
Passage à niveau situé au coin des rues Broadway et Sherbrooke à Montréal-Est (Photo tirée de Google Maps)
15 janvier 2026Bientôt la fin des sifflets de trains nocturnes à Montréal-Est
Après l’avoir réclamé pendant près de 20 ans, les résidents de la ville de Montréal-Est pourront bientôt dormir sur leurs deux oreilles grâce à un investissements de 4,2 M$ qui permettra d’éliminer les sifflets de trains de 4 passages à niveau du territoire.
Parmi les nombreux passages à niveau présents à Montréal-Est, quatre d’entre eux ont été sélectionnés en raison de leurs nuisances sonores nocturnes. « On entend le sifflet à tous les matins, à 4 h, et quelques fois 2-3 fois par nuit à ces 4 intersections. Ça fait parfois 12 coups de sifflet par nuit! », illustre la mairesse, Anne St-Laurent.
Il s’agit des installations situées aux intersections suivantes : Broadway et Sherbrooke, Marien et Rivet, Sherbrooke et Durocher ainsi que Broadway et Prince-Albert.

La mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent (Courtoisie)
L’aboutissement d’un long processus
Cette mesure est l’aboutissement de près de deux décennies de démarches : « Le dossier remonte à 2006, à l’époque de la fusion/défusion de la Ville », déclare l’élue. Par la suite, en 2008 des démarches ont été entreprises par une conseillère municipale qui siégeait à l’époque, Monique Major. « Mme Major a travaillé sans relâche sur le dossier. Et suite à son décès, son fils, M. Major, a été élu en 2016 et a repris le flambeau », raconte Mme St-Laurent.
Bien que la lumière au bout du tunnel soit maintenant visible, les résidents devront encore patienter quelques mois avant de pouvoir profiter de nuits plus paisibles, l’échéance du projet étant fixée au printemps 2026.
Ces délais s’expliquent notamment par le cadre rigoureux imposé par Transport Canada pour l’abolition des sifflets de trains. Le processus, qui doit être mené par la municipalité en collaboration avec la compagnie ferroviaire exploitante — en l’occurrence, le Canadien National (CN) —, a donné lieu à des échanges prolongés avec cette dernière, ce qui explique les délais.
« Le traitement d’un dossier avec le CN, c’est toujours relativement long. On entend dire qu’habituellement, c’est au moins trois ans, et même davantage, ce qui a été notre cas », note le directeur du génie à la Ville de Montréal-Est, Robert Davis.

Le directeur du génie à la Ville de Montréal-Est, Robert Davis (LinkedIn)
À cela, se sont ajoutés des délais liés à la réception des matériaux nécessaires pour effectuer les travaux : « On a conclu l’entente avec le CN au mois de décembre dernier et l’attente pour la livraison des équipements est de six à huit mois. Dès la réception des équipements, les travaux devraient être réalisés », indique Davis.
Pour pallier l’élimination du signal sonore, ce dernier explique que les feux de circulation seront mis à profit pour assurer la sécurité des lieux à l’approche d’un train : « Les feux de circulation seront coordonnés avec les feux présents au passage à niveau afin de s’assurer que les feux de circulation passent au vert pour dégager la route avant l’arrivée du train. »
Aucune opposition citoyenne
Parmi les étapes édictées par Transport Canada, il y a une consultation publique. Les résidents opposés au projet et souhaitant un éventuel référendum sur le sujet ont donc été invités à venir signer un registre. L’exercice qui s’est avéré fort révélateur, comme le souligne la mairesse : « S’il y avait eu un certain nombre de signatures, la tenue d’un référendum aurait été nécessaire, selon les règlements, mais on ne s’est jamais rendu là, parce qu’il y a eu zéro signature, donc zéro citoyen s’opposait. »
Par ailleurs, en ce qui concerne le coût du projet estimé à 4,25 M$, il sera financé par un règlement d’emprunt adopté par le conseil municipal. Aucun appel d’offres n’a été lancé, les coûts ayant été établis directement avec la compagnie ferroviaire.
Interpelée sur l’ampleur de la dépense pour une municipalité d’environ 5 000 habitants, la mairesse justifie cet investissement par la structure économique locale. « 93,5 % des revenus proviennent du secteur industriel et les trains sont utilisés par ce secteur », indique-t-elle, en rappelant qu’il s’agit exclusivement de trains de marchandises.
À la suite de l’élimination des sifflets de trains aux quatre passages à niveau concernés, la Ville ne prévoit pas d’autres interventions similaires.
« Il n’y a pas d’inquiétude à y avoir avec les autres, parce que ceux visés sont quatre passages à niveau situés près des secteurs résidentiels et dont les sifflements nocturnes affectent la population », conclut Anne St-Laurent.
Les résidents de Montréal-Est pourront donc espérer dormir tranquilles d’ici le printemps 2026, les futurs travaux mettant fin à une saga qui, rappelons-le, dure depuis près de 20 ans.







