Le Cégep Marie-Victorin (Courtoisie)

Le Cégep Marie-Victorin mise sur la proximité, l’innovation et l’adaptation pour poursuivre sa croissance

Alors qu’il amorce son mandat à la direction générale du Cégep Marie-Victorin, Dany Mercier souhaite d’abord prendre le temps de comprendre l’établissement et sa communauté avant de pousser de nouveaux projets. Mais certains enjeux se dessinent déjà, alors que le Cégep connaît une croissance de son effectif étudiant et multiplie les initiatives, tant à l’enseignement régulier qu’à la Formation continue et aux services aux entreprises.

« Je suis arrivé avec une volonté qui était quand même assez simple : prendre le temps de comprendre Marie-Victorin et poursuivre la dynamique », explique d’entrée de jeu le nouveau directeur général. Il entend notamment renforcer le rôle du Cégep comme établissement d’enseignement supérieur de l’est de Montréal, en maintenant des liens étroits avec les écoles secondaires, les familles, les municipalités et les organismes économiques du territoire.

Dany Mercier, directeur général du Cégep Marie-Victorin (courtoisie)

Une croissance qui accentue la pression sur les espaces

L’enseignement régulier du Cégep connaît une progression qui s’inscrit dans une tendance amorcée depuis quelques années. Entre l’an dernier et cette année, l’effectif étudiant a augmenté de 4 %. Plus révélateur encore, le nombre d’étudiants provenant des écoles secondaires du quartier a progressé de 9,2 %.

Pour Dany Mercier, cette hausse témoigne notamment du travail effectué auprès des établissements scolaires environnants. « Je pense que ça confirme qu’on est vraiment en train de développer une relation de proximité avec les écoles secondaires des alentours », souligne-t-il.

La croissance démographique que connaissent les cégeps montréalais contribue bien sûr à cette augmentation, mais le directeur général attribue aussi une part importante des résultats aux activités d’accompagnement, de promotion des programmes et de recrutement menées dans les écoles secondaires.

Cette croissance n’est toutefois pas sans conséquences. Les espaces du Cégep, particulièrement les locaux spécialisés, commencent à être sous pression. Les installations qui nécessitent des équipements particuliers disposent d’une capacité limitée, ce qui oblige l’institution à faire preuve de créativité dans leur utilisation.

L’objectif n’est pas pour autant de ralentir la demande. « On veut être capable d’accueillir davantage de jeunes qui souhaitent venir chez nous, accueillir tout le monde qui désirent venir étudier à Marie-Victorin », affirme M. Mercier. Une telle croissance nécessitera cependant de la planification et des investissements à moyen et à long terme.

Apprendre autrement, à l’extérieur comme à l’international

Parmi les nouveautés de l’année figure une classe extérieure couverte et utilisable quatre saisons. Développée notamment avec les départements d’éducation à l’enfance et d’éducation spécialisée, et les services des ressources matérielles, elle pourra être utilisée par différents programmes.

Nathalie Baumgartner, directrice adjointe des communications institutionnelles et secrétaire générale au Service des communications du Cégep, y voit une nouvelle façon d’aborder la pédagogie. « On va sortir l’enseignement à l’extérieur », explique-t-elle, en précisant que le projet s’inscrit également dans les démarches d’écologisation des parcours de formation.

La nouvelle classe extérieure (courtoisie)

Le lancement de cette classe est prévu le 16 septembre. Les équipes sont encore à préciser les usages pédagogiques qui en seront faits, mais l’initiative suscite déjà beaucoup d’enthousiasme chez les étudiants et les enseignants.

Autre nouveauté : le programme d’Histoire et civilisation renouvelle son projet de mobilité internationale. Après plusieurs années où New York constituait la destination privilégiée, les étudiants partiront prochainement à Paris et à Berlin.

Le séjour d’une dizaine de jours à la session d’hiver conservera une forte dimension culturelle et historique. Visite de musées, galeries, bâtiments et lieux historiques seront notamment au programme. « Ils pourront vraiment s’imprégner de l’histoire de ces deux régions », explique Nathalie Baumgartner.

L’intelligence artificielle (IA) : apprendre à composer avec une réalité déjà présente

L’IA représente également un chantier important pour l’enseignement au sein de Cégep Marie-Victorin. Pour Dany Mercier, il ne s’agit plus de se demander si l’IA fera son entrée dans les classes : « Elle y est déjà », résume-t-il. Le cégep a plutôt libéré des enseignants d’une partie de leur tâche afin qu’ils puissent travailler sur ces enjeux. Des comités effectuent de la veille, expérimentent différents outils et se penchent surtout sur la question de l’évaluation.

