Une image de synthèse des développements que pourraient recevoir les terrains 12 et 13 (courtoisie Ville de Montréal)

Le Bureau de l’Est : canaliser les interventions pour le développement du territoire

Avec la création de son Bureau de l’Est, la Ville de Montréal souhaite accélérer la mise en œuvre des actions et projets structurants pour ce secteur de la métropole. Un des premiers dossiers qu’il pilote a pour objectif de lancer une accélération tangible de la revitalisation du Secteur industriel de la Pointe-de-l’Île (SIPI) grâce à la vente de deux terrains qui y sont situés.

Officiellement créé en décembre 2025, le Bureau de l’Est est encore en phase de s’implanter, mais déjà une équipe est en place et planifie les chantiers de demain. Patrick Kilfoil est aménagiste et le chef de bureau qui dirige cette équipe rattachée au Service de développement économique de la Ville de Montréal qui interviendra dans tous les grands projets connexes à l’Est.

« L’idée derrière le bureau, c’est d’avoir une unité à la Ville centre qui est capable de coordonner un ensemble de projets structurants pour la Ville. On sait qu’il y a différents services qui ont différents projets dans l’Est, on peut penser par exemple au développement économique, au Service de l’urbanisme et de la mobilité, ou aux Grands parcs, mais ce qu’on veut, c’est d’avoir une vision globale sur le développement de l’Est », souligne M. Kilfoil.

Patrick Kilfoil, aménagiste et chef du Bureau de l’Est (courtoisie)

On souhaite ainsi éviter de faire du « cas par cas » dans les grands chantiers qui pourraient être pensés « en synergie ». Le chef d’équipe donne en exemple l’arrivée du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal dans les arrondissements de Saint-Léonard et d’Anjou, qui en plus de demander une planification au niveau du réseau des transports ouvre la porte à la création de nouveaux quartiers, incluant la construction de logements, d’espaces commerciaux et de lieux publics.

De plus, il faut garantir une vision cohérente de l’Est entre les divers paliers de gouvernement. C’est pourquoi la Ville a annoncé à la fin de l’année dernière la création du Groupe d’action pour le développement de l’Est de Montréal (GADEM) et qui sera mis en place dans les prochaines semaines. Celui-ci fera office de comité qui rassemblera les mairesses de Montréal et de Montréal-Est, la ministre responsable de la métropole à Québec, ainsi que la ministre responsable du développement économique pour les régions du Québec à Ottawa. En outre, la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, ainsi que Montréal international seront autour de la table.

« En rassemblant tous ces paliers, cela nous permet d’accélérer les projets qui sont priorisés. Il faut une unité en mesure de les porter administrativement pour faire cheminer ces dossiers à l’interne. Ce sera la mission du Bureau de l’Est », illustre le chef d’équipe du Bureau.

Deux terrains en vente

Parmi les premiers dossiers que pilote le Bureau de l’Est, la vente de deux grands lots situés dans le SIPI promet de donner le mot d’ordre pour le développement de ce secteur. « On veut miser sur ces terrains pour éventuellement élargir l’action de la Ville dans ce territoire », résume M. Kilfoil.

L’an dernier, la Ville a lancé un appel à proposition qui est toujours en cours pour trouver des projets qui pourraient s’installer sur ces deux terrains, communément appelés les terrains 12 et 13. Puisqu’elle en est propriétaire, l’administration municipale souhaite sélectionner des entreprises « dans des créneaux porteurs » qui convergeront avec sa vision de développement pour le SIPI. « On parle de technologies propres ou de logistique avancée, tout ce qui pourrait amener une valeur ajoutée réelle au tissu économique existant. Le but c’est de partir de ce qui est présent sur le territoire et de voir comment on peut le faire avancer, le faire évoluer », explique le chef d’équipe.

« Avec ces deux terrains-là, la Ville veut démontrer qu’on peut faire du développement économique qui s’intègre bien au milieu urbain, qui contribue à l’économie de la métropole, mais aussi à la qualité de vie des habitants qui sont à proximité », poursuit-il.

Entièrement décontaminés et prêts à recevoir des projets, les terrains 12 et 13 représentent un investissement de 14 M$ pour la Ville. Ils se trouvent dans la zone Saint-Jean-Baptiste/A40 dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Le terrain 13 borde l’autoroute 40 et sa voie de desserte et offre une aire d’environ 440 000 pi², tandis que le terrain 12 est accessible par le boulevard Henri-Bourassa Est et représente environ 680 000 pi² de terrain en friche. Ce dernier comporte un aspect unique, soit un milieu humide de plus de 85 000 pi², qui pourrait donner la « possibilité d’intégrer harmonieusement développement et préservation écologique », selon la Ville.

Ces deux terrains ont été décontaminés dans le cadre de l’Entente de 100 M$ conclue entre la Ville et le gouvernement du Québec en 2019.

Par ailleurs, l’analyse des projets proposés et l’octroi des permis pourraient se faire très rapidement, souligne M. Kilfoil. « On parle d’un processus qui pourrait se faire en un an, ce qui est tout à fait raisonnable dans le contexte d’une acquisition de terrains de cette ampleur », assure-t-il.


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