Gemma Marchione, conseillère d’arrondissement, Filomena Rotiroti, députée provinciale de Jeanne-Mance-Viger, Dominic Perri, maire de Saint-Léonard, Daniel Caron, président de Spéléo Québec, Guillaume Lamarre, directeur général de Spéléo Québec, Linda Paquin, conseillère d’arrondissement et Mauro Barone, conseille de la Ville (crédit photo : Alexandra Descheneaux)

La Caverne de Saint-Léonard : une contribution touristique à l’est de Montréal

L’organisme Spéléo Québec a inauguré vendredi dernier les nouvelles galeries de la Caverne de Saint-Léonard. Avec les années, ses installations ont contribué à développer un sentiment de fierté auprès de la population de l’arrondissement. D’autres projets d’agrandissement sont à prévoir au cours des années à venir.

Dominic Perri, maire de l'arrondissement de Saint-Léonard (courtoisie Ville de Montréal)

Dominic Perri, maire de Saint-Léonard (courtoisie)

« Montréal a son Mont-Royal, Saint-Léonard a sa caverne! », s’est exclamé le maire de Saint-Léonard Dominic Perri lors de la cérémonie d’inauguration. Durant son allocution, le politicien s’est aussi demandé « pourquoi les gouvernements ne sont pas intervenus avant pour mettre la caverne en valeur. »

Selon Guillaume Lamarre, directeur général de Spéléo Québec, la caverne a battu des records de fréquentations durant l’été. L’année la plus fréquentée jusqu’ici était 2018 avec 4100 visiteurs une fois la saison terminée. Alors que Spéléo Québec en a accueilli plus de 4200 jusqu’ici avant même la fin de l’été.

« La caverne contribue au développement touristique de l’est de Montréal », croit pour sa part Daniel Caron, président de Spéléo Québec.  

Saint-Léonard: capitale québécoise de la spéléologie 

Le spéléologue Daniel Caron. (Photo : Luc Le Blanc).

Le spéléologue Daniel Caron (photo : Luc Le Blanc)

En 1978, M. Caron a convaincu la municipalité de Saint-Léonard de déboucher l’entrée de la caverne.  « C’était au moment où commençait à se développer l’intérêt pour le plein air au Québec. On trouvait que la caverne aurait peut-être un potentiel de mise en valeur. D’autant plus qu’elle est dans un parc. » Trois ans plus tard, l’arrondissement confiait à Spéléo Québec le mandat d’animer la caverne chaque été.

« À partir du moment où on a découvert la suite en 2017, c’était plus seulement une petite caverne animée dans un parc durant l’été. La découverte a fait le tour du monde », se rappelle le président de Spéléo Québec.  

Toutefois, cette découverte scientifique d’envergure a vite fait d’inquiéter certains résidents du secteur. Surtout que l’étendue de la caverne dépassait les seules frontières du parc Pie-XII. Comme l’explique M. Caron, « les gens apprenaient qu’en dessous de chez eux, il y avait peut-être une caverne. Il fallait gérer les émotions. » 

Il semblerait par contre que la perception des citoyens ait changé avec les années. « Avant, quand on parlait de caverne à Saint-Léonard, c’était plus synonyme de problème. On a rassuré les citoyens sur la sécurité en leur disant qu’il n’y a aucun danger pour leur résidence », précise M. Caron. Éventuellement, les résidents du coin s’entendaient pour affirmer que la caverne « donnait un rayonnement à Saint-Léonard. »  

Guillaume Lamarre, directeur général de Spéléo Québec (Photo / Éric Images )

Guillaume Lamarre, directeur général de Spéléo Québec (photo / Éric Images )

Même que pour ce spéléologue, « Saint-Léonard est la capitale de la spéléologie au Québec. » Non seulement on y trouve « l’une des cavernes les plus attrayantes au Québec », mais le siège social de Spéléo Québec est situé à Saint-Léonard depuis trois ans dans la Maison des loisirs et du sport, en bordure du Métropolitain sur le boulevard Lacordaire.

Projet d’agrandissement du pavillon actuel

Du côté de Spéléo Québec, parmi les prochains projets d’expansion, on vise un agrandissement significatif du pavillon situé près de la caverne dans le parc. Dans cette portion ajoutée au pavillon actuel, une partie serait dédiée à la spéléologie avec des espaces d’interprétation, des salles de conférences, des salles de cours. De plus, une tour construite à proximité de l’entrée de la caverne pourrait servir à la formation, aux manœuvres de cordes et à l’escalade. 

L’arrondissement espère aussi réaménager le boisée entre l’entrée de la caverne et le pavillon pour y intégrer un sentier d’interprétation avec des panneaux d’information.  

« C’est notre rêve le plus fou !», confie M. Lamarre. « Le pavillon actuel pour faire les visites et la gestion du matériel, c’est un peu difficile. On est restreint dans l’espace. » Les visiteurs pourraient ainsi « vivre une expérience spéléo complète. Ça deviendrait un centre d’initiation à la spéléo unique en son genre au Québec. »

Dans un scénario idéal, l’ouverture de ce pavillon revampé et agrandi pourrait ouvrir dans deux ans. « On a déjà travaillé avec l’arrondissement et une firme pour définir nos exigences, le genre d’infrastructure de tour dont on a besoin, l’équipement qui devra être mis en place », avance M. Caron.  

Pour tout projet de cette ampleur, l’argent demeure au centre des préoccupations pour la suite des choses. Estimant que le coût des travaux pourrait se situer entre trois et cinq millions de dollar, Guillaume Lamarre ne désespère pas d’obtenir un jour le financement nécessaire malgré quelques refus des institutions. « Il y a eu des demandes de financement au fédéral et au provincial pour différentes versions du projet qui n’ont pas été sélectionnées. Chaque fois on reçoit des retours et ça nous permet de nous améliorer. »