Le restaurant Marci, un des récipiendaires de l’édition 2023-2024 de Commerce X Design (Courtoisie)

UN APPEL DE PROJETS POUR PROMOUVOIR LE DESIGN DANS LES COMMERCES DE PROXIMITÉ

Cette année, PME MTL Centre-Est et le Bureau du design de Montréal unissent leurs forces à PME MTL Centre-Ville pour relancer Commerce X Design, un appel de projets qui vise à promouvoir le design dans les commerces locaux.

Dans le cadre de cette initiative, des établissements en démarrage ou en croissance pourraient se mériter une subvention de 10 000 $ non remboursable, représentant 20 % du coût total des opérations, pour développer le design de leur espace de travail. Pour cela, ils doivent impérativement faire appel à un professionnel du design.

Le territoire couvert par PME MTL Centre-Est inclut les commerces des arrondissements de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, de Rosemont–La Petite-Patrie et de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Celui de PME MTL Centre-Ville s’étend aux arrondissements suivants : Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Le Plateau Mont-Royal, Outremont, Ville-Marie et Westmount.  

Isabelle Paille, directrice du développement commercial chez PME MTL Centre-Est (Photo tirée de LinkedIn)

Lors de sa première édition en 2023, le concept nommé Le design n’est pas un luxe avait attiré 71 entreprises. L’édition de cette année risque une fois de plus d’être populaire auprès des entrepreneurs. « Je suis rendue à 12 candidatures et ça fait à peine deux semaines que l’appel est lancé », souligne Isabelle Paille, directrice du développement commercial chez PME MTL Centre-Est.

Contrairement à l’édition précédente, aucune date limite précise n’est avancée cette année pour déposer sa candidature. L’appel de projets se déroule donc en continu jusqu’à épuisement des fonds.

Le design : un investissement 

Selon Mme Paille, le programme Commerce X Design correspond vraiment à un besoin, celui de mieux définir l’identité commerciale. « Quand les commerces de détail font appel aux services d’un designer, on voit que leur identité est plus forte, que leur expérience est plus solide. Et on voit aussi que les ventes sont conséquentes. »  

D’ailleurs, en termes de retombées, les statistiques fournies par le Bureau du design de Montréal indiquent que l’ensemble des dix récipiendaires des subventions de la première édition a constaté une augmentation de 57 % de sa clientèle. En ce qui concerne le chiffre d’affaires, il aurait haussé de 45 % en moyenne. 

Si les grandes entreprises font appel plus régulièrement aux services d’un designer d’intérieur pour aménager leurs espaces, les commerces de proximité sont moins portés à se prêter à l’exercice, affirme Mme Paille. « Les petits commerçants indépendants, quand ils démarrent leur projet, souvent leur budget est plus restreint. Et les services d’un designer, d’une équipe créative, deviennent, dans leur perception, une dépense. Alors nous, ce qu’on souhaiterait redire cette année, c’est que ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. » 

Pour la directrice du développement commercial, les commerces de proximité manquent parfois de belles opportunités en refusant de collaborer avec un professionnel du design. « On voit des entrepreneurs avec des projets qui ont beaucoup de potentiel, mais qui ne sont pas maximisés dès le départ. Nous, ce qu’on souhaite, c’est aider des commerçants qui s’implantent et leur dire « on a analysé votre projet et on trouve qu’il est viable ». On va investir là où vous n’auriez peut-être pas osé le faire. » 

Au service des valeurs 

Isabelle Paille souligne également l’importance du design commercial comme moyen d’aligner l’entreprise avec les valeurs de sa clientèle. « On a les nouvelles générations de consommateurs qui ont ce système de valeurs très ancré : consommer moins, consommer mieux et être bien entouré, avoir une vie sociale épanouie. » 

Cette tendance se ferait déjà sentir chez les jeunes entrepreneurs qui adoptent de plus en plus les valeurs liées à l’économie sociale et à l’économie circulaire. « Le design, c’est une façon de dire quel est notre système de valeurs. Il y a la possibilité de faire du design en faisant du recyclage. On encourage tous les commerçants à essayer d’être le plus responsable possible dans leur aménagement, tout en faisant appel à des designers », souligne Mme Paille. 

Des impacts bénéfiques

L’un des récipiendaires de la première édition de l’appel de projets, le restaurant Marci situé sur la Plaza Saint-Hubert, est à même de constater les retombées positives du programme de subvention. Bien qu’il ait déjà décoré plusieurs restaurants, y compris le sien, David Schmidt, copropriétaire de l’établissement, n’a pas hésité à faire appel au designer Daniel Finkelstein dans le cadre de l’initiative Commerce X Design.« On porte beaucoup de chapeaux dans la restauration. Ça fait partie du boulot. Mais le design, c’est très particulier. C’est vraiment important dans la restauration de nos jours. On est dans une ville qui a énormément de restaurants, énormément de choix. Se distinguer en tant que restaurant veut aussi dire créer une ambiance qui est intéressante pour la clientèle. » 

Quand on lui demande quelles ont été les retombées du programme sur son restaurant, M. Schmidt déborde d’enthousiasme. « On est populaires! Le restaurant marche très bien. On a vu les retombées. Sans ce programme, je n’aurais peut-être pas eu les sous nécessaires ou la volonté de travailler de cette façon-là. On reçoit beaucoup d’amour par rapport à notre notre design intérieur. Tu vois la face des clients quand ils rentrent chez nous. Ils sont déjà épanouis. »