(Emmanuel Delacour/EMM)

Centre-Sud : la première rue éponge de Montréal complétée

Après s’être refait une beauté, la rue Larivière dans le quartier Centre-Sud est désormais transformée en place publique adaptée aux pluies torrentielles. Cette première rue éponge à Montréal doit s’inscrire dans une nouvelle façon de penser l’aménagement du territoire, croit un élu local.

À quelques jours d’être officiellement inaugurée, la rue Larivière est méconnaissable. Le tronçon situé entre l’avenue de Lorimier et la rue Parthenais a été fermé entièrement à la circulation automobile en 2023. Après la mise en place d’installations temporaires, l’Arrondissement de Ville-Marie a amorcé l’été dernier le réaménagement permanent de la rue Larivière.

Les canalisations locales ont été modifiées pour éviter la surcharge du réseau d’égouts lors de pluies abondantes (Emmanuel Delacour/EMM)

Ainsi, on y retrouve aujourd’hui une piste cyclable, des bancs et tables, un mur d’escalade, une œuvre de l’artiste Patrick Bérubé, ainsi que plusieurs aménagements verts. Mais ce qui fait la particularité du lieu, ce sont ses trois grands bassins de rétention de surface, capables de retenir environ 800 m³ d’eaux pluviales, ainsi qu’un réseau de drainage pour diriger le ruissellement provenant des rues situées en contrehaut.

Ce chantier d’envergure d’environ 6 M$ a été entrepris pour répondre à de nombreux enjeux dans le secteur, explique le conseiller de la Ville dans le district de Sainte-Marie, Christopher McCray.

« C’est tout d’abord une rue qui amenait beaucoup de circulation de transit dans le quartier. On est juste à côté de l’endroit où la petite Mariia a été mortellement happée en 2022 (à l’angle des rues Parthenais et de Rouen). Il y a une école à proximité et c’était la première rue où l’on pouvait tourner à droite en sortant du pont Jacques-Cartier », rappelle M. McCray.

Christopher McCray, conseiller de la Ville dans Sainte-Marie (Emmanuel Delacour/EMM)

Toutes ces circonstances ont fait en sorte qu’une importante mobilisation citoyenne s’est organisée pour réduire la circulation automobile à cet endroit.

En outre, la rue Larivière se trouve en aval d’un versant qui débute plus au nord à partir de la rue Sherbrooke Est, ce qui en fait une cuvette naturelle lors de pluies abondantes. « Il y a plusieurs endroits, des zones de cuvettes, où les maisons sont inondées régulièrement, notamment en bas sur la rue Parthenais, près de Maisonneuve où se trouve un immeuble qui a un historique d’inondations à répétition », indique le conseiller de la Ville.

Les canalisations environnantes ont aussi été modifiées pour que les eaux de pluie soient collectées dans les bassins, afin que les égouts soient moins surchargés pendant les fortes pluies.

Avant de remporter son siège aux élections municipales en 2025, M. McCray était climatologue au consortium Ouranos. Son expertise lui porte à croire qu’il est nécessaire d’intégrer les concepts d’adaptation aux changements climatiques dans la plupart des projets d’aménagements urbains dans le contexte actuel.

« C’est vraiment la multiplication d’initiatives qui vont faire une différence. Si on parle des saillies de trottoir drainantes, une ou deux saillies, ça ne ferait pas une grosse différence. Mais si à chaque fois qu’on installe une saillie, à chaque fois qu’on réaménage une rue, on ajoute ces éléments, à long terme, ça va avoir un impact. C’est ce que la Ville tente de faire », insiste-t-il.

En effet, durant le mandat de la précédente administration de Projet Montréal, la Ville s’était fixé comme objectif de créer au moins 8 500 m² d’infrastructures vertes drainantes sur rue, soit l’équivalent de trois piscines olympiques.

Les bassins de rétention de la rue Lariviere peuvent retenir jusqu’à 800 m3 d’eau (Emmanuel Delacour/EMM)