Car au-delà de l’utilisation de ChatGPT ou d’autres outils, le véritable défi consiste à déterminer ce que les étudiants doivent apprendre et comment leurs apprentissages peuvent être évalués dans un environnement où l’IA est omniprésente.

L’approche privilégiée consiste donc à réfléchir à une intégration pédagogique de l’IA plutôt qu’à son remplacement du travail de l’étudiant ou de l’enseignant. L’objectif est aussi de préparer les jeunes à utiliser ces technologies dans leur future vie professionnelle.

Julie Martin, responsable des communications et de la promotion à la Formation continue au Cégep Marie-Victorin (courtoisie)

La Formation continue à l’écoute du marché

Du côté de la Formation continue et des services aux entreprises, l’adaptation aux besoins du marché demeure au cœur de l’approche. Julie Martin, responsable des communications et de la promotion à la Formation continue, décrit cette philosophie en deux mots : « Souplesse et agilité. »

Les certifications collégiales occupent une place importante dans cette stratégie. Ces formations courtes permettent aux travailleurs d’acquérir ou d’approfondir des compétences répondant à des besoins précis. De nouvelles certifications sont notamment offertes en IA, justement, en massothérapie pour les personnes aînées, en neuro-inclusion et en gestion stratégique.

Le développement de ces formations repose sur une observation du terrain et sur des partenariats avec les milieux professionnels. Julie Martin donne l’exemple de la certification en massothérapie pour les personnes aînées, élaborée avec un comité sectoriel de la main-d’œuvre afin de répondre à des besoins identifiés dans le secteur.

Et la demande est particulièrement forte dans certains domaines. En gestion, par exemple, la certification « Gestionnaires efficaces » connaît une progression importante. « L’année passée, nous avons créé 10 groupes dans toute l’année, et là, seulement pour l’automne, on en a 8 », illustre Julie Martin.

La rétention de la main-d’œuvre et le développement des compétences figurent parmi d’autres besoins exprimés par les entreprises. Le Cégep offre également des formations sur mesure et collabore avec d’autres établissements du réseau collégial lorsque des expertises complémentaires sont nécessaires.

Francisation et expertise en équité, diversité et inclusion (ÉDI)

La francisation constitue un autre volet en croissance au Cégep Marie-Victorin. Ce dernier est désormais un centre accrédité par France Éducation International pour la passation des tests de connaissance du français (TCF), en plus d’offrir le Test d’évaluation du français (TEF). Le Cégep travaille également avec Francisation Québec pour accompagner les entreprises et leurs employés.

Les besoins des participants dépassent l’apprentissage général de la langue. Ils cherchent notamment à mieux communiquer dans leur environnement de travail et à maîtriser le vocabulaire technique de leur secteur. La connaissance du français peut aussi être déterminante dans certaines démarches d’immigration.

L’ÉDI constituent par ailleurs un champ d’expertise développé par le Cégep. Une conseillère pédagogique est consacrée à ce secteur, et l’établissement offre deux certifications collégiales en ÉDI ainsi qu’un service de consultation et d’accompagnement destiné aux organisations, EDI+. « Pour nous, ça favorise l’innovation, la réussite et l’engagement », affirme Julie Martin.

L’Espace ALT du pavillon Bélanger (Courtoisie)

À cette offre s’ajoutent des développements dans le domaine technologique, notamment grâce aux laboratoires informatiques de l’Espace ALT, au pavillon Bélanger, et aux nouvelles formations en informatique et en développement web dans un contexte d’IA. Le Cégep mise également sur ses accréditations et collaborations, dont celles liées à CISCO, afin de soutenir le développement de compétences technologiques recherchées.

Un cégep ancré dans son territoire

De l’enseignement régulier à la Formation continue, le fil conducteur de l’institution demeure la volonté de répondre aux transformations de la société et aux besoins de l’est de Montréal. Pour Dany Mercier, cela passe aussi par une question qui dépasse les murs du campus : l’accessibilité.

Le directeur général souhaite faire du transport structurant un dossier important des prochaines années. La navette reliant le Cégep au métro Radisson ne fonctionne que durant l’année scolaire, alors que les activités de l’établissement se poursuivent toute l’année, notamment grâce à la Formation continue.

« On manque clairement de transports puis de moyens de transport au Cégep, mais plus largement dans l’est », estime-t-il. L’établissement entend donc travailler avec ses partenaires et les élus afin de faire progresser cet enjeu.

Pour le nouveau directeur général, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un Cégep qui ne se contente pas de former ses étudiants, mais qui entend aussi jouer pleinement son rôle, celui d’acteur majeur dans le développement de l’est de Montréal.


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