratégie pour minimiser les impacts de ce chantier dans les deux établissements, notamment en procédant durant le soir, la nuit et la fin de semaine.

« On va s’assurer qu’on est de concert et arrimé à 100% avec les soins pour avoir un impact qui est le plus minimal possible », rassure le directeur des services techniques.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal souhaite aussi faire appel à l’aérothermie pour mieux gérer le chauffage de ses édifices. Derrière ce terme érudit se trouve un procédé assez simple. « C’est le même principe que les thermopompes qu’on a chez nous. Le principe de l’aérothermie, c’est de capter la chaleur ambiante et de l’emmagasiner. Ensuite, on va se servir de cette énergie pour faire du préchauffage de nos systèmes de chauffage en hiver », affirme M. Ouellette.

Ces équipements, qui sont populaires en raison de leur facilité d’installation et leur performance, sont généralement mis en place sur le toit des édifices. Il s’agira de nouveaux équipements dans la majorité des immeubles du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, exception faite de l’hôpital Santa Cabrini, qui possède cette technologie depuis un précédent projet de réaménagement.

Enfin, on vise à optimiser la consommation d’énergie des édifices, en outre en choisissant mieux le moment où sont chauffées certaines salles afin de réduire la quantité d’énergie dépensée inutilement. L’utilisation de logiciels d’intelligence artificielle permettra ainsi d’évaluer la meilleure séquence de chauffe.

« L’optimisation, ça pourrait aussi être la gestion d’appareils, comme les hottes dans nos cuisines. Avec un système de vitesse variable, on peut s’assurer qu’elles ne sont pas à 100 % de leur capacité lorsqu’elles ne sont pas utilisées dans un contexte de cuisine. Elles vont donc rouler moins vite et dépenser moins d’énergie », explique M. Ouellette.