
(Photo / Arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie)
25 mars 2026Chantiers majeurs : une aide financière plus rapide offerte à un plus grand nombre de commerçants
La Ville de Montréal revoit en profondeur son programme d’aide financière destiné aux commerces affectés par les chantiers majeurs. Les nouvelles mesures visent à donner un accès plus rapide aux subventions, à simplifier les démarches et à élargir le nombre de secteurs admissibles, incluant plusieurs artères de l’est de la métropole.
Le nouveau programme fusionne deux volets d’aide existants en un guichet unique. Parmi les changements notables, la Ville accélère le versement des fonds : alors que les commerçants devaient auparavant attendre « plus de 150 jours » pour obtenir un soutien, ils recevront désormais un montant forfaitaire de 5 000 $ dès le dépôt de leur demande. Par la suite, une compensation financière basée sur les pertes financières réelles pourra être accordée, jusqu’à concurrence de 40 000 $.
Un autre changement majeur concerne le temps d’attente : alors qu’il fallait auparavant endurer six mois de travaux avant d’être admissible, ce délai est réduit de moitié le faisant passer à trois mois. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a souligné l’importance de ces changements pour la survie des entreprises locales lors de la conférence de presse : « Il était important pour nous de les (les commerçants) écouter et de leur donner de l’air, alors qu’on sait que notre réseau d’aqueduc est très âgé et que plusieurs de nos artères seront en chantier. »
Par ailleurs, la Ville affirme que la refonte permettra de réduire la bureaucratie, notamment grâce à un processus de demande désormais entièrement en ligne. Chantal Gagnon, mairesse de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et responsable du développement économique au comité exécutif, a résumé l’objectif ainsi: « C’est moins de paperasse pour les commerçants, plus de support. »

(De gauche à droite) : Leslie Roberts, conseiller de Ville de Peter-McGill, Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal et Chantal Gagnon, mairesse de MHM et responsable du développement économique et de l’économie verte lors de la conférence de presse pour annoncer les nouvelles mesures concernant l’aide financière pour les commerces touchés par les chantiers majeurs. (Photo : EMM/Marie-Hélène Chartrand)
Élargissement des zones admissibles
Plus d’une vingtaine de secteurs seront élargis ou ajoutés au programme. Dans l’est de Montréal, cet élargissement de l’admissibilité au programme concerne le secteur de la rue Notre‑Dame Est et de la 13e Avenue (Rivière-des-Parairies-Pointe-aux-Trembles) ainsi que celui de la phase 2 du chantier Maisonneuve-Berri (Ville-Marie). De plus, de nouveaux secteurs ont été ajoutés pour les chantiers de De Lorimier (Ville‑Marie) et celui de la rue Fleury Est (Ahuntsic-Cartierville).
Selon la Ville, ces ajustements visent à mieux refléter la réalité du terrain et à éviter qu’ un commerce situé à quelques mètres d’un chantier ne soit pas admissible. Lors de la conférence de presse, la mairesse a donné l’exemple médiatisé d’une pizzeria, dont le chiffre d’affaires avait descendu en flèche en raison de la présence de travaux routiers, mais qui n’était néanmoins pas admissible à l’aide financière en vertu d’un découpage technique. « Les gens d’un côté étaient couverts, de l’autre, non », a résumé le conseiller de Ville du district Peter-McGill, Leslie Roberts.

Une carte des secteurs admissibles à l’aide financière est disponible sur le site Web de la Ville de Montréal (Image / site Web Ville de Montréal)
L’opposition émet des réserves
Malgré l’accueil généralement positif de ces mesures, l’opposition à l’hôtel de ville soulève certaines inquiétudes, particulièrement en ce qui concerne le contrôle des dépenses. « Un enjeu que je vois, c’est que ça peut facilement devenir un bar ouvert », dit Sylvain Ouellet, porte-parole de l’opposition en matière d’infrastructures. Ouellet s’inquiète également de l’absence d’estimation budgétaire : « On augmente le nombre de commerces qui peuvent être compensés et on diminue les seuils d’accès, donc, forcément, ça va coûter plus cher. Mais on vient d’adopter un budget il y a deux mois et ces mesures n’en font pas partie », fait-il remarquer.
Il rappelle également que plusieurs éléments du programme ont été instaurés par l’ancienne administration, notamment l’aide forfaitaire automatique.
Prochaines étapes
Le programme amélioré doit entrer en vigueur d’ici la fin du printemps 2026. D’ici là, les demandes déposées avant le 1er janvier continuent d’être traitées selon les anciennes règles, et l’aide basée sur la perte de bénéfices demeure accessible.
La Ville n’a pas encore dévoilé le budget total associé à la réforme, mais indique que l’objectif est d’aider davantage de commerces à traverser les chantiers majeurs qui seront nombreux au cours des prochaines années.






