
Christine Fréchette (Emmanuel Delacour/EMM)
10 avril 2026Christine Fréchette présente ses priorités pour l’Est
Le 12 avril prochain, les 20 000 membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) auront choisi leur nouveau chef. Dans cette course qui se joue entre deux candidats, Christine Fréchette et Bernard Drainville, la première est fortement rattachée à l’est de la métropole. Ayant elle-même été présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, elle connaît bien les enjeux de ce secteur. Celle-ci nous a accordé une entrevue pour parler de ses priorités pour l’Est.
D’entrée de jeu, la députée de Sanguinet affirme avoir « l’Est gravé sur le cœur » et souhaite faire avancer plusieurs dossiers si elle vient à remporter son pari, venant ainsi succéder à François Legault pour devenir première ministre du Québec.
HMR
Mme Fréchette s’était engagée en mars dernier sur les réseaux sociaux à mettre en place « les sommes nécessaires à la rénovation et à la modernisation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) » afin que le projet se concrétise. Cette dernière avait fait cette annonce à la suite d’une sortie médiatique de la part d’une coalition de personnalités civiles qui dénonçaient la stagnation observée dans l’avancement de ce projet vital pour l’Est de Montréal. « Les sommes qui sont requises vont être disponibles », assure la députée, ajoutant qu’il s’agit d’un « projet qui est priorisé. » Toutefois, cette dernière n’a pas pu dévoiler la nature des montants « qui seront annoncés dans les prochains jours. »
En effet, un article du Journal de Montréal publié le 8 avril indiquait que Québec s’apprête à confirmer que les 300 M$ nécessaires au démarrage du projet seront bientôt injectés. « Ces sommes vont permettre d’aller de l’avant avec, notamment, le stationnement, qui est un élément déclencheur du projet », résume Mme Fréchette.
Navettes fluviales et PSE
En ce qui concerne la question des transports, l’élue rappelle la nécessité de poursuivre le développement du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal. Il en va de même pour le service de navettes fluviales et pour le Projet structurant de l’Est (PSE) qui propose d’aménager un réseau de tramway reliant Pointe-aux-Trembles, Montréal-Nord et Repentigny.
Récemment on apprenait qu’aucun financement n’avait encore été annoncé par le gouvernement du Québec pour renouveler la saison 2026 des navettes fluviales et que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) attendait toujours que l’on finalise les détails de l’entente. Seules les deux lignes mises en place pour compenser pour les travaux du tunnel Louis-H.-La Fontaine avaient été confirmées.
Mme Fréchette n’a pas souhaité s’exprimer sur l’avancement de ce dossier, puisqu’elle a laissé de côté ses fonctions de ministre il y a deux mois pour se lancer dans la course au leadership de la CAQ. « Je n’ai pas eu d’information relativement à cette question », explique-t-elle.
En ce qui a trait au dossier du PSE, Mme Fréchette affirme qu’il s’agit d’un « projet prioritaire » pour l’agence qui en est responsable : Mobilité Infra Québec (MIQ). Pourtant, on apprenait de Radio-Canada le 11 mars dernier que la nouvelle agence n’avait toujours pas en main ce mandat, malgré le fait que ses équipes soient déjà prêtes à prendre le relais dans la planification du réseau de transport. « Il faut accélérer les choses pour que cela prenne forme plus rapidement. Cela va permettre aux citoyens de Pointe-aux-Trembles de se déplacer plus facilement », indique l’élue.
En outre, cela fait depuis plusieurs années que l’Est retient son souffle pour savoir ce qui adviendra des terrains qui étaient autrefois exploités par l’entreprise Esso. En entrevue avec EST MÉDIA Montréal en 2023, l’ancien ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, et ministre responsable de la région de Montréal, Pierre Fitzgibbon, avait confirmé qu’une entente devait se concrétiser d’ici « les douze prochains mois » pour le rachat, par Québec d’un des deux terrains. L’objectif étant de favoriser un développement en harmonie avec la vision du gouvernement et de la Ville de Montréal pour ce secteur.
Depuis cette entrevue, aucune communication n’a été faite sur ce dossier, si ce n’est que le gouvernement a annoncé en novembre 2023 la création de la Société de mise en valeur des terrains dans l’Est de Montréal pour acquérir, décontaminer et revendre les terrains industriels contaminés. À ce sujet, Mme Fréchette, qui a hérité de M. Fitzgibbon, le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, affirme qu’il s’agit d’un dossier qu’elle « priorise ». « Il faut faire en sorte que le gouvernement contribue à la transformation de ces terrains, à la fois pour leur décontamination et à leur relance d’une manière structurée », souligne Mme Fréchette. Selon cette dernière, les discussions avec le propriétaire des terrains, l’entreprise Imperial Oil Limited, avancent et sont toujours en cours.
Logement et itinérance
Enfin, sur la question de l’habitation et de l’itinérance, l’élue met de l’avant plusieurs propositions pour améliorer l’accès au logis abordable. Cette dernière veut travailler avec le Programme d’habitation abordable du Québec pour « faire en sorte qu’il y ait davantage de construction » en bonifiant les objectifs. De plus, Mme Fréchette veut privilégier les entreprises québécoises spécialisées en habitations préfabriquées pour accélérer les chantiers et économiser sur les coûts.
« Je veux aider la jeune génération à devenir propriétaire, parce que ça devient de plus en plus difficile pour l’acquisition d’une maison ou d’un condo. Alors, je me suis engagée à rembourser, en partie ou en totalité, la taxe de bienvenue, c’est-à-dire les droits de mutation, pour donner un coup de pouce financier aux jeunes », affirme Mme Fréchette.
Se disant touchée par le cri du cœur lancé part la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, à la suite du décès de deux personnes en situation d’itinérance il y a quelques semaines, Mme Fréchette assure vouloir travailler avec toutes les instances responsables pour combattre cette crise. Notamment, elle souhaite « déployer à plus grande échelle » le Projet de réaffiliation en itinérance et santé mentale, qui selon elle a donné des résultats intéressants.






