
Le terrain appartenant à l’entreprise boulangère Bimbo dans Hochelaga-Maisonneuve (EST MÉDIA Montréal)
12 juillet 2025La CCHM implante une forêt nourricière sur le terrain de Bimbo
Le projet de ferme urbaine de la Cuisine Collective Hochelaga-Maisonneuve (CCHM) ne cesse de prendre de l’ampleur depuis 2018, alors que l’organisme avait transformé la toiture de son bâtiment en surface maraîchère. La semaine dernière, ce ne sont pas moins de 120 arbres fruitiers et 200 arbustes à petits fruits qui ont fait leur apparition sur le terrain de l’entreprise boulangère Bimbo (située rue Viau dans Hochelaga-Maisonneuve), une véritable petite forêt nourricière mise au monde par l’équipe de la CCHM.
Ce nouveau projet s’ajoute ainsi aux aménagements maraîchers déjà installés l’an dernier sur le site de Bimbo et qui produisent actuellement des légumes au profit de l’organisme. Cette nouvelle réalisation devrait donc contribuer d’ici trois à quatre ans à alimenter les différentes activités de la CCHM dans leur mission globale de sécurité alimentaire auprès de la population de l’est de Montréal.
Rappelons que la CCHM exploite aussi cinq autres sites de culture dans l’est de Montréal, soit sur les terrains du siège social de la SAQ, de Scientific Games, du complexe 5600 Hochelaga, de Fondaction et de Lallemand, ce dernier étant en tout début d’implantation. Chacune de ces organisations offre à la CCHM la possibilité de cultiver des fruits et des légumes gratuitement sur leur terrain respectif, et ce pour un terme de cinq ans minimum avec clause de renouvellement.
Rencontré sur le terrain de Bimbo mardi dernier, le directeur général de la CCHM, Benoist de Peyrelongue, ne cachait pas son enthousiasme envers cette nouvelle réalisation qui, il faut le souligner, embellit également l’environnement des employés de cette grande entreprise de la rue Viau. « Et ce qui est génial avec ce projet, en plus des récoltes à venir, c’est qu’on plante des trucs qui vont être là après nous. Ces arbres pourront être encore là pendant des décennies », exprime-t-il.

Plantations sur le terrain de l’entreprise Bimbo (EST MÉDIA Montréal)
Le site de Bimbo est aujourd’hui le plus important en termes de potentiel de productivité exploité par l’équipe de la CCHM. Celle-ci vise à récolter d’ici la maturité de la forêt nourricière quelque 50 tonnes de fruits et légumes sur l’ensemble du projet de ferme urbaine qui regroupe les terrains actuellement en exploitation (l’organisme serait en négociation pour cinq autres sites éventuels dans l’est de Montréal).
« Le terrain de Bimbo est très intéressant, notamment parce qu’il est propre, il n’est aucunement contaminé et il n’y a pas vraiment de roches. Il est légèrement argileux, comme partout en ville, mais il se travaille super bien avec seulement un peu de drainage à faire. C’est un site sur lequel il ne se passait rien depuis 60 ans », explique le directeur général.
Benoist de Peyrelongue insiste également pour souligner que l’implication des entreprises et des organisations dans le projet de ferme urbaine ne se limite pas qu’au prêt de terrains. « Ces organisations s’impliquent de toutes sortes de façons. Les employés participent à l’aménagement des terrains, certains aux récoltes, ils n’hésitent pas à mettre la main à la pâte et le font de bon cœur. En plus, ces entreprises sont assez discrètes dans l’exploitation de cette commandite, on sent que ce n’est pas une volonté de relations publiques derrière tout ça, mais bien un effort collectif qui est en train de se mettre en place via ce projet. »

Un volet de culture maraîchère a été implanté l’an dernier sur le terrain de Bimbo et produit déjà des légumes au profit de la CCHM (EST MÉDIA Montréal)
Accroître l’autosuffisance et générer des revenus
Le concept de ferme urbaine élaboré par la CCHM (prêt de terrains cultivables en zones de proximité et exploitation de la ressource par ses employés – dont la plupart sont en phase de réinsertion sociale) s’inscrit dans une circularité à la fois économique et environnementale.
Si 30 % des récoltes sont destinées en dons pour l’aide alimentaire, 70 % vont se retrouver dans les opérations d’économie sociale de l’organisme : paniers de saison, épicerie et marchés solidaires, vente de plats cuisinés, etc.

Benoist de Peyrelongue, directeur général de la CCHM (Courtoisie)
Mais quel est le véritable impact financier de ces récoltes pour la CCHM ? « Maintenant certains grands restaurants et hôtels achètent de nos produits frais pour nous soutenir, mais aussi pour la qualité de nos fruits et légumes. C’est le cas notamment du Ritz Carlton et de l’hôtel Le Germain. Bien sûr, ces récoltes ont une incidence positive sur nos coûts d’approvisionnement pour la plupart de nos activités, mais il faut aussi compter que cela engendre des dépenses en main-d’œuvre, en équipements, en semences et autres frais d’opérations. Donc il faut voir cela plus dans une optique de mission sociale globale qui génère des retombées positives pour tout le monde sur un territoire donné. Production alimentaire saine, écologique, accessible, de proximité, qui fait travailler des gens et qui implique la collaboration de toute une communauté. »
Le directeur général de la CCHM précise que sans l’appui et l’implication des différents paliers de gouvernements, des entreprises, d’organismes et de diverses fondations, le modèle ne serait pas viable économiquement.
« La CCHM, c’est un organisme avec une mission sociale forte et bien définie qui fédère un impressionnant nombre d’acteurs », conclut Benoist de Peyrelongue.







