(Image: Courtoisie / Collège de Maisonneuve)

BI en Sciences cognitives du Collège de Maisonneuve : un nouveau programme unique au Québec

Cet automne, le Collège de Maisonneuve (CM) offre un nouveau programme unique au Québec : le Baccalauréat International (BI) en Sciences cognitives. Cette formation multidisciplinaire place la compréhension des mécanismes de la pensée et de l’intelligence artificielle (IA) au cœur de l’apprentissage.

L’idée de ce programme est née d’une réflexion sur l’adaptation de l’institution aux transformations sociales et technologiques induites par l’IA. Le Collège souhaitait offrir une formation permettant aux étudiants de comprendre les fondements de cette technologie et d’interagir avec elle dans divers contextes professionnels. L’objectif est de développer chez eux des aptitudes interdisciplinaires afin qu’ils deviennent des collaborateurs compétents dans des domaines aussi variés que le droit, la gestion, la communication, l’éducation ou la recherche.

Francis Boudreau, enseignant de philosophie et responsable du développement du BI en Sciences cognitives (Courtoisie Collège de Maisonneuve)

« C’est un programme qui vise à faire en sorte que nos étudiants développent les meilleures aptitudes possibles pour devenir des utilisateurs experts ou aguerris de l’intelligence artificielle et à comprendre vraiment les intelligences, qu’elles soient humaine, collective, animale ou de la machine. Donc, c’est vraiment un programme où on apprend à apprendre, on apprend à se développer en mettant l’accent sur toutes les formes d’intelligence », explique Francis Boudreau, enseignant de philosophie et responsable du développement du BI en Sciences cognitives.

Pour David Pilon, directeur général du Collège de Maisonneuve, la création de ce programme s’inscrit dans une stratégie institutionnelle plus large. « Ce qui nous démarque à Maisonneuve, c’est d’avoir intégré l’intelligence artificielle à notre carte  de programmes », affirme-t-il. «

Le BI en Sciences cognitives n’est pas une initiative isolée. D’autres projets pédagogiques explorent également l’IA sous divers angles, notamment le Laboratoire de recherche informatique Maisonneuve (LIRMa), qui a récemment célébré son dixième anniversaire. Ce nouveau programme s’inscrit ainsi dans une vision globale visant à outiller les étudiants pour qu’ils deviennent des acteurs éclairés et polyvalents dans un monde de plus en plus façonné par l’IA.

Les sciences cognitives

« Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. » Ce proverbe illustre le lien entre l’IA et les sciences cognitives. « Le développement des sciences cognitives, c’est ce qui a donné lieu aux avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle », explique Francis Boudreau.

Il précise que les sciences cognitives regroupent plusieurs disciplines, dont la linguistique, la psychologie, la philosophie, l’anthropologie, les mathématiques et l’informatique.

Les étudiants sont amenés à explorer les différentes formes d’intelligence et à réfléchir aux enjeux éthiques, sociaux et techniques liés à leur utilisation.

(Courtoisie Collège de Maisonneuve)

Consultations externes

L’élaboration du programme a également été nourrie par des consultations auprès de représentants de la communauté montréalaise de l’IA. « Plusieurs acteurs clés du milieu nous ont rappelé que Montréal est une plaque tournante pour l’intelligence artificielle et l’éthique qui y est liée, mais que ce dont on a besoin, ce n’est pas que des techniciens informatiques, mais des gens bien pensants, originaux, autonomes, capables de réflexion pertinente, novatrice.” Donc nous, c’est sur ça qu’on veut travailler », rapporte Francis Boudreau.

La question de la faible représentation des femmes dans les domaines liés à l’IA a aussi été soulevée. Toutefois, la première cohorte du BI en Sciences cognitives, composée de 23 élèves, fait mentir cette tendance. « Ce qu’on est content d’avoir réussi à faire, c’est d’avoir actuellement une cohorte paritaire », s’exclame M. Boudreau.

Il évoque certains choix pédagogiques qui ont peut-être contribué à cet équilibre, comme l’accent mis sur l’application des mathématiques plutôt que sur leur analyse, ou la présence continue de cours de psychologie tout au long du programme. La parité s’est établie de manière naturelle, sans sélection ciblée, ce qui constitue un succès notable pour un programme intégrant une forte composante informatique.

Une pédagogie intégrée

Le BI en Sciences cognitives est un programme hybride permettant aux étudiants d’obtenir à la fois un diplôme d’études collégiales (DEC) et le diplôme du Baccalauréat international (BI) en deux ans. « Ce n’est pas deux programmes en un, c’est un programme hybride », précise M. Boudreau. Les étudiants n’ont pas plus d’heures de cours que les autres, pourtant ils parviennent quand même à rencontrer les objectifs des deux institutions. »

En plus de cette double diplomation, le programme inclut la réalisation d’un mémoire sur deux ans, en remplacement de l’épreuve synthèse du DEC. « C’est une occasion pour les étudiants d’approfondir un sujet qui leur plaît en toute liberté et de développer les bonnes aptitudes méthodologiques à réussir par eux-mêmes », explique le responsable de la formation.

Une posture éthique et engagée

Le CM a récemment été admis comme membre de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA), un réseau interuniversitaire regroupant plus de 240 membres. Cette adhésion confirme la pertinence et le leadership de l’institution en matière d’IA, tout en ouvrant de nouvelles possibilités de collaboration.

Cette reconnaissance s’inscrit dans une volonté affirmée de participer aux réflexions collectives sur les enjeux technologiques, sociaux et éthiques liés à l’intelligence artificielle. « Ce qu’on veut, c’est contribuer à l’effort collectif de compréhension, de recherche puis d’élaboration de modèles qui soient éthiques et critiques de l’IA », résume David Pilon, directeur général.

Il insiste également sur l’importance d’une approche responsable dans la formation des étudiants. Le Collège souhaite que ceux-ci développent une compréhension critique des outils numériques et soient capables d’en évaluer les usages. « Il faut absolument s’assurer que les étudiants comprennent cette nouvelle réalité, qu’ils comprennent ces nouveaux phénomènes et qu’ils soient capables de réfléchir de manière critique et d’utiliser les outils de façon éthique », conclut-il.


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