
Le projet de café souverainiste Club Pays est une initiative de l’organisme OUI Québec (de gauche à droite) : Camille Goyette-Gingras (présidente de OUI Québec), Julien Le Pape (militant), Alex Valiquette (responsable des communications), et Aymeric Lalonde (responsable jeunes). (Photo : EMM/Marie-Hélène Chartrand)
11 mars 2026Un café à saveur de souveraineté
Un nouveau joueur fait son entrée dans le paysage commercial et militant de l’est de Montréal. Le tout premier espace-café citoyen indépendantiste, Le Club Pays, ouvrira officiellement ses portes le 13 mars prochain sur la Plaza Saint-Hubert.
Porté par Les Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), le projet combine les activités d’un café traditionnel le jour et d’un centre de mobilisation en soirée avec la présentation ponctuelle de conférences, de soirées festives et de spectacles.
Le concept s’inspire d’expériences étrangères, notamment les Casales Catalans et les Herriko tabernas basques : des réseaux de bars et de cafés gérés par des mouvements citoyens indépendantistes, qui servent à la fois de lieux de rencontre, de mobilisation et de financement.

(Photo : EMM/Marie-Hélène Chartrand)
Un local vacant converti en laboratoire citoyen
C’est dans un édifice appartenant au Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), en plein cœur de la Plaza Saint-Hubert, que prend racine le Club Pays. L’espace était vacant depuis un certain temps lorsque OUI Québec s’y est installé en octobre dernier, d’abord pour en faire un lieu de mobilisation militante.
Mais de fil en aiguille, Alex Valiquette, responsable des communications d’OUI Québec, raconte que l’idée d’ouvrir au public s’est imposée d’elle-même : « La présence du bar dans le local nous a donné l’idée d’agrandir le concept, (…) on voyait que c’était un espace naturel de rassemblement. (…) Et comme on a pignon sur rue, il y a des résidents du quartier qui rentrent naturellement dans le local, qui viennent poser des questions ».
Un café ouvert à tous, même aux fédéralistes
Malgré une identité politique clairement affichée à l’intérieur comme à l’extérieur du café – avec des clins d’œil sur le menu comme le « québécano » ou les « biscOUIts » – les responsables assurent que tout le monde est bienvenu. Le Club Pays souhaite attirer les curieux, les indécis et même les opposants à l’indépendance pour favoriser les échanges humains. L’objectif est de décomplexer la discussion politique en la rendant humaine et accessible à tous, incluant les gens qui ne sont pas nécessairement souverainistes.

Première version du menu auquel quelques ajouts sont prévus d’ici l’ouverture du Club Pays prévue le 13 mars prochain. (Photo : EMM/Marie-Hélène Chartrand).
« On voit ça d’un bon œil les gens qui ne sont pas indépendantistes, qui rentrent dans le café parce qu’ils sont curieux, et qu’ils veulent juste voir c’est quoi […] Pour nous c’est ça l’objectif du lieu, c’est que ce soit ouvert à tous », soutient Valiquette. Des affiches en espagnol ont d’ailleurs été installées pour inviter la communauté latino-américaine, très présente sur la Plaza Saint-Hubert, à entrer dans le local.
Un modèle d’autofinancement citoyen
OUI Québec ne reçoit aucune subvention gouvernementale. L’organisation fonctionne entièrement grâce aux dons de ses membres – des contributions mensuelles allant généralement de 5 $ à 20 $ – ainsi qu’aux ventes d’articles promotionnels via sa boutique en ligne, appelée « 50 plus 1 % ». Le Club Pays s’inscrit dans cette même logique : les revenus générés par la vente de cafés seront réinvestis directement dans les activités militantes de l’organisation.
La boutique physique est accessible depuis le café, où les visiteurs peuvent également se procurer des articles à l’effigie du mouvement indépendantiste. Valiquette compare le modèle de financement de l’organisation à celui de Greenpeace : « C’est vraiment du financement citoyen qu’on fait à chaque année », résume-t-il.
Des bénévoles aux commandes
Le Club Pays sera géré entièrement par des bénévoles, du moins dans un premier temps. Si l’achalandage le justifie, l’embauche d’un employé salarié n’est pas exclu. L’équipe est composée principalement de jeunes militants d’OUI Québec âgés dans la vingtaine, qui se répartissent les quarts de travail selon leurs disponibilités. Des bandes de rotation sont prévues pour assurer une présence régulière sur place.
Le café sera ouvert du mercredi au dimanche, de 9 h à 17 h. Toutefois, Valiquette précise que ces horaires sont susceptibles de varier en fonction des disponibilités des bénévoles. « Notre objectif à long terme, c’est que le café soit ouvert tout les jours, mais pour commencer, on y va graduellement », indique-t-il.

(Photo : EMM/Marie-Hélène Chartrand)
Si le projet montréalais s’avère un succès, les OUI Québec envisagent déjà d’exporter le modèle ailleurs dans la province. Des demandes auraient déjà été formulées pour l’ouverture de succursales à Québec et à Sherbrooke.
Pour l’instant, les efforts se concentrent sur le lancement du 13 mars, qui débutera par une visite des lieux en après-midi, suivie d’une soirée festive avec artistes et DJ à partir de 18 h 30.







