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13 janvier 2026Budget 2026 de Montréal : environ 1 G$ pour l’Est d’ici 2035
Plusieurs enveloppes visant des chantiers dans l’est de Montréal sont prévues dans le budget 2026, déposé par la Ville ce lundi. La nouvelle administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada et de son bras droit, Claude Pinard, fait du développement de ce territoire une de ses priorités.
Tout d’abord, c’est un budget de fonctionnement de 7,67 milliards $ qui a été présenté en début de semaine, avec une hausse de la taxe foncière de 3,8 %. Le programme décennal d’immobilisations (PDI) 2026-2035 s’élève pour sa part à 25,9 milliards $.
Environ un milliard de dollars prévus dans le budget et le PDI visent le développement de l’Est, qui connaît « un moment charnière », selon le document déposé par la Ville.
La première mesure instaurée ne possède pas un budget chiffré, mais est une nouveauté de l’administration Martinez Ferrada : la création du bureau de l’Est et du bureau de projet de la rue Notre-Dame. Ceux-ci auront pour mission de « coordonner les actions à prioriser, notamment sur le plan de la mobilité et des infrastructures structurantes » et font partie des responsabilités de la mairesse au comité exécutif.
La Ville entreprendra aussi la mise en valeur et la revitalisation de terrains municipaux grâce à des investissements dans un fonds de revitalisation et à des efforts accrus de décontamination. On souhaite en outre attirer davantage d’entreprises locales et internationales, pour les inciter à s’implanter dans l’Est. Enfin, la mairie veut accompagner le gouvernement du Québec « dans la poursuite des études portant sur le Projet structurant de transport collectif dans l’est de Montréal ».
Les projets
Le Fonds de revitalisation de l’Est bénéficiera ainsi d’une enveloppe de 25 M$ au PDI 2026-2035. Son objectif est « d’accélérer la décontamination et la mise en valeur de sites stratégiques, en priorisant les projets qui se retrouvent aux abords d’une infrastructure de transport collectif structurant ou offrant de meilleures connexions entre les secteurs d’emplois et les milieux de vie », note-t-on dans les documents de la Ville. Il s’agit d’une nouvelle initiative mise en place par l’administration d’Ensemble Montréal.
Longtemps réclamé par les élus de Saint-Léonard, l’agrandissement du collecteur d’égouts Langelier a finalement été approuvé par la Ville. Ce chantier, totalisant 153,5 M$ au PDI, est inscrit au Plan directeur de drainage de la métropole (836,2 M$ au PDI 2026-3035), afin de réduire le risque d’inondations et de surverses d’eaux usées vers les milieux récepteurs. La date du début des travaux du collecteur Langelier n’est pas encore connue.
Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, dont l’ouverture est prévue en 2031, promet d’apporter des changements significatifs aux territoires de l’Est. Dans ce contexte, la Ville planifie 153,5 M$ au PDI pour accompagner les travaux de la ligne bleue. La mairie veut ainsi saisir « l’opportunité créée par ce chantier » pour adapter le territoire à l’implantation des cinq nouvelles stations et mettre en place des initiatives pour stimuler et encadrer le renouveau urbain et économique.
Notamment, la Ville veut aller de l’avant avec le réaménagement de la rue Jean-Talon dans l’arrondissement de Saint-Léonard, entre la 22e avenue et le boulevard Langelier. Ce projet particulier reçoit 132,7 M$ au PDI et permettra de revoir l’ensemble des composantes du domaine public : chaussées, trottoirs, éclairages, mobiliers et infrastructures urbaines. En outre, le projet prévoit l’ajout d’arbres, de saillies de trottoirs aux rues transversales ainsi que de jardins de pluie. L’intégration d’un lien cyclable structurant est également prévue.
Au niveau environnemental, le budget prévoit 72 M$ d’ici 2027 dans le cadre d’une entente pour la décontamination de terrains. Peu d’informations sont disponibles dans les documents de la Ville par rapport à cette entente et on ne sait si elle correspond à l’enveloppe de 75 M$ accordée par le gouvernement du Québec à Montréal en 2018 pour la réhabilitation de terrains contaminés. Contacté par EST MÉDIA Montréal, le cabinet de la mairesse n’a pas répondu à nos questions à ce propos.
Par ailleurs, la Ville prévoit aussi l’aménagement et le verdissement du secteur Assomption, ce qui comprend le Belvédère de l’Est et du Bouclier vert, ainsi qu’un parc linéaire qui reliera la gare de triage Longue-Pointe aux boisés Vimont et Steinberg. L’ensemble de ces projets est évalué à 312,4 M$ au PDI.

Le secteur de l’Assomption Sud-Longue-Pointe (Courtoisie Ville de Montréal)
Plus précisément, le projet de réaménagement Assomption-Souligny bénéficie d’une enveloppe de 132,4 M$. Conjointement réalisé avec le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), celui-ci a pour objectif de « canaliser le camionnage vers le réseau routier supérieur en créant un lien direct entre le Port de Montréal et l’avenue Souligny ». Dans ses documents, la Ville rappelle que la participation financière du MTMD « est à confirmer au plan d’investissement du gouvernement du Québec, soit le plan québécois des infrastructures ».
À la suite de consultations publiques tenues en 2024, des interventions complémentaires seront mises en place dans le cadre de ce réaménagement, incluant de nouveaux liens piétonniers et cyclables, la connexion et la mise en valeur d’espaces verts, dont le boisé Steinberg, ainsi que la création de réseaux de drainage séparatifs et de bassins de gestion des eaux de ruissellement afin de réduire les débordements et les surverses dans le fleuve.
De plus, la mairie prévoit quatre interventions structurantes dans son programme d’aménagement du secteur Assomption, financé à la hauteur de 180 M$. Dans l’ensemble, on entend réaménager les rues Hochelaga et Dickson. Un belvédère ainsi que l’aménagement d’une partie de la gare de triage Longue-Pointe en bouclier vert reliant les boisés Vimont et Steinberg sont aussi prévus. « Ces interventions permettront, entre autres, d’apaiser la circulation, de renforcer la sécurité des déplacements et d’assurer le maillage des réseaux de transport, d’aménager un réseau d’espaces publics et d’augmenter la canopée afin d’atténuer les îlots de chaleur dans le secteur », affirme la Ville dans son budget.
Enfin, Montréal prévoit d’importants investissements pour construire de nouvelles serres de production et d’exposition au Jardin botanique, soit 289,7 M$. La Ville souligne que « les infrastructures des serres actuelles présentent une désuétude majeure » et que les sommes serviront à remplir ses « objectifs d’efficacité énergétique, de conservation du patrimoine végétal et d’attractivité grâce à son expérience éducative et muséale ».
Par ailleurs, la Ville planifie plusieurs millions pour maintenir la qualité de l’expérience dans les musées d’Espace pour la vie, dont 188,7 M$ pour la protection des éléments patrimoniaux des bâtiments et le maintien des infrastructures.